B LO WM EB
Cette atrocité éclata. Tirrel devint f objet de l’horreur publique. Décidé à tout braver, il ose un jour se présenter au lieu d’assemblée où se réunissait la noblesse du canton... Falkland, dès qu’il 1 aperçoit, s’avance... « Que viens-tu faire ici ? persécuteur de l’innocence ! (lui crie-t-il. ) Va-t-cn , reste avec toi-même ! » Tirrel jette un cri de rage; et, s'abandonnant à toute la brutalité de son naturel, il s’élance sur Falkland, le saisit de son bras nerveux, et le renverse. Ce fut un éclair! On accourt pour les séparer... Tirrel avait déjà fui.
c AL E B.
Le comte , sans doute , a su le retrouver et le punir ? B LO WM ER.
Non, mon fils. Le sort lui enleva le seul moyen de réparation qui pût lui rester. Tirrel , assassiné à un
quart de milles de la ville , fut trouvé mort sur la
route.
C ALE B
Et quel était l’assassin ?
BLOWMEK.
Les soupçons se tournèrent d’abord sur l’adversaire de Tirrel.
CALEB
Sur le comte ? Je n’osais le penser.
BLOWMER.
Indigné de ce bruit calomnieux , il courut de luimême au-devant de l’accusation , et se constitua prisonnier. Il comparut devant les juges. Sa justification fut si 'énergique , si convaincante, que le jour du jugement fut pour lui un jour de triomphe. Acquitté d’une voix, comblé des félicitations des magistrats, il fut reconduit par le peuple jusqu’à sa demeure.
c ALEB.
Et le meurtrier , fut-il découvert ?
BLOWMEH.
Oui ; et ce fut pour Falkland une douleur de plus. Les assassins étaient les Howkins.
CALEB
Les Howkins !... Ces cultivateurs si vertueux !
. • BLOWMER.
Eux-mêmes. Ils furent saisis , convaincus ; et l’on assure que , dans l’intervalle du jugement à l’ exécution , ils avouèrent le crime.
. CAI. eb. *
Je vois à présent la cause de cette douleur profonde qui a miné les joürs de l’infortuné Falkland : elle naît sans doute de l’intérêt qu’il portait aux deux Howkins.
BLOWMER.
Leur souvenir est toujours présent à sa pensée; mais moins sans doute que l’affront qu’il a reçu : tra-