ACTE III, SCÈNE III
ANDREWS
Le barbare !
Vous avez su les persécutions...,
ANDREWS
Et la fin de ce monstre... si funeste à ses victimes !
J’avais été leur bienfaiteur.
ANDREWS
Je le sais.
J’étais loin de Revoir alors l’horrible destinée qui les attendait.
ANDREWS
Je le crois... vous connaissiez leurs vertus.
Sans doute... mais un mouvement de vengeance... un oubli d’un moment... le désespoir qui suit la misère... l'aveu qu’ils ont fait du crime...
AND R EWS.
Me les eût fait croire coupables , si je les eusse moins connus.
Vous doutez qu’ils le fussent ?
ANDREWS
Oui, mylord.
Mais... la justice...
ANDREWS. . ,
La justice!... il n’en est qu’une d’infaillible. falkland, après une pause.
Les avez-vous vus dans leur prison ?
ANDREWS
Non, mylord.
Avant qu’ils lussent arrêtés ; avant la mort de Tirrel, les aviez-vous revus ?
ANDREWS
L’époque à laquelle ils furent obligés de se soustraire aux persécutions de cet homme abominable , a été l’époque de nos adieux ; la nuit qui a précédé leur fuite, celle de nos derniers embrassements, nuit cruelle, à jamais présente à ma pensée , où l’infortuné fils de Howkins remit entre mes mains son jeune enfant, rejeton fata'l , dont la naissance venait de coûter la vie à sa mère : c’est le premier malheur qui affligea cette famille. « Je te confie ce dépôt , mon frère (car il m’ap- « pelait son frère ) , cours vers l’hospice prochain , « place ce cher enfant sous cette marque et sous « cette lettre... » Je voulus me charger de son sort. — «Hélas! dit -il, je suis trop sensible à ton offre « pour l’accepter. Je ne veux pas que sa misère double «la tienne...» J’insistai vainement; son père et lui