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Grimm, Correspondance littéraire, septembre

et les Œuvres de Caylus. xix

la Cour et ignie. H est plus Juste de

penser que Caylus avait un grand amour d'indépendance et qu il s éloignait le plus possible de tout ce qui} sous un faux air de grandeur } tenait à la servitude de la Cour; il avait l'extérieur froid et sec, l allure rustre et les manières dures, mais il rachetait cela par une bonhomie sans égale. Son plus grand luxe était son carrosse de remise : un Jour s' étant arrêté devant une boutique sur laquelle un peintre d'enlait un saint François, celui-ci le prit, en raison de son costume grossier, pour un de ses camarades et lui demanda son avis ; Caylus le lui donna ingénument, et il insinua dans ses observations un tel esprit de critique juste et bienveillante, que le peintre lui mit le pinceau en main, en le priant de retoucher lui-même le tableau. Notre gentilhomme artiste monta quelques coups de pinceau, donna nseigne tout le relief voulu. Le barbouilleur enchanté voulait entraîner son faux confrère au cabaret voisin, lorsque la voiture du comte s avança. En y montant. Caylus tendit la main au peintre stupéfait : -lu revmr. camarade } lui dit-il } ce sera pour la première fois que nous nous rencontrerons. » Naturellement bienfaisant . Caylus s'amusait quelquefois . lorsqu il rencontrait un pauvre dont la figure annonçait la probité, à lui donner un louis pour l'aller changer.

xx Notice sur la \ ie

et. se cachant ensuite, il jouissait de son embarras.

lorsqu'à son retour celui-ci ne le trouvait plus i.

// était lieu juste nue les artistes se montrassent reconnaissants envers un homme de qualité qui leur avait sacrifié la plus grande partie de son existence. L'Académie de peinture et de sculpture le reçut dans son sein en 1731 , et le comte de Caylus. par un retour digne de son amour pour les arts, fonda dans cette académie un prix annuel pour celui des élevés qui réussirait le mieux à caractériser une passion 2.

Les lettres ne se montrèrent pas moins empressées d'accueillir un homme qui, par ses travaux, avait également bien mérité d'elles. L: Académie des inscriptions lui donna en 17^2 un poste honoraire ; il occupa la place laissée vacante par AI. de Bercy. Dans cette compagnie. Caylus fonda un prix de 500 livres, dont husage était d'expliquer par les auteurs et par les monuments les usages des anciens peuples. On voit par ce sujet que le comte de Caylus ne perdait pas de

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