‹ Face à face ou Luttes mentales d'un catholique romain [microforme]Chapitre 7 sur 24 · TRE EEE EP GREEN PE TA D ANNE ERA · texte numérisé non relu

TRE EEE EP GREEN PE TA D ANNE ERA

— Ce n’est pas bien sûr! riposta Nora avec un clignotement d’yeux tout particulier. Votre langage m’embarrasse, et je redoute les questions des enfants.

— N’en parlons plus alors ; plus tard nous arrangerons cela pour le mieux. Mais pendant que nous y sommes je désire vous indiquer un autre élément du pouvoir de l’église de Rome: C’est le nystère dont elle enveloppe son système religieux.

— La religion n’est-elle donc pas une chose essentiellement mystérieuse, observa Nora.

— Je conviens que dans la religion comme dans la nature il y a beaucoup de mystères; mais par contre il y a beaucoup de choses qu’on peut comprendre. Par exemple, sion ne peut résoudre le problème de la nutrition ; si on ne conçoit pas par quel procédé notre nourriture se transforme en sang, en os, en nerfs, en muscles, en ongles, en cheveux, etc, du moins on peut se rendre compte que les aliments apaisent la faim et fortifient le corps. Ainsi done si le connu et l'inconnu se côtoient dans les opérations de la nature il doit en être de même de la révélation, car le Dieu de celle-ci est aussi le Dieu de celle-là.

Mais Rome ne veut faire ni distinction ni différence ; il lui faut du mystère partout, coûte que coûte, niant que sil est impossible d'approfondir toutes choses on peut en comprendre au moins une partie. Elletient à ce qu'on fasse abnégation de

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la raison au seuil de son sanctuaire. Pour donner du coloris à ses dogmes elle rend son culte dans une langue morte. Elle complique son système de diverses classes de prêtres et religieux, mâles et femelles, étrangement costumés, ce qui leur donne une apparence mystique propre à en imposer au vulgaire.

— C'est elle sans doute, c’est donc l’église de Rome, ajouta tante Mélie, qui porte sur son front le nom mystérieux que Saint Jean décrit dans son Apocalypse, au dix-septième chapitre. Quand la science vient interposer des faits contradictoires à ses chères théories, c’est alors qu’il faut la voir se regimber, et, s’arc-boutant sur sa prétendue infaillibilité, persécuter les savants, témoins Galilée et cent autres qui ont eu à soutenir une lutte inégale, car leur voix était étouffée par une odieuse tyrannie.

—— Dieu nous dit cependant, je continuai, par la bouche d’Isaïe: ‘“ Venez et débattons nos droits,” ce qui implique qu’il y a des sujets en reli-

gion qui sont du domaine du raisonnement. Pierre .

et Jean font appel à la raison lorsqu'ils dirent au Conseil de Jérusalem qui leur défendait de parler ni d'enseigner en aucune manière au nom de Jésus : “ Jugez vous-même #il est juste, devant Dieu, de vous obéir plutôt qu’a Dieu.” Et leur confrère Paul nous engage aussi à “ éprouver toutes choses et à retenir ce qui est bon. ”

— Nos prêtres nous disent que nous ,devons

croire ce que l’église enseigne, répartit Nora, parce que l’Ecriture déclare que celui qui doute ne peut être sauvé.

— Oui, c’est un de leurs textes favoris. Ils s’approprient les paroles du Sauveur à l’incrédule Thomas : Bienheureux ceux qui n’ont pas vu, et quiont cru Ils répètent souvent ces paroles du Maître: ‘Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous méprise me méprise. ?” — Est-ce que ces choses ne sont pas dans la Bible ? demanda Nora.

— Sans doute, et elles nous montrent qu'il faut faire usage de notre intelligence, qui est un don de Dieu, pour rechercher quelle est l’église qui est dépositaire de la vérité évangélique. Celui qui | peut dire vraiment: “En m’écoutant vous écou- .tez Jésus, ” doit nous donner les paroles de Jésus et rien autre chose. Et au milieu d’un monde de prétentieux et de trompeurs, Jésus nous a donné une règle par laquelle nous pouvons distinguer le vrai du faux, savoir, ‘ vous les connaîtrez à leurs paroles et leurs mœurs.” Donc nous ne devons rien accepter légèrement. Une chose aussi grave qu’une | doctrine religieuse doit être examinée à la clarté | de la Parole divine, Y à-t-il incompatibilité, notre devoir exige qu’on la rejette.

| Il nous faut une connaissance pratique et directe qui ne se trouve que dans la Parole inspirée. Et | s’il existe certaines choses incompréhensibles dans

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le plan de rédemption, il n’en est pas moins vrai que nous pouvons en réaliser les effets, comme l’'atteste l'expérience de milliers de chrétiens. Paul dit à Timothée: ‘Le mystère de piété est grand; Dieu a été manifesté en chair, justifié par PEsprit, vu des anges, prêché aux gentils, cru dans le monde, et élevé dans la gloire” Il nous représente l’incarnation de Christ comme un glorieux mystère, mais sa manifestation en est pourtant connue des anges et des hommes, causant l'admiration des uns et la foi des autres. Saint Pierre, dans sa première épiître, dit aussi, en parlant du Sauveur : ‘“ Lequel vous aimez, quoique vous ne l’ayez pas vu, et en croyant, vous vous réjouissez d’une joie ineffable et glorieuse ; remportant le fruit de votre foi, qui est le salut'des âmes.”

Voilà donc le véritable sens du texte, ‘ heureux ceux qui n’auront pas vu, et qui ont cru, ” c’est croire en Christ, et non pas aux hommes; c’est croire à salut,

— Papa, dit Jean, ce raisonnement me fait songer au télégraphe ; si son opération est mystérieuse, les messages sont parfaitement compris.

— C’est aussi l’idée évangélique. Quand l’aveugle témoignait de sa guérison devant Îles pharisiens, il leur disait : ‘Je ne sais si ce Jésus est un pécheur, comme vous le dites Ce que je sais c’est que j'étais aveugle et maintenant je vois.”

— Comme ça, d’après vous, nous pouvons le

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savoir, n’est-ce pas, d’une manière certaine, par nous-mêmes ? dit Nora tout intéressée.

-— Certainement, affirmèrent deux ou trois voix.

— Job dit: “ Jesais que mon Rédempteur est vivant.” Paul: “ C’est ce même Esprit qui rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu” Jean: “Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie” Pierre : “ Seigneur ! tu connais toutes choses, tu sais que je taime.” C’est là le témoignage uniforme de tous les saints.

— Dans quel dessein, dit tante Mélie, Rome cache-t-elle la vérité; serait-ce parce qu’elle regarde le peupl: comme un troupeau d’imbéciles, bons à réduire à l’état d’automates ? Ce qui pourrait le faire supposer c’est le dialogue suivant entre un camionneur protestant et un chargeur de charbon irlandais romain :

— Patrick, quelle est votre croyance religieuse ?

— Par ma foi, je crois comme l’église.

— Très bien, Patrick, mais que croit l’église ?

— Sûrement, l’ami, l’église croit comme moi.

— Mais enfin, Patrick, que croyez-vous ensemble ?

— Sur mon âme, nous croyons l’un comme l’autre.

—- Voici un échantillon de foi implicite, n’estce pas vrai? On abrutit les gens en prétendant les instruire. On veut faire d’eux des perroquets

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qui répètent ce qu’on leur dit; jamais plus. On amortit en eux tout désir de développer les facultés de l’âme, et en conséquence, le clergé sarroge sur les masses un pouvoir mystérieux, quasi omnipotent,

—— Si réellement l’église romaine gît dans lerreur, dit pensivement Nora, comment de pauvres pécheurs peuvent-ils trouver le vrai chemin parmi tant de sectes protestantes ?

— Votre observation me fait souvenir d’un autre élément du pouvoir de léglise de Rome.

J’espère qu’en l’analysant nous parviendrons à dissiper votre inquiétude et à débrouiller ce qui peut vous paraître louche. Rome se préconise de sa prétendue unité; mais si on l’examine attentivement on découvre que ce n’est qu'une vaine gloriole,. Vous verrez sous peu que ce qu’elle nomme unité n’est qu’une très imparfaite conformité.

— Je me rappelle, dit Jean, que lautre jour lorsque nous passions l’arsenal, et que nous examinions les grosses piles de boulets, quelqu'un remarqua: “ Dans ses boulets froids et durs vous voyez la conformité, mais il faudrait les faire fondre ensemble pour obtenir l'unité.”

— C’est exactement ce dernier état, repris-je, qui manque. En effet l’église romaine brandit sa chère langue latine dans tout le monde comme preuve de son unité de sentiment, de doctrine et

de pratique, soutenant mordicus que les protestants sont divisés en une infinité de petites sectes antagonistes les unes des autres, tout autant qu’elles le sont de Rome. Dans son esprit de dénigrement, elle nous compare à la tour de Babel, type de la confusion. Elle prétend que nous avons autant de déités que de noms, concluant charitablement que le protestantisme n’est qu’une grande farce religieuse, une affreuse rébellion, suscitée par des factieux, qui n'ont pour mobile que l’assouvissement de leurs caprices déréglés.

— Heureusement que le nom ne fait pas la chose, et qu'une supposition n’est pas un fait, dit tante Mélie. Les accusateurs sont bien plus coupables que les acousés, car ils sont évidemment plus artificieux. Quels sont les faits ?

— Il est évident, je répondis, que la différence qui existe chez les protestants est plus apparente que réelle.

Elle est si légère qu’il devrait être superflu d’en faire mention. Elle ne consiste que dans le mode de gouvernement et de discipline ou d’administration, et non dans les points essentiels de doctrine. Elle est moindre que celle des diver: ordres de religieux romains, je veux dire les jésuites, les jansénistes, les dominicains, les franciscains, etc. etc. Les dénominations protestantes peuvent se comparer aux tribus d'Israël, ou aux différentes branches d’un corps d'armée. Ici nous avons une

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belle variété dans l’unité. Si chacune diffère de sa voisine par ses insignes, elles sont néanmoins animées du même esprit, et obéissent au même Chef qui est, qui était, et qui sera éternellement. Amen.

Ce qui le prouve surabondamment c’est la formation de sociétés telles que la société biblique, l'alliance évangélique, lassociation des jeunes gens chrétiens, etc., dont les membres appartiennent à toutes les dénominations. Il n’est pas rare de voir les ministres échanger de chaire de prédication et coopérer dans l’œuvre d’évangélisation.

Quiconque veut être impartial est obligé de reconnaître que le protestantisme aspire après une union encore plus intime, pendant que le romanisme montre une tendance inverse, Aïnsi lors de la discussion du dogme de l’infailibilité papale,*

* Pour établir l’infaillibilité du pape il faudrait prouver : 10, Que Jésus-Christ, en quittant la terre, a laissé un rem. plaçant humain, contre son instruction positive, qu’il devait continuer à la tête de l’église lui-même, Matt. XXIIT, 6-11 ; XX VIII, 20, et que le Saint-Esprit le remplacerait en guise de consolateur, Jean, XIV, 15-18; XV, 26; XVI, 7-14, 20, Que Pierre fut choisi pour cette position plutôt que Jean, qui était ‘le disciple bien-aimé ”, ou Jacques, qui présidait au premier concile de Jérusalem, Actes, XV. 30, Que cette autorité était transmissible, 40, Qu'elle fut transmise au pasteur de l’église de Rome,plutôt qu’à celui de Jérusalem, la premiêre église apostolique, ou d’Antioche, ou de Corinthe, etc. L’église à Rome fut fondée plus tard et par des laïques, Actes, II, 16; Rome., XVI. 50, Qu'elle n’a jamais été perdue par l’église de Rome, Romains, XI.

la dissension n’était-elle pas à l’ordre du jour au sein du concile? En vain s’efforçait-on de le faire accepter d'emblée, jes illustres personnages sy opposaient. Cette doctrine — digne pendant de limmaculée conception — est tombée sur le monde romain comme une pomme de discorde.

Cependant on avait essayé de préparer de longue main le peuple à la recevoir. Ily a plus de trente ans que j'ai entendu enseigner que le prêtre tenait son pouvoir de l’évêque, celui-ci de l’archevêque et ainsi de suite jusqu’au pape.

— Mais d’où le pape le reçoit-il ? demanda Jean.

— Du ciel en droite ligne. Dieu lui envoie une dépêche par-ci par-là.

— Oh! comme j'aimerais à être le courrier du pape ! fit Jean en plaisantant.

Cette saillie enfantine divertit la compagnie. Bientôt je repris; Mais maintenant je dois, en toute justice, ajouter que pendant que cette doctrine est maintenue par quelques prélats, plusieurs la rejettent comme absurde malgré les admonitions et les menaces parties de haut lieu, Le pape Pie IX a même lancé son formidable anathème sur la tête du vénérable docteur Von Dollinger, de Bavière, à cause de sa courageuse opposition à la monstrueuse prétention du pontif italien. Mais encouragé par de nombreux partisans, le docteur n’a pas cédé à l’intimidation, et bientôt un nouveau parti, les vieux catholiques, s’est formé

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en vue de mettre obstacle à l’ambition romaine. Cela ne suffit-il pas pour démontrer linanité de cette unité trompeuse ?

— Il me semble, dit Mme. Beaudry, que la papauté devrait craindre la réaction qui ne peut manquer de se produire tôt ou tard, lorsque les peuples découvriront qu’ils ont été pris pour dupes. Déjà le ciel gronde.

— Elle devra être terrible, je n’en doute pas, ajouta tante Mélie ; les observateurs la pressentent. Déjà Italie a, par un vote unanime, expulsé du trône le pontif-roi, sans égards pour ses protestations et les remontrances de la France, ce dernier boulevard du pouvoir temporel. Pauvre Pape!

on ne pourrait prédire ce que les Italiens feront de ses restes mortels. Pauvre France! son arrogance s’est éclipsée pour faire place à l’humiliation de la défaite. Elle est entrée en guerre à l’instigation de Rome pour faire valoir le dogme d’infaillibilité et pour écraser le protestantisme, et voilà qu’elle n’a rapporté que le désarroi au camp romain. Où donc réside cette unité tant prônée ? Les nations romaines se font la guerre ; on dirait qu’elles ont soif de s’exterminer. C’est le Français contre l’Italien; c’est Irlandais contre le Canadien Français.

— Et, j'ajoutai, tous ces bouleversements de nos jours ont lieu parmi les enfants de la même mère l'église, quoique gouvernés par le même infail-

lible (?) pape, successeur de Saint Pierre et vicaire de Jésus-Christ sur la terre !

Au contraire l’harmonie des protestants ne peut être incertaine, attendu qu’elle . repose sur la Parole de Dieu. Ce qui a une base humaine est chancelant ; ce qui se fonde sur le divin est inébranlable. L'unité de l’évangile retient les croyants dans les liens de la paix. Si dans le passé il y a eu de fâcheuses exceptions, il ne faut l’attribuer qu'au vieux levain de Rome. Aujourd’hui les nations qui honorent l’évangile cherchent à régler leurs difficultés par arbitration. Que le Seigneur dans sa miséricorde, veuille nous accorder qu'il en soit ainsi pour toutes les nations qui se réclament du titre de chrétien.

— Amen, répondirent les auditeurs dont lintérêt n’avait fait qu'augmenter à mesure que je développais mon argument.

On vint me prévenir qu'un messager désirait me voir en toute hâte. Je sus bientôt qu'un de nos membres de l’école du dimanche était dangereusement malade, et désirait me voir. Je m’y rendis aussitôt, en remettant notre causerie à huitaine,

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À Qui CONFESSER MES PÉCHÉS — MonNsIEUR G. — ACCORD ET DÉSACCORD--LE CONFESSIONNAI.

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