ACTE I, SCÈNE I
sur la terre a disparu; ees lieux ne m’offrent plus que des souvenirs pleins d’amertume.
TOM
Pourquoi donc avez-vous désiré d’y rentrer P
A KDREWS.
Le devoir, l’honneur l’exigeait; et nous devons à l'honneur jusqu’au sacrifice de nous-même.
Ce devoir , fallait-il attendre vingt ans pour laccompiir?
ANDREWS
Pour l’accomplir convenablement et dignement , il
fallait une circonstance que la mort seule du chapelain
Williams pouvait faire naître.... Cest assez : mets-moi
un peu au çourant de la maison.
TOM
Parlerons-nous d abord du maître?
ANDREWS
Parle-moi des personnes qui l’entourent.
TOM
Oui , de M. Blowmer ?...
ANDREWS
L’ancien gouverneur, aujourd’hui l’ami de mylord. Je sais que Blowmer a vu naître le comte de Falkland, et qu’il a sur lui l’empire d’un père sur son fils...
tom. r'
Notre maître, en l’ écoutant, croit entendre la voix même de la vertu... le jeune Caleb , le fils de Blowmer...
ANDREWS
Le fils de Blowmer!.. brave jeune homme! n’est-ce pas? de la plus haute espérance! Esprit vif, excellent cœur, exalté dans ses vœux comme dans ses sentiments... .
TOM
Et d’une. curiosité!.. Il a besoin de tout voir, de tout entendre; il questionne sur tout... Eh ! mais, vous paraissez connaître tout le monde!
1NDEIWS.
Poursuis.
TOM
A présent nous avons la jeune Emilie I\ïelviIle.<C’est le dernier rejeton d’une ancienne famille qui servit sous les yeux de Mylord. On dit que la famille Melville rendit autrefois de légers services à celle des Falkland ; c’en fut assez pour que mylord regardât comme personnelle la dette des siens. 11 s’est fait une habitude de ne se croire que juste, alors qu’il est généreux. Emilie, après la mort de sa mère, fut recueillie dans ce château; le comtÿ l’y fit élever; ou, pour mieux dire, il a lui-même dirigé son éducation.
Il traite donc bien cette orpheline ?