DUFFERIN AND AVA
M. Hanotaux, Ministre des Affaires Étrangères, au Marquis DE DuFFERiN ET AvA, Ambassadcur d'Angleterre à Paris.
Paris, le 4 février 1895.
J'ai reçu la lettre que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'adresser le 22 janvier dernier, au sujet de l'échange de vues qui a eu lieu entre les Commissaires des deux pays, au cours des récentes négociations relatives à la délimitation des possessions françaises et britanniques au Nord et a l'Est de Sierra-Leone, touchant la situation qui serait faite par la mise à exécution de l'arrangement du 10 avril 1889 aux riverains d'une certaine {lartie de la Grande Scarcie.
Votre Excellence veut bien me faire connaître que.
294 LE PARTAGE DE l'aFRIOUE
bien qu'aux termes de l'arrangement du 21 janvier 1895, la frontière britannique suive la rive droite de la Grande Scarcie d'un point situé sur la rive droite, à 500 mètres au sud de la route qui conduit de Wulia (Ooelia) à Wossu (Ouossou) par Lucenia, jusqu'au point où la petite Mola se jette dans ce fleuve, le Gouvernement de Sa Majesté est néanmoins disposé à permettre aux riverains qui habitent les villages situés sur la rive droite, dans les limites ci-dessus spécifiées, de continuer de se servir de ce fleuve dans les mêmes conditions qu'autrefois.
Il est entendu toutefois que les habitants de ces villages seront soumis aux lois et ordonnances qui pourront être promulguées par la Colonie de Sierra-Leone en vue de réglementer la navigation de ce fleuve ou la police de ces eaux, après qu'il en aura été dûment donné avis par le Gouverneur de Sierra-Leone au gouverneur de la 'Guinée française.
Je m'empresse de remercier Votre Excellence de cette communication, dont je n'ai pas manqué de faire part à M. le Ministre des Colonies.
G. Hanotaux.