CHAPITRE III
Poids des diverses parties de l’encéphale chez les oiseaux.
Il pouvait être intéressant, une fois reconnues l'exactitude et la généralité de la loi de croissance en fonction du poids du corps, de l’encéphale tout entier, de se demander si, pour chacune des parties composantes, hémisphères, cervelet, lobes optiques, etc., la loi restait la même ; autrement dit, si la valeur de l’exposant de relation restait pour chacune de ces parties constante et égale, à 0,56 environ, ou bien, au contraire, si chaque partie croissait en fonction de la masse organique totale avec sa loi propre, caractérisée par une valeur propre et constante de l’exposant de relation.
Il était en outre intéressant d'établir pour diverses séries naturelles la part revenant aux parties composantes de l’encéphale dans la valeur totale du coefficient de céphalisation c.
Il devait ainsi être possible de jeter quelque jour sur les valeurs relatives, pour une série naturelle donnée, des aptitudes fonctionnelles dont chacune de ces parties était le siège reconnu, et de mettre également en lumière la dépendance fonctionnelle et physiologique de ces diverses parties entre elles en considérant dans quelle mesure les développements de ces parties dépenpent les uns des autres.
Influence de la Taille.
Déjà en 1898 Lapicque et Dhéré avaient trouvé que chez le chien le rapport du cervelet et des hémisphères à l'encéphale
total n’était pas influencé par la taille (le poids des animaux variant de 1 à 8). En un mot, que la valeur de l'exposant de relation vraie pour l’encéphale total l'était aussi pour chacune des parties composantes (du moins pour deux d'entre elles).
Nous avions donc tout lieu de croire, a priori, que pour nos séries d'oiseaux les résultats devaient être de même sens.
Il n’en fut rien cependant, comme nous l'allons voir. Et voici les résultats que nous fournirent des pesées nombreuses et minutieusement faites.
Deux mots des conditions où nous avons opéré.
Dans l'encéphale des oiseaux, les hémisphères, le cervelet, les lobes optiques (tubercules bijumeaux) sont nettement délimités par des scissures profondes et ils peuvent être isolés successivement par des sections faciles à repérer sans grande incertitude. Néanmoins, l'opération serait trop délicate sur des pièces fraiches, extrêmement friables. Nous avons donc fixé les encéphales préalablement pesés dans du formol à 20/,; après les sections, les diverses parties sont épongées avec de l’ouate hydrophile, puis pesées, le poids de l’ensemble est comparé au poids frais. Nous avons corrigé, par le rapport ainsi obtenu pour chaque encéphale, la pesée des différentes parties de cet encéphale; le postulat que l'imbibition est la même daus toutes les parties n’est sans doute pas exact, mais nous ne pensons pas que l'erreur ainsi commise puisse affecter nos résultats d'une manière importante; les coupes sont susceptibles de donner des erreurs plus grandes, mais étant purement accidentelles, elles doivent s'éliminer dans ies moyennes.
Nous avons examiné les chiffres fournis par les trois groupes suivants :
à : 2 SarCelles et 2 canards sauvages.
b : 4 émouchets, 3 buses.
c : 2 pies, 2 geais, 4 corbeaux.
Poids moyen en gramme En centièmes d'encéphale
RQ. TE — — du de Lober
Hémisphères! Cervelet Corps l'encéphale optique
Corneilles .....
Des petits aux grands oiseaux dans chaque famille, bien que les poids du corps ne varient que de 1 à 4 tout au plus, ily a donc des variations systématiques, la proportion des hémisphères augmente et celle des lobes optiques diminue, et puisque ces parties varient proportionnellement à une puissance du poids du corps (d’après la loi de Duboïs), l'exposant de relation ne peut être le même dans les deux cas, et nécessairement il doit être supérieur dans un cas, inférieur dans l’autre, à la valeur 0,56 qui satisfait à la variation de l'ensemble.
Voici d’ailleurs calculées pour quelques oiseaux, se groupant par familles naturelles, les puissances du poids du corps en fonction desquelles croissent les hémisphères, le cervelet et les tubercules dijumeaux. Nous les désignerons pour simplifier, par les lettres p, q,r.