‹ FacétiesChapitre 40 sur 50 · D'UN MARCHAND BOUCHER · texte numérisé non relu

D'UN MARCHAND BOUCHER

à sa maîtresse.

Il y avoit une fois un honnête boucher, qui avoit bien plus d'argent que d'esprit, duquel il fit l'usage qui s'ensuit. On l'avoit invité à faire une galanterie à sa maîtresse; il rêva donc si longtemps, que le mardi gras arriva : comme il n'y avoit plus de temps à perdre, il imagina de lui envoyer un bœuf, dans lequel il y avoit un cochon, qui renfermoit un veau, où étoit contenu un mouton, où l'on avoit mis un poulet d'Inde, lequel contenoit un chapon du Mans, garni en dedans d'une bartavelle, où se trouvoit un ortolan ; et ainsi toujours en diminuant, l'un dans l'autre, jusqu'à une petite mauviette, dans laquelle, pour finir, il avoit écrit un billet de déclaration, en ces termes :

« Si le contenu du présent billet est agréable à Mademoiselle, je préférerois la mauviette à ortolan, perdrix, chapon, dindon, mouton, veau et cochon, et je m'estimerois plus heureux que ce bœuf gras. »

Etrennes de la Saint-Jean. 2oj

Page 1