FA L K L A N D
CALEB. • '
Par tout ce qu’il y a de plus sacré sur la terre , je le jure, mylord, je ne chercherai plus à les pénétrer.
11 n’est plus temps. Il ne dépend plus de moi maintenant de vous les cacher... ( 'apres une pause.) Regardez-moi... Observez-moi bien... N’est-il pas étrange que j’aie conservé encore quelques traits d’une créature humaine ?...
CALEB
Oh! mylord, quelle idée!
On vous a parlé de l’assassinat de Tirrel... le meurtrier de Tirrel... C’est moi! <
caleb, avec un mouvement d'horreur.
O ciel !
On vous a parlé du supplice des deux Howkins... Le bourreau des deux Howkins... c’est moi! (Use couvre le visage ; Caleb recule.) Tout votre corps a frissonné!... Ecoutez le reste, et vous ne pourrez plus m’envisager !... Insulté, couvert d’opprobre à la face d’une assemblée , je devins capable de tout acte de désespoir...
Je savais que mon lâche et féroce adversaire refuserait toute voie légitime de réparation ; je le suivis hors de lavSle... je m’avançai sur lui... la nuit... et je le frappai à mort... Il fallut bientôt me défendre de ce meurtre :
AC T K V, SC È Ai K 11. 6g
je réussis à tromper les hommes, mais non Dieu, ni ma conscience... Le soupçon lut jeté sur les Howkins... On les crut aisément coupables; ils étaient pauvres et sans appui... Vous ne savez qu imparfaitement leur
histoire: car il n’y a que moi seul au monde qui con-
naisse toutes leurs vertus... Apprenez donc... mais je ne suis plus en état de vous faire ces récits.. ^ Lisez cette lettre qui vous instruira de tout; elle est de Howkins père. C’est la dernière que je reçus de cet infortuné vieillard! C est de sa prison qu’il m’écrit... Quinze jours avant son supplicç... Ce sont ces tristes caractères que je parcourais le jour que vous m’avez surpris... Ici, depuis vingt ans, je les tiens renfermés... le croiriez-vous? avec les cendres de mes victimes.