‹ Face à face ou Luttes mentales d'un catholique romain [microforme]Chapitre 8 sur 24 · EXAMEN DE CONSCIENCE--UN SEUL MÉDIATEUR · texte numérisé non relu

EXAMEN DE CONSCIENCE--UN SEUL MÉDIATEUR

Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité.—Saixr JEAN-

A SEMAINE fut féconde en évènements.

Notre visite à l’église romaine de la paroisse nous avait fourni matière pour l’observation et l'étude du système papal.

Dans l'intervalle nous fimes aussi une nouvelle

connaissance ; voici comment: Un soir je reçus

une lettre du pasteur desservant une paroisse voisine, dont voici la teneur :

‘“ Cher frère, — Puis-je avoir recours à votre assistance ? Un jeune catholique romain, canadien français, intelligent et poli, est venu hier soir chez moi me poser quelques questions religieuses dont il voudrait bien avoir la solution. Il possède une Bible et depuis qu'ilen à pris connaissance il a perdu tranquillité d'esprit. Il craint de perdre la raison si on ne lui vient promptement en aide.

Après avoir causé longuement avec lui nous avons prié. Je lui ai procuré quelques livres adaptés à sa condition. Lorsque jelui parlai de vous, il manifesta le désir de vous voir et ses yeux brillèrent de plaisir quand je lui donnai l'assurance que je lemmènerais vous visiter. Quand serez-vous disposé à nous recevoir ? Fraternellement à vous, Joël K. Wager.”

Un post-scriptum me donnait le nom du jeune homme avec son adresse. Pensant qu’il pouvait y avoir du bien à faire, au lieu de répondre par écrit, je me rendis près de mon compatriote dès le lendemain matin. Monsieur G. --- avait recu son éducation au Collége des Jésuites de Montréal. Fervent romain, ayant un oncle dans la prêtrise, il avait fallu toute la puissance de la Parole pour ébranler sa foi. Il.me fit part de ses luttes intérieures et me parut, sinon convaincu, du moins décidé à examiner sérieusement la question importante du salut à la clarté de la Sainte Ecriture. Il m'apprit qne le prêtre avait fait tous ses efforts pour le dissuader, mais que prières et menaces étaient demeurées infructueuses.

J’eus tout lieu de croire ‘que notre première entrevue nous fût réciproquement agréable. Mr. G. me promit de venir passer le dimanche suivant avec nous, et exprima le désir de participer à nos séances hebdomadaires, desquelles je n’avais pas manqué de faire mention. Sa présence ne pouvait

Un Réveilllé. 75

qu’augmenter l’enthousiasme. La curiosité inhérente à toute nouveauté donna plus de piquant à l'entretien ; les enfants surtout en étaient réjouis, et Nora, qui d’abord pris de lombrage, s’amadoua bientôt au contact de l’urbanité du nouveau venu.

Après quelques préliminaires, Mr, G. sollicita Ja faveur d’être renseigné sur ce qui pouvait y avoir de commun en croyance entre protestants et romains. Je lui dis qu’il y avait plusieurs points sur lesquels nous ne différions pas; par exemple le péché. Il serait peut-être bon de remarquer préalablement que si les hommes s’éloignent visiblement en théorie, ils se rapprochent insensiblement en pratique. Quoiquw’il en soit, romains et protestants conviennent :

lo. Que nous sommes tous pécheurs, de pauvres brebis égarées, “ Car il n’y a point de distinction, puisque tous ont péché, et sont privés de la gloire de Dieu.” Aïnsi pas de différence entre le Juif, le Grec, le prêtre, et le laïque.

20. Nous admettons en commun que le péché est la cause de toute misère humaine ; qu’il porte entrave à la communion de l’homme avec Dieu, car il nous met aux prises avec notre Créateur, notre prochan et nous mêmes.

30. Nous reconnaissons ensemble que l'Eternel haït le péché, et qu’en conséquence, le pécheur craint la mort, car si “le salaire du péché, c’est la mort,” ‘“’aiguillon de la mort, c’est le péché.”

ge 7

Page 1