‹ Facéties du comte de CaylusChapitre 37 sur 47 · Contes^ de^ Cajrlus · texte numérisé non relu

Contes^ de^ Cajrlus

d^autant plus que le terme approchoit, et que le bruit qui transpîroît déjà au dehors se ré pandroit bientôt dans les environs.

Eulalie accepta son congé à belles baisemains ; elle sortit sans savoir ce qu*elle devien- , droit: il ne faut qu'aimer: avec l'amour on croît que la terre ne peut Jamais manquer. ^

Notre nouvelle défroquée se réfugia donc dans Pendroit le plus prochain, et là elle vou- , lut reprendre son honneur^ qu'elle avoit. laissé ' dormir quelque temps ; c'est-à-dire qu'^elle ab- . jura sa prétendue grossesse, et ^ rentra dans ^' le rang des vierges, pour passei:. bientôt' dans' celui des martyres, comthe nous r^lîoiis voir. ' Le juge dès lieux, informé de sia sortie cfu^^ couvent et du motif qui en avoit été cause ' ne lui voyant plus cette rotondité qu^ellé àybit rapportée dans le siècle» crût qu'^elle éfoit iâcéoii- ^' chée en secret : c'est pourquoi il se transpbVtâ sur le lieu, pour la féliciter sùp soïi heureuse ' délivrance, et en même tepips pour lui signmer qu'elle eût à lui représenter sbfi friilt; cé^ q\iil/,^ n'ayant pu obtenk'd^éMe à'çaùW(ïeï'^iMi)Ô^^^^^ lité, il'la fit appréhender ^u'çorps;'^t Concfiiît^^'^ en prîtsofa, ne doutant pas un' mohié'qt^tjû^èfl^^ ne se fût défait du hôttvéâiii^/ Ôn^' jûé:é"âîsé-^^ meiît dei'èrirfiarraspV dïë'fdi' 'ï>d{ir ^s^itè -^SiP'^ qu'elle-n'avoit jaihâîà été' grosse; 'et 'èà:'èSétj malheut-eiisemeht pour 'ehe', rffefe 4>'ës^'tilif^'' difficile^à^^ prouver :' 'éï^^^mi^m(i ftW;! ^i^;"^

protestations et ùriè ch'ahkc^ïl 'ifiiïèiit'ra mëiAW'

•■ ■• • l ..-' '.jj'jr ,criijir îi(y,r, itj ujI

Ëtrennes de la Saint-Jean. 1^3

chose. M.' le baîUi entendit en déposition toute la communauté, Tiine après Pautrç, qui soutint unanimement son dire, ajoutant qu'elle s^ connoîssoit trés-bién, ~et qu'elle n'étoit point si facile a être, affrontée. Enfin, il résulta d'un témoignage si ' authentique qu^Eulalie auroit été grosse; et le bailli suppléa d'office qu'elje étoit accouchée clandestinement sans avoir acclamé, c'est le terme, et qu'elle s'étoit: défait dp so'a fruit ; pour réparation de quoi,, il la ^coodamnâ à être suspendue et à mourir ,a'u bout d'une corde. On sera sans doute . étonné de ia brièveté avec laquelle o|i rendoit la Justice, en. . , ce pays-là ; le'fait n'en est pas moinsi C04i3tant^ . et il y â souvent bien des réalités auxq^uelles, il ne ' manque que la vraisemblance^ ; peut-être

que, pour conr^oitre l'innoceaçe- a Eulw^r.o>DL.-. eût pu procëclèr àui verffic^tipns etç'app^9rt;s,qes.

cijj^ipa a^ec ua.granji cQJicQiirsu,^Alej^s.. j fut^j

cc^me les .^tre^; (^i^eï '^^^^f2^. 1 ,^9tf ^.^^ J?9F .. lui,.qu'auçl 4,0perçut,^a. patieçte.J^i^a%Aja ,

PQfenc^,;èt; qui ^^^,^^^;^y;^^^^^^

dèlcipconçlamnée pour ua crira,ç,4uqviel'.il nV.

rei^eèté,e,;4' j^^f^itç^eiij^i ^u'îl 4oit sûr de, n V • .

lui en a voit fourni aucun titre. Désespère

ip4 Contes de Cajrlus. \

d^une infidélité si publique^ bien plus que de sa mort, qui sembloit le venger, il fut teiué de la laisser subir son supplice, Mai^ quoi l voir pendre ce qu'on a tant aimé, et', ce. qu'on aihie encore; car la tendresse d'un amant n'expire pas toujours avec la fidélité' d'une maîtresse, et l'amour meurt rarement de mort subite. Cependant il étoit temps de résoudre; Eulalie n-avoît plus qu^un instant à VtVre: le; Iten malheureux qui devoîtlui ôter la vie entouroit déjà ce col d'ivoire et d'albâtre : quels nœuds, gf^nd Dieti! âti lieu de délùi qu'elle dévôit formel, et qui dévoîf Pattacherpourjamaisîàs<!)tiatmatit! Alexis ne put souffrir ce spectacle plus longtemps ; à tout hasard il se mit avec cinq oU'Iâx étourdis, aussi touchésj^de cômpassiqn que lia;

Jlss'bhirefït,et'faisant,^nè'e^carr^anS'lapreasé, Ale^àis, d'un coup de sabre^ coupa la corde fatale et re^ut Eulalie dans ses bras, tandis que ses camarades, à Paîde de quelques <20upsf*de plat d-épéé, écâHèrent le reste et- luidonifèrent le mbyendé se^auvtei- avec elle,' 'dotït^'le baîlli fit un beau procès-verbal. Ainsi Eulâile, qui avoit pensé périr daïiâ le feu, dârtS( Iksnp, et tout à- l'heure en- l'air, tut piour la troisièihe fois isauvée ' par son àhiant. Cepcniiaft*-nos oiseaux s^envdloîent à tire-d*GÎk. : Çàmmé mxLt

"se trouve à point dans les histoires ex<r«4Wîdinaii-és, Alexis reAcoittra-un icheval qui passôit non! loin de là, qui lui vint fort à pr^apos^'Hu hasistrd dé' le crever,^ il lui 'At-' faii'e-'Une'^fFâite

Étrennhs dû la Saint-Jean. ip5

quï paraîtroit sans doute incroyaWe^ si tout n^é-

toit pas possible dansdecertâineseirconstaaces.

-La fortuae, qui; semWoit vouloir se récon-

xilier:aveç eux; après. leur avoir fourni les

moyeas de* se mettriç en sûreté, n'en demeura

îpasià. Alexis reçut des nouvelleîii' du pays, qui

-ho.';;OTandcH:ent que? son père étoit à rex,trétnitè,

-et. qiiTil'nîavoit poim de temps à perdre, s'il

TSfOiiiiloit venir reçi*eillir ses derniers soupirs et

)^suiqce$$ioni fians-cette çxtrémité, cçmbattupar

iJrftHipur^ p^r la piété envers son père.^t par le

.bja^infvKur qù il^lloit tp:p[iber, il cn^t qu'il, ne

4€iyoit 'pas: laisser mourip, son P^re, sansJui; il

..^lut ^ncor^, se. séparer d® sa chère Eulalie;

/.m^j^, il espéra .qw-cetteséparationseroit lader-

; filière,, «t quUlpsie. r^ui^ito^ent, enfin, urje bonne

, f^s I -ppUr [tQutesi* Çep^çidant . certains proAos-

jtiça ppiniâfreç, q^i'r;evie|in|^nt toujours quand

.op l^p^.çhAsse^'$eqahlQiient,lw présager, quelque

^fth©^ 4^ ém^S§'^> ijj^voit beau J§s sçcquçr,; il

-'btvv<>it,"'paRgepit^;al4oit, yç^noit, dçmeuroit et

jdoffmoit. .maigl'é.. lui^ a^yec, eufx;. il ne pouydit

lieyÎRej k^xfi jljSrfQn/Voujoi^njt, e? ne^ pjcéyoyqit

.ipasfqa'i),ptttIuijarriY|çr;riie^ ai^ 4elà;4.u trépas

jdfèsOnrpèirie. .U'P|a^f ;dcw?ç, ; o^.^ 1^, ^4jeux .fièrent

(entremêlé» ;ii« .^oi4pirs ri(plu^ .-acca)^lan,ts .que

],jaan«i«i.fi A >p€^wtpi^)[ftli|e„,-qjLM,jl.^ya^j ^jjjlyides

- ^firux^Wtanlîqv^y}^ ^m'^^ïmi' ^Â^^^^^^ ^^iit. perdu r rde^yt^ei pet i>h)^X\ que, l'ftwi^^ypeitibioit np , lui .;fav^;qu^|Pî:êt«x^ qu'r^lft;tofi)ba 4anp, Vip.^l^^^Ue- ■jffe^i&t^gr^.;.: ejlje m- V^^^A^. %yaQ,1î7CW^^Vï|rs

de la maladie la plus eo. forme et la, pli^xpo^idérable^t^u'gn puisse . avoir i , le courage, ,<jvij l'avoit sfiut^nt^e jus<m'ici,,lpi,$t fauxboii4.t<?!Ut ^ coup ; elle, s'en trouyp jpoios q^u'une. fcrnfliç^ |ette, açpablée . de . Ja perte . d'une» ; guenufhe j ,pu d'^n perroquet,. J^a maladie.pe •m^qq.vi^, j)as , dfi

s,e djèçlafer .^upl^stôt; Ufj^llut sp m,et^,re,ft4^,t PO'fr ^>By.'S'}■'^ jelever. ,5.;i«aA$ré. la; 4ise*t§.,4fi ipé4pqRs, te,,mal;,emj)fra,,c|ei lyjppièn}^,. ^rs auç^I^ ^qçpp^^a,, et vint. à. teijpoint^ qu,'jellçifp^ de doiuiier. aucun, sigQc.de yije. ,Ç« jigpfïwtu; fajaJ.Wf'iyP }9,iirp,wr jojir.le qqfjjtçiçnje 4h.#; pajÇt , 4'Me?Ç>s^ iqWJj,-WJ«;j««W ,rj^,,dejj;^i^, «rriypit à.tpjftes ja|t>be?, ,e?;^,trpu>4iju^c^î àte?pp,s ppufi agsjstfir.,^^^ ,9on!/c^;e;t^^rr?fnfin^ 4;RHla%,,(;:p, fttt.^^oi;5, que,le,4^^pjOir^uÎT9j^ çfjurs;^ p^^'^, f^ilu^qy '|1 nç ,^pr^t i^fiîqçr^ffty^ çUe-,,^?is,pfl, ,n^,yp^lut,. p^^il^i accp^/^e^j^^çp

faible;Cen§fila^n.,Qi>;lç}r^tp^9f,iq?Jte#!te';?¥ |p^ 4ç, Ja,#|Hptç> 9f>,ce, lju^,,eft(|Oï6jpjft^^j^

i-lft? \',y, ^^m.|^ ^ifls;.|ji„pe 4ftisçoij.p^ /jçi,}?

Lr^;^ rfcfflifiçs.^diwjfiurf., fpA|.,,fy,Hesb[(;^lÇ? dj-^^W? fHmW!4e§:PlMf^)^7agft^^t^,. v^}§ çj^e^ iWv^VPieçïiparrtiiOfiç^bA^j ^q^j^ <y?KpFA4jfSW»

Sftp^dai?,!; aç^ç;?.pj9u,r Jj^./a|re^|p5Çfj(l^ft.ui}§,f^| 4ç^fiW«|i.^pttÇn4Jï.i» «Bit» WiJ?e}iî:ef»s^çj\fp^ g^

Étrennesdela Saint-Jean. 157

tarda pas: aussitôt il fut trouver le côfpfe cPEulalîe, qui gisoît dans sa dernière demeure. Là, riïalgfé' la pêlir dti revenans, il fit sî bien qu'il se'coudiâ avec elle, dans le dessein d'y mourir tout TOtérré : if se mit donc lui-même tout au fond', charrilé de se trouver enfin ■ réuni pour jèLTÀMis' àVéti sa 'rrî^îtresse : il se' recouvrit dé tietrè-'^Fé 'mieux titi**iï'put; et, se rangeant côte à éôté dû tbfp^ 'd'Èulâlié, il se mit à lui tenir l^-âisebuT$ lés' '"plus itieii-dres, q;ui auraient' été tài^Vitk deVéchauéer-s'à cendré, •s'il''n''eût ré'^ ptitidii ' éti' ' hiémé ! temps' lirt ^ torferif dé' Hrmés i cëfùt"^âlob't[u'tiii^dôutsômiîie!il venâht fertiiéi^ ^ës^-fc^ie, iîsé"(ii-ut rhoft. On setrcfitiperolt 'à tflëffiï,' 'puisque' lé 'sloirittiéil e^t le frèfè de la tt«^<j'-et^'^fes^éiTïWé''aî'ga sœur doinirte' debk g^tittë^'ïPèaù; t)àh^ èèt 'étet, son' éspr^^ AWtmïe)psté;^ tôhtitina' pkf tin'^oiige h^téabié k VéhtretèÀîi^ 'aWci ' la déifuiite, " qaiî^, ' de' sôtréôtél séHiWt)ît' '-lur r^ortdtc'^stlf ïe'niëtnékoîi, 'Qui àliràk pii\mimt ifùrtiit sànfe 'd'oûtd été trê^i étonné d'entendre dire à des rfibrtV 'defe^ChWéîi ^î'^èelles,^-^tié' leè^maiiï'ktirbient-dii'ae'la pleine à^fe mifeammt'Aî^iYéfà^WMli éhtîê're; iWfeid^Aiéx!^: 4fli*rte c^b^bi^^'^lus êtré^éh-vîë, éiie\mqiit ibii^'^m^'atatitTmrëP^À fbttre d^y pi^tët^'-^àttéri«S%,-^ii''^chi^ ''èMtfeiMfé' isi'-iràîétiit imp{\'e^'^èi'^éri&fk'mi f6'ti¥ ï » ' & iMpptl^ 'tlér- <àSfl*^aîsctilifa,^3^ î^i^bhsesi'aèa ^lairites ^eif dè^ téffdfessés 4tfîï'»byWf MenîP^^iFitftre^niâiiaëi

ip8 Contes âè Cdftùs.' ■ '

à travers quelques tides qù^il ri'aVôit pas r e-^ bouchés exactement, le soleil pénétra ce myistêré, et, par des détours obliques, porta ses rayons naîssans jusques au fond de leur sépulture. ■'-' • Est-ce vous, cher amant ? hii dît Eulalié. Qiioi ! vous h^avez donc pu me survivre > Quelle mar^ que d^amour vîéris-)e de recevoir de vbt^é^ài^. Ah! je m'en ressouviendrai- éternellertieïîit!^^ Vous le voyez, répondît Alexis, lé trépké nous a réunis. Qtlè faire oîi'voûs ii'êtéS pas?- Lèt vfé est où vous êtes ; ce n'est plu^ étré'rii^rt^^qtia de rêtrè avéd voùs^'. — Malè ,^ dit^ EUWiie, ^ en bonne foi, sômmes-ttouè mort^? Jeiiesaî»; maïs je Vous avouerai que j'ttt- dé la-^ëî"àè- à le croire. — 'Ah1 n'en doutez 'pas, -répOèdtt Alexis,' puisque tiouâ ^ôitt'rties' ttiteffréâ';- ée si>»t nos ombVes et nos 'atileé-'quiU^éhti'etîdirtétttl Tâtez comme nos corps sont froids ;'niâi¥ -Vt^itimeht lis hé ïë sôritpâs, s'éd7éfèrit41s'tdliS'déUît, s'étant'tàtés eri'mêmè téTHp^\'''Âh'^''âiPm&^ik c'e^t une chaleur d'amour ; c'est le fièli^ddiït nqus'.'^vbn^ brûlé qui 'cotivé^4b\/s ^a- têdâtk^ et qui s'entretrept iîai- ië voiéiria'èfe ÛQ'tio^^ttftft. — ienesWi§Vdit"ÊWàHè^i' fe^sl «'ïne'fetfiWb^

.adparaVâW/'j'îè^.cii'é ccymiiè'^oii' 'est q^utadi^ôti n?est' ' plus/ ' 'éf fe^' rii^èri feppdtté^ tb^:J-^iâ[e

'''i. èhk uii'vêrs;' on né^feWHl'êjtflrf'^nf, i^tk^^^ïX

Élrennts .de la Saint-Jean, tpp

croirai tqut ce qu'il vous plaira, reprit Alexis, et je ne serai mort qu'autant que vous le serez; mais éclaircissons-nous, la vie en vaut bien la peine..

Tout en disant cela, ils se démenèrent et se débarrassèrent un peu de leur funeste attirail. OCiel!. s'écrie, Alçxis, ressuscitons-nous? Estce aujourd'hui le grand jour? Je ne sais où j'en suis, ni ce que nous, sommes., A tout hasard, voyons, levons-nous, et sachons un peu ce qui SE passa. Oui, je reconnois tous ces lieux; ils sont comme je les ai laissés. Voyez cette colline à gauche et ce vallon au bas,, ce, ruisseau, qui serpente, ces gazons qu'il fit naître, ces cam-. pEignes émailiées et ces ileurs odorantes; je vois,.j'entends4es heureux habitans de ces cant^fis iortunés chantei: et. danser au spn de la inasette ; voilà des trpiyieaux p.^ïssans, des 4g,neaus bondissans,. des chip,ns et des bergers, des cabanes rustiqiies^. des ,t.oits couverts de rCfaqum-

Tan y-çntaii Jiowsp Voit;rt .et, là n< .lent il ,f)Ius tô s'empa

trouver à qui parler qu'à eux, maïs cela leur suffit ; peu à peu ils s'assurèrent réciproque-

30O ^Cpnt ef 4e Çaylus.. .

meni qu'ils éioient ep. pleine: santé. P^it.à petit, ceux qu'ils âvoîem,sî,fort effaroucbçs r^ vinrent et s'apprivoisèreot ^véc nos. reveo*D8. "Enfin, Eùlâlie et son amant apprirent .qu'gn

bfm\-etjetaurai.

jai^àîs.s^.sepbliible^ q^et* ii rien que t^e, ivèsrfai^We..

:' en ,rètitër 'auel.c[tie j^^le.

r frquyerpijf (le^ler-ci i:^ TiffiS,

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