LA VÉNUS DE VÉLASQUEZ CONTESTÉE
Les procès en faux se suivent et ne se ressemblent pas. Après celui qu’on a fait à M. Bode, en voici un où se trouve engagée la société anglaise du Fonds des Musées Nationaux. Mais le fait est bien différent.
Quant au premier, on a vu qu’il était impossible à M. Bode de le gagner ; au contraire l’embarras récemment soulevé en Angleterre, part d’un principe des plus frivoles. En soi il n’a pas d’importance : ce serait même assez pour n’en rien dire ; mais le bruit qu’il a fait oblige à en parler.
Il s’agit de la fameuse Vénus de Vélasquez, orgueil depuis quatre ans de la Galerie Nationale de Londres. On se souvient du prix qu’elle fut payée. Ce ne fut pas moins de 1.125.000 francs. Somme énorme, mais qu’on ne peut critiquer, si elle est dépensée pour un chefd’œuvre, quand ce chef-d’œuvre est convoité. Ce sont les conditions modernes de certaines ventes, par lesquelles il est nécessaire que passent les grands musées
Paru dans les Arts, mai 1910.