Mémoires de Marmontel, livre VI
ec les (Euvres de Caylus. xxv
» Parmi les amateurs qui étaient de ces dîners, dit -il. il y en avait d imbus d'asse^ bonnes études. Avec ceux-ci Je n'étais pas en peine de varier la conversation, ni de la ranimer lorsqu'elle languissait ; et ils me semblaient asse\ contents de ma façon de causer avec eux. Un seul ne me marquait aucune bienveillance, et dans sa froide politesse je voyais de l'éloignement ; c'était le comte de Caylus.
« Je ne saurais dire lequel de nous deux avait prévenu l'autre ; mais à peine avais-je connu le caractère du personnage, que j'avais eu pour lui autant d'aversion qu'il en avait pour moi. Je ne me suis jamais donné le soin d'examiner en quoi j'avais pu lui déplaire, mais je savais bien moi ce qui me déplaisait en lui. C'était l'importance qu'il se donnait pour le mérite le plus futile et le plus mince des talents; c'était la valeur qu il attachait à ses recherches minutieuses et à ses babioles antiques ; c'était l'espèce de domination qu il avait usurpée sur les artistes, et dont il abusait en favorisant les talents médiocres qui lui faisaient la cour et en déprimant ceux qui, plus fiers de leur force, n allaient pas briguer son appui. C'était enfin une vanité très-adroite et très-raffinée et un orgueil très -âpre et très-impérieux pour les formes brutes et simples dont il savait l'envelopper. Souple et soyeux avec les gens en place, de qui dépendaient les
xxvi Notice sur la Vie
artistes, il se donnait près de ceux-là un crédit dont ceux-ci redoutaient Vinjluence. Il accostait les gens instruits , se faisait composer par eux des mémoires sur les breloques que les brocanteurs lui vendaient , faisait un magnifique recueil de ces fadaises, qu il donnait pour antiques, proposait des prix sur Isis et Osiris, pour avoir V air $ être lui-même initié dans leurs mystères, et, avec cette charlatanerie d'érudition, il se fourrait dans les Académies sans savoir ni grec ni latin. Il avait tant dit, tant fait dire par ses preneurs qu'en architecture il était le restaurateur du style simple, des formes simples, du beau simple, que les ignorants le croyaient, et, par ses relations avec les Dilettante il se faisait passer en Italie et dans toute l Europe pour V inspirateur des beaux-arts. J avais donc pour lui cette espèce d'antipathie naturelle que les hommes simples et vrais ont toujours pour les charlatans. »
Il fallait que Marmontel eût été violemment malmené par Caylus pour qu'il ait osé marquer ainsi de sa griffe rancunière le débonnaire Mécène des artistes. Le portrait qu'on vient de lire est tracé par un sentiment atrabilaire, il y a plus que de la mauvaise humeur et de la vanité blessée ; c'est une diatribe dictée par la colère, l'envie, l'impuissance et la honte acerbe d un mépris subi longtemps et patiemment.
et les Œuvres de Caylus. xxvn
Le comte de Caylus possédait l'estime des savants de toutes les nations; il entretenait une correspondance avec les principaux antiquaires et archéologues fureteurs de son temps; il était lié surtout avec Alfani de Saples . Zanetti de J enise. Bellotti et Natoire de Rome. Paciaudi de Parme ' . qui cherchaient tous à lui être agréable en dépistant les curiosités et les antiquités partout où elles se trouvaient. J ers z.756" il entrait en communion de sympathie intime avec l'abbé Barthélémy, qui lui adressait de Rome, où il avait mivi dans son ambassade AI. le duc de Chou cul. les ri us intéressantes et les plus spirituelles missives 2.
Dans le magnifique hôtel qu'il s'était fait construire à l'angle des rues de Bourgogne et Saint- Dominique 3j il avait réuni, comme dans un palais de
1. Les lettres de Paciaudi, bibliothécaire du duc de Parme et historiographe de l'ordre de Malte, lettres adres-
.1 Cat lus, ont été publiées par A. Sérieys, chez Tardieu, en 1802. 1 vol. in-8°.
2. La Correspondance inédite de Caylus avec Paciaudi. Barthélémy et P. Mariette a ete publie en 1877, en 2 vol. in-8°, par M. Charles Nisard, de l'Institut.
3. Le jardin qui dépendait de cet hôtel existe encore et porte le n° 109 de la rue Saint-Dominique; M. Clément de Ris, dans son article sur Caylus (les Amateurs d'autrefois), nous apprend que cet hôtel, acheté par le docteur Corvisard, devint en 1820 la propriété de M. le comte •i'Haussonville et que la rampe de l'escalier porte encore
xxviii Notice sur la Vie
la science, une merveilleuse collection 1 d'objets égyptiens^ étrusques, grecs, romains et gaulois, ainsi qu:une masse de documents précieux pour l histoire des arts. « L'entrée de la maison, dit Lebeau, dans son Eloge, annonçait l'ancienne Egypte ; on y était reçu par une belle statue égyptienne de cinq pieds cinq pouces de proportion. L'escalier était tapissé de médaillons et de curiosités de la Chine et de l'Amérique. Dans l'appartement des antiquités, on se voyait environné de dieux, de prêtres, de magistrats égyptiens, étrusques, grecs, romains, entre lesquels diverses figures gauloises semblaient honteuses de se montrer. »
L:àge n'avait pu affaiblir ni les forces ni V activité étonnante de Caylus ; il se mêlait à toutes les entreprises d'art, et c:est grâce à lui et à son ami intime et parent M. de Maurepas que Bouchardon obtint Vou-
dans ses ornements de serrurerie le C initial du nom de Caylus.
i. Dans une lettre à Paciaudi de 1758, Caylus écrit : « Je vous prie toujours de vous souvenir que je ne fais point un cabinet, que, la vanité n'étant point mon objet, je ne me soucie point de morceaux d'apparat, et que des guenilles d'agathe, de pierre de bronze, de terre de vitre qui peuvent servir à retrouver un usage ou le passage d'un auteur sont l'objet de mes désirs. Je ne fais point un cabinet, je fais un cours d'antiquité, et je cherche les usages, ce qui les prouve, les pratique, ce qui les démontre. »
et les Œuvres de Caylus. xxix
'■rage de la Fontaine de la rue de Grenelle, la statue équestre du Roi et sa position de dessinateur à V Académie des belles-lettres. Les études de Caylus étaient devenues sérieuses et réglées; il se perfectionnait dans ses connaissances en se livrant Journellement a des occupations opiniâtres sur les pierres gravées et le dessin ou à des écrits sur ses trouvailles et ses observations. Cependant la goutte le tyrannisait ; dans une lettre à Paciaudi du 20 décembre 1763. il écrivait avec une aimable résignation de philosophie : 'i Un peu plus lot ou un peu plus tard, il faut s'en aller et retourner d'où l on est venu^ afin d'envisager le monde, comme AIUr de L Enclos, qui disait en mourant à un de ses amis : Je ne laisse que des mourants. ■
Au commencement de 17G5 le comte de Caylus fut atteint sérieusement ; un dépôt d:humeurs. fixé sur une de ses jambes^ détruisit entièrement sa santé. Il supporta avec le plus grand courage les opérations douloureuses qu'il eut à subir } il méprisait la douleur, et son tempérament vigoureux et robuste semblait vouloir défier la mort en secouant la souffrance; selon Grimm} il sortait dès qu'il pouvait se soutenir } et il ne pardonnait pas à ses amis de s'informer de l'état de sa santé, a La veille de sa mort il se promena encore dans son carrosse avec une fièvre épou-
xxx Notice sur la Vie
vantable et ayant le transport au cerveau ; il rentra et se coucha pour mourir — le 5 septembre 1765.
Tant de résistance contre la maladie n'avait d'autre but que d: échapper aux prêtres et aux secours de l'Église i. Son curé, M. Chapeau, étant venu le voir pendant que l'excès du mal le retenait chei lui malgré lui. il lui dit : « Monsieur le curé, je vous entends ; vous pouvei vous épargne^ la peine de revenir; le temps est mauvais, et je vous promets de ne pas sortir d'ici sans chapeau. » // lui a tenu parole; il a bien fallu que M. Chapeau vînt le chercher pour le transporter dans sa paroisse.
Le comte de Caylus, qui ne s'était jamais marié, mourait sans laisser d'héritiers directs : son frère cadet, le chevalier de Malte, chef d: 'escadron et gouverneur des Iles sous le Vent, était mort également sans postérité. Il abandonna donc son cabinet au Roi,
1. Le comte de Caylus, dit Grimm, avait une belle et franche aversion pour les prêtres et les médecins, et il est mort sans tomber entre les mains ni des uns ni des autres. Il avait été anciennement attaqué d'une maladie dangereuse; tous ses parents étaient autour de son lit et cherchaient à lui proposer les sacrements. « Je vois bien, leur dit le malade, que vous voulez me parler pour le bien de mon âme, — tout le mode se sentit soulagé à ces mots, — mais, continua-t-il, je vais vous dire mon secret, c'est que je n'en ai point.» — Et toutes ses parentes dévotes de reculer d'horreur et de se signer.
et les Œuvres de Caylus. xxxi
et institua pour son légataire universel un sien cousin, son plus proche parent, le marquis Joseph Robert de Lignerac. comte de Saint-Chamand1. Caylus fut enterré en l'église de Saint-Germain- V Auxerrois. dans ce fameux sarcophage de porphyre antique'1 qu'il avait acheté de son vivant et qu'on peut voir au Musée des antiques du Louvre } dans la salle des Saisons j ou il fut placé après la Révolution. Lne plaque de marbre noir fixée dans l'église contre la muraille et au-desous de son médaillon portait cette inscription :
Hic jacet A. Cl. de Thubièrcs
Cornes de Caylus Utriusque et litterarum Etartium Academiœ socius Obiit die V septembris Anao MDCCLXV /Etatis sus LXXIII
Diderot . dans un distique plaisant et bien connu, fit cette épitaphe épi gr amniotique sur Caylus : Ci-gît un antiquaire acariâtre et brusque : Ah! qu'il est bien logé dans cette cruche étrusque.
i. Le marquis de Lignerac reçut le titre de duc de Caylus, par brevet du 2(5 décembre 1770.
2. Clarac, dans sa Description des antiquités du Louvre, Paris, 1847, t. I, p. 39, fournit une description détaillée de ce sarcophage en forme d'urne arrondie.
xxxn Notice sur la Vie
Pour faire compensation au distique de Diderot nous citerons ce quatrain, qui figure au bas d un portrait de Caylus gravé par Cochin} et que nous attribuons à P. Mariette :
Misanthrope par volupté, Il cultive les arts en philosophe aimable,
Et vit trop en homme estimable Pour n'être pas taxé d'originalité.
Nous avons bâti sobrement plutôt qu'écrit la biographie du comte de Caylus. en coordonnant et soudant ensemble les quelques documents que nous avions réunis pour cette physionomie d artiste, dont le côté littéraire absolu est, nous devons en convenir } fugitif comme un profil perdu. C est que Caylus. sous quelque aspect quon puisse le présenter , reste toujours l'antiquaire , le chercheur, le Mécène; ses travaux littéraires ne sont que jeux de plume, bagatelles amusantes qu'il couvre de son nom. C'est ainsi que, suivant l expression du naturaliste Daubenton . il mettait son esprit à la diète, en se délassant de ses travaux sérieux par des facéties pimentées et joyeuses, destinées à la société qui les lui inspirait. Son style est incorrect et rude, mais il ne manque pas
et les Œuvres de Caylus. xxxm
d'une certaine aisance ; il sait fixer l'observation en donnant du relief au gras langage qu'il a étudié. C'est là le seul accent d'originalité qu'il ait su mettre en ses écrits.
Nous ne prétendons pas. dans cette notice, analyser la manière de Caylus, elle se comprend; c'est un genre de talent qui ne s'alambique pas : il plait ou déplaît. Quoiqu'il en soit, il reste le langage populaire du XVIIIe siècle, et il vaut peut-être mieux l'étudier avec Caylus qu'en compagnie de Vadé. qui. en étant plus burlesque, demeure évidemment moins réaliste.
Nous donnons ci-après, par ordre chronologique, la bibliographie détaillée de F œuvre de Caylus :
1730. — Recueil de textes de caractère et df. charge, dessinées par Léonard de Vinci, Florentin, et gravées, par AI. le C. de C. comte de Caylus). 5 vol. in-40, frontispice et 60 sujets, tirés sur 32 ff.
(?) — Histoire de M. Guillaume, cocher. (Paris.) S. L. N. D. 1 vol. in-12 divisé en deux parties de xi-78 etvi-100 pages, titre gravé représentant les instruments de la profession de cocher.
Coûtant d'Orville, dans le tome II des Mélanges d'une grande bibliothèque, p. 129, prétend
xxxiv Notice sur la Vie
que cet ouvrage est d'un ami du comte de Caylus plus jeune alors que lui. Peut-être a-t-il voulu parler du comte de Maurepas ; mais il reste avéré que l'Histoire de M. Guillaume appartient en propre à Caylus.
1736. — Le B ou le J... F puni. Comédie en prose et en 3 actes. Paris, in-18.
Comédie attribuée à Caylus , et ù tort , croyons-nous; elle n'a pas été réimprimée dans ses Œuvres badines complètes.
1737. — Histoire du vaillant chevalilr Tiran le Blanc, traduite de l'espagnol à Londres (Paris), aux dépens de la compagnie. 2 vol. in-18.
Ce roman, prétendue traduction du catalan de J. Martorell avec un avertissement de Fréret, est presque entièrement de l'imagination du comte de Caylus. Il a été réimprimé à Londres^ 1740, 2 vol. in-8°, et en ijj^ 3 vol. in-12. Il figure également dans les Œuvres badines complètes de l'auteur, tomes I et II.
1739. — Les Ecosseuses, ou les Œufs de Pâques.
Troyes (Paris), Ve Oudot. 1 vol. in-12.
Ce recueil de facéties, composé avec Vadé et la comtesse de Vérue, a été réimprimé, dans le format in-12 et sous la même rubrique, en 1745 et 1749 ; les éditeurs des OEuvres badines l'ont inséré à la fin du tome X.
et les (Œuvres de Caylus. xxxv
1740. — Le Calo andre fidèle, traduit de l'italien d * Ambrosio Marini . Amsterdam (Paris). 3 vol. in-12.
Cette traduction du Caloandro sconosciuto dont la véritable édition originale date de 1641 a été réimprimée en 1760 et remplit les tomes III et IV des OEuvres complètes de Caylus,
1741. — Féeries nouvelles (par le comte de Caylus). La Haye (Paris). 2 vol. in-8°.
Réimprimées dans les OEuvres badines.
1742. — Les Soirées du bois de Boulogne, ou
ivelles françoises et angloises. La Haye (Paris). 2 vol. in-12.
h. s Soirées du bois de Boulogne eurent un moment de vogue et ont été rééditées plusieurs tois en quelques années, principalement dans la Bibliothèque amusante, format Cazîn, en 1782, 2 vol. Ce sont des histoires qui semblent un peu fades aujourd'hui; elles ont été insérées dans le tome V des OEuvres badines.
i742- — Les Etrennes de la Saint-Jean. Seconde édition, au livre bleu, à Troyes, chez la Ve Oudot.i vol. in-12. Portrait de M. ou Mm,;Oudot, titre tiré en bleu.
La première édition de ces Etrennes a été donnée à Paris, S. D., SOus la même rubrique, in-12. — Il y a. dit Brunet, quelques exem-
xxxvi Notice sur la Vie
plaires de la deuxième édition en grand papier et deux imprimés sur vélin.
Inséré dans le tome X des OEuvres badines.
1743. — Histoire de MUe Cronel, dite Frétillon (MIU Clairon)^ écrite par elle-même. La Haye (Paris). 4 part, en 1 vol. in-12.
Attribué au comte de Caylus et aussi à Gaillard de la Bataille. Nous penchons plutôt pour celui-ci. Cet ouvrage a été réimprimé souvent et même dans le format Cazin (Bibliothèque amusante. 2 vol., 1782). Les OEuvres badines de Caylus ne le contiennent pas.
1743. — Contes orientaux, tirés des Mss de la Bibliothèque du Roi (par de Caylus). La Haye (Paris). 2 vol. in-12, 8 figures non signées.
Ce recueil a été réimprimé en 1747 et en 1780, Amsterdam et Paris, chez Mérigot, 2 vol. in-12, avec les mêmes figures. Il y a des exemplaires qui portent pour titre : Nouveaux Contes orientaux. Les OEuvres badines contiennent ces contes.
1744. — Le Loup galeux et la Jeune vieille,
par Mme de V. Leyde. 1 vol. in-12.
Conte attribué à Mm ' de Villeneuve ; cependant il figure dans les OEuvres de Caylus.
1745. — Recueil de ces Messieurs. Amsterdam,
chez les frères Westein. 1 vol. in-16.
Attribué à Caylus, qui évidemment y a collaboré. Inséré dans ses OEuvres.
et les Œuvres de Caylus. xxxvu
1745. — Histoires nouvelles et Mémoires ramassés. A Londres (Parisi. 1 vol. in-12.
Ces historiettes, prises dans le Mercure, de M. l'abbé Buchet , sont réimprimées dans lu tome VI des Œuvres complètes.
1745. — Recueil de ces Dames. A Bruxelles. Aux dépens de la compagnie. 1 vol. in-12.
Ce recueil a pour auteur le satirique Chevrier; c'est par erreur qu'on le prête à Caylus, bien qu'il ligure dans ses OEuvres badines. Nous ne le citons ici que pour mémoire.
1-45. — Quelques aventures curieuses et galantes des bals de bois. DON'N'ÉS a paris. chez Guillaume Dindon. 1 vol. in-12.
Les Aventures des bals de bois ont été réimprimées dans le tome V des OEuvres complet» Voisenon. bien que celui-ci y ait pris peu de part. Elles ont été insérées dans le tome X des Œuvres de Caylus.
1745. — Ciyy contes de fées (par le comte de Caylus). Paris. 1 vol. in-12.
Insérés dans ses Œuvres badines.
1746. — Les Manteaux, Recueil. La Haye (Paris), 1 vol. in-8". avec un froncispice de Cochin fils, gravé par Fessard.
Il existe deux autres éditions, Londres et Pans. Costard, 1775, in-12. Les Manteaux présentent
xxxviii Notice sur la Vie
une manière de dissertation bizarre. L'auteur a fait sur ce sujet les mêmes recherches que le Père Oudin a faites sur la barbe. Cet ouvrage est inséré dans le tome IV des Œuvres complètes de Caylus.
1 747. — Les Fêtes roulantes et les Regrets des petites rues. Paris. 1 vol. in-12.
Ces facéties ont été imprimées à la fin des OEuvres complètes de Voisenon; elles font également partie des OEuvres de Caylus , tome X.
1747. — Nocrion, conte allobroge. Paris. 1 vol. in-12.
Attribué au comte de Caylus, mais ne figure pas dans ses OEuvres. Ce conte a été souvent imprimé depuis dans tous les formats.
1748. — Le Pot-Pourri, ouvrage nouveau de ces Dames et de ces Messieurs. Amsterdam. Aux
dépens de la compagnie. 1 vol. in-12. Joli frontispice non signé.
Cet ouvrage est attribué à Caylus par l'abbé Duclos, tandis que d'autres bibliographes prétendent que Lefèvre de Troye en est l'auteur. C'est un recueil fait en collaboration; on y rencontre Voisenon, Caylus et Cie. Inséré dans les OEuvres badin'es.
1748. — Mémoires de l'Académie des colporteurs. De l'imprimerie ordinaire de l'Académie.
et les Œuvres de Caylus. xxxix
i vol. in-12. i frontispice et 8 gravures non signées.
Duc'.os, Ctébillon fils et Voisenon ont aidé Caylus dans cette burlesque dissertation, où le manège des colporteurs et les différentes intrigues de ceux qui font le commerce des livres défendus sont curieusement peints. Ces Mémoires sont insères dans le tome X des Œuvres badines.
1752-1767. — Recufil d'antiquités égyptiennes, ÉTRUSQUES, GRECQUES, ROMAINES. Paris.
chez Tilliard. 7 vol. in-40, 7 frontispices allégoriques, fleurons sur les titres et culs-de-lampe non signés, 825 planches d'antiquités.
Ouvrage précieux; le septième volume est un supplément posthume extrait des manuscrits de ['auteur, par M. de Bombarde. Le premier volume a été réimprimé, en 1761, chez Dessaint et Saillant. On ajoute quelquefois à ce recueil un autre Recueil d'antiquités, par la Sauvagère, in-40.
1752. — Vies des premiers peintres du Roy. Paris, 2 parties in-8°.
Les Vies de Coypel, de Mignard etdeLemoyne ont été écrites par Caylus.
1755. — Nouveaux sujets de peinture et de sculpture. Paris, Duchéne, 1 vol. in-12. (Par le comte de Caylus.)
xl Notice sur la Vie
1755. — Mémoire sur la peinture a l'encaustique. Paris, 1 vol. in-8°.
En collaboration avec Majaut. Le comte de Caylus avait lu ce mémoire, en novembre 1754, à l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Grimm, dans la Correspondance littéraire à la date du 15 novembre de cette même année, parle longuement du procédé encore secret du comte de Caylus.
1757. — Histoire de Joseph, accompagnée de 16 ligures gravées d'après Rembrandc, par le comte de Caylus. 1 vol. in-fol.
1757. — Description d'un taeleau représentant le sacrifice d'Iphigénie. Paris. 1 vol. in-12.
1757. — Tableaux tirés de l'Iliade et de l'Odyssée d'Homère et de l'Enéide de Virgile, avec des observations générales sur le costume. Paris, Tilliard. 1 vol. in-8°.
758. — Dissertation sur le Papyrus. Paris, 1758. 1 vol. in-40.
Imprimée également dans le Recueil de Mémoires de V Académie des inscriptions.
1758. — Histoire d'Hercule le Thébain, tirée de différents auteurs (par le comte de Caylus). Paris, Tilliard. 1 vol. in-8°.
et les Œuvres de Caylus. xli
1762. — Vie d*Edme Bouchardon, sculpteur du Roy (par de Caylus). Paris. 1 vol. in-12.
1774. — Les Confidences réciproques, ou Anecdotes de la société de la comtesse de B. Londres (Paris). 1 vol. in-12.
Ouvrage attribué par quelques bibliographes au comte de Caylus, mais qui n'a pas été réimprimé dans ses OEitvres.
1775. — Tout vient a point a qui peut attendre (ou Cadichon). La Haye. 1 vol. in-12.
Inséré dans les OEuvres badines complètes.
1781 . — Histoire d'une Comédienne qui a quitté le spectacle. Londres (Paris). 1 vol. in-18.
Attribuée à Caylus, mais non insérée dans ses OEuvres. L'Histoire d'une comédienne et Nocrion se trouvent imprimés dans la Bibliothèque amusante^ à la suite des Sonnettes (de Guiart de Servigné).
1787. — Œuvres BADINES complètes du comte de Caylus, avec figures, à Amsterdam, et se trouve à Paris, chez Visse. 12 vol. in-8°. Un portrait par Cochin, gravé par Delaunay jeune, et 24 figures de Marillier, gravées par Baquoy, Borgnet, Dambrun, Fessard, de Ghendt, Girault l'aîné, Hubert, Le Vilain, Patas, etc.
Cette superbe édition des OEuvres badines^ di-
xlii Notice sur la Vie
rigéepar Garnier, est divisée en quatre parties : i° Romans de chevalerie; — 2° Historiettes, Contes, Nouvelles, etc. ; — 3° Contes orientaux et Féeries; — 40 Facéties.
Ig02i — Lettres de Paciaudi au comte de Caylus, avec un appendice, des notes et un essai sur la Vie de cet antiquaire italien, par A. Sérieys, bibliothécaire du Prytanré militaire. Paris, Tardieu, 1 vol. in-8°.
xgQ^ — Choix de peintures antiques, empruntées de l'ouvrage du comte de Caylus, accompagné d'explications par A. de Rode. Weimar, Comptoir de l'industrie. Grand in-fol.,iig. color. Ce volume, selon Quérard, ne contient que les trois premiers cahiers de l'ouvrage et ne paraît pas avoir été achevé.
1805. — Les Souvenirs de M. le comte de Caylus, de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Imprimés sur les originaux inédits, pour faire suite aux Souvenirs de Mme de Caylus, sa mère, avec des lettres également inédites de cette comtesse à son fils, précédés d'une notice historique sur la vie et les ouvrages de cet académicien. Paris, chez Hubert et Cie, an XIII. 1 vol. in-8°.
Supercherie évidente de Sérieys , qui doit
et les Œuvres de Caylus. xliit
rester suspecte aux bibliographes. C'est une compilation mal faite, dont le titre est abusif, et qui est très dépourvue d'intérêt.
1837. — Mille et une Nuits, contes arabes. Traduits par A. Gallard et suivis des Nouveaux co.vtes de Caylus er de l'abbé Blanchet. avec une introduction par J. Janin. In-8° (publié par livraisons).
1863. — Féeries nouvelles du comte de Caylus. Avignon (Chaillot, Vrayet de Surcy). 1 vol: in-18.
1866. — La Chauve-souris du sentiment, comédie par l'auteur du B**. Berg-op-Zoom (Bruxelles; Gay et fils). 1 vol. in-i6,
La première édition de cette comédie, attribuée à Caylus, a été donnée in-8°, s. 1. n. d. (Paris, vers 1763), avec une jolie figure de Boucher. Le bibliophile Jacob l'attribue à Crébillon fils. Nous ne pensons pas qu'elle soit de Caylus, à qui l'on attribue faussement de même le Bor... royal, réimprimé en 1872.
[874. — Mémoires et Réflexions du comte de Caylus, imprimés pour la première fois sur le manuscrit autographe, suivis de Y Histoire de M. Guillaume, cocher. Frontispice et facsimilé. Paris, P. Rouquette. 1 vol. in-12. Edition publiée par Poulet-Malassis.
xliv Notice sur la Vie
1877. — Correspondance inédite du comte de Caylus avec le Père Paciaudi, théatin (1757- 1765), suivie de celle de l'abbé Barthélémy et de P. Mariette avec le même, publiées par M. Charles Nisard, de l'Institut. Imprimées, par autorisation du gouvernement, à l'Imprimerie nationale. 2 vol. gr. in-8°. Portraits.
Cette correspondance a été copiée sur l'original, à la Bibliothèque de Parme; elle comprend 148 lettres du comte de Caylus, qui traitent toutes d'archéologie, d'art et quelque peu de littérature.
En dehors de tous les ouvrages que nous venons de signaler, le comte de Caylus a encore publié un Recueil de pierres gravées du cabinet du Roi, gravées à l'eau-forte sur 306 planches, dont une réimpression, avec les explications de Basan, porte pour titre : Recueil des 300 têtes. // est également Fauteur du Numismata aurea Imperatorum Romanorum, publié chei Renouard, in-fol., avec 70 pi. — Les mémoires de ses travaux comme antiquaire sont imprimés dans le Recueil de l'Académie des inscript ions et belles-lettres de 1753 à 1770. Caylus a pris part à quelques comédies et parades, telles que la Somnambule, le Porteur d'eau ou les Amours de
ec les Œuvres de Caylus. xlv
la Ravaudeuse, Léandre ec Nanette, la Comédie impromptu, le Tempérament:, etc. // a enfin laissé des manuscrits inédits sur l'ancienne chevalerie et de curieuses dissertations sur l antiquité.
Voltaire écrivait au roi de Prusse : t Comme vous ne jugei pas de nos guerriers par l'aventure de Lintf, vous ne jugerej pas aussi de tous nos beaux esprits par les Etrennesdela Saine -Jean. » — Nous ne saurions en ejffet présenter les Facéties du comte de Caylus, que nous offrons aujourd'hui au public lettré, comme une œuvre de haut ragoût littéraire ; on ne doit pas donner plus d importance qu il ne faut à ces aimables productions du loisir et de la gaieté, qu'on nommait autrejo'ts de « jolies polissonneries » ; c'est une suite d'aperçus sur les mœurs du peuple, ses vices, ses ridicules et ses divertissements ; au milieu d' œuvres de boudoir, de romans coquets et parfumés, nous avons cru devoir placer ces tableaux de guinguettes, de cabarets, de fêtes publiques, observés scrupuleusement par les joyeux écrivains de cette gaillarde république des lettres du xviiic siècle.
L'"Histoire de M. Guillaume est un modèle par-
xlvi Notice sur Caylus.
fait en son genre ; les Bals de bois donnent une idée générale des liesses populaires et contiennent } en outre } une légère critique des fêtes données par la J'ille^ lors du mariage du Dauphin en 1747 ; les Etrennes de la Saint-Jean tiennent à la manière poissarde^ à la langue grasse et burlesque ^ qui fut fort à la mode vers le milieu du siècle dernier. Nous n'insisterons pas sur la nature de ces œuvres, dont nous donnons une édition aussi fidèlement incorrecte que possible. Nous avons suivi les textes originaux. Pouvions-nous mieux agir? Point ne le pensons ; c'est affaire maintenant aux linguistes de réformer et de compléter notre étude sobrement conçue et légèrement écrite.
Paris, 8 janvier 1879.
Octave UZANNE.