JOS. ROY
PIERRE AIARASSI".
A la o-auche de la partie inférieure du document est un sceau fort curieux et 'exceptionnellement bien gravé et bien conservé. Il est circulaire et mesure exactement un pouce et trois lig"nes de diamètre. Le long- de la courbe du haut se trouve l'inscription: ''Les Frères du Canada." 1786. Au-dessous de ces mots est un écu pelté dont la pointe supérieure centrale se termine par un trèfle ou une croix. A l'intérieur de l'écu on voit, en chef, un œil entouré de rayons, au centre, deux mains entrelacées et, en pointe, le mot " Tnsépa-
rable". L'écu est accolé de rinceaux de laurier et de palmier.
Celui que ses camarades plaçaient au siège présidentiel exerçait la profession de notaire, tout comme son père, l'arpenteur-notaire, Jean De Lisle de la Cailleterre que le peuple du Canada avait envoyé en Angleterre, en 1783, avec MM.
Adhémar de Saint-Martin et W. D. Powell dans le but de demander un gouvernement constitutionnel pour le Canada.
Jean-Guillaume De Lisle avait en plus l'avantage d'être greffier de la fabrique de Notre-Dame de Montréal depuis 1788 et il conserva cette dernière charge jusqu'en
Deux des signataires du procès-verbal, Lums'den et Provan venaient d'Ecosse, Louis Lardy et Jacques-Clément Herse paraissent être originaires de France.
Quant à Pierre Marassi et à J.-C. Leprohon c'étaient des fils de soldats français qui avaient épousé des Canadiennes en 1760.
A cette époque, le sieur Herse (marié à une Canadienne, Marguerite Lacroix).
faisait un commerce lucratif à l'Acadie. près de Saint-Jean d'll)erville.
MM. de Rocheblave et Marassi s'ocaipaient de la traite des fourrures dans l'Ouest.
Le Bulletin des Recherches historiques de 191 1 (p. 96) a posé une question qui pourrait avoir quelque rapport avec les Frères du Canada.
"Je vois, dit un correspondant, dans " l'ouvrage de Clavel, Histoire pittores- " que de la Frauc-Maçounerie qu'en 1787, " il existait une secte maçonnique au Ca- " nada connue sous le nom de Francs-T*^Ia- " çons régénérés. Cette loge appartenait- " elle au rite anglais ou français ? Où " avait-elle son siège ? Connaît-on ([uel- " ques-uns des membres de cette loge ? "
Personne n'a répondu.
Nous avons fait demander à M. J.-Ross Robcrtson, éditeur de 1' Hveuing Telc- (/raiu de Toronto et l'bislorien de la Franc-Maçonnerie au Canada, s'il possédait (|uelques informations concernant les l''rancs-Maçons régénérés et les b^-èrcs du Canada. ( )n n^us dit (|u'il est d'a\is (|uc
cette secte et cette société n'ont rien â'c commun avec le rite ant^lais.
D'autre part, M. AEgklius Fauteux, le conservateur de la bibliothèque Saint-Sulpice de Montréal, au cours d'une causerie qu'il a faite devant la Société historif|ue de Montréal, a fourni des détails sur une succursale des Frères du Canada qui existait à Québec en 1788. L'érudit conférencier croit que les Frères du Canada et les Francs-Maçons régénérés étaient un même ordre.
Cela est fort possible!.
Ne se peut-il également, que l'on ait appelé " Frères du Canada ", une société modelée sur la franc-maçonnerie, mais n'ayant qu'un but politique. N'y aurait-il aucune relation entre cette société et le mouvement antibritannique ou séparatiste que des émissaires français tentèrent de créer en notre pays, à la fin du dix-huitième siècle?
Autre question : Cette société a-t-elle quelque rapport avec une loge portant le nom de " Frères du Canada " et qui fut instituée à Québec, le 24 juin 18 16 par Thon. Claude Dénéchaud, grand maître provincial de l'ordre des Anciens Maçons d'Ang-leterre ? Cette loge eut pour maître, lors de sa fondation, M. F.-X. Perrault
et elle existait encore en 1822. (V^oir Frccinasonry in (Jucher by Cirahani. ])p. T03, 137, 180 et 181.)