L INAUGURATION
La journée du 7 Juillet 1912
VUE d'ensemble
Au Bourg-d'/ré
« Le Bourg-d'Iré est en liesse. Aujourd'hui 7 juillet, on fête le plus illustre de ses enfants, le comte Alfred de Falloux, dont le nom reste glorieusement attaché à la loi sur la liberté de l'enseignement, qui porte son nom (1).
« Les vétérans ont épingle sur leur poitrine la médaille commémorative de leur campagne, les pompiers sont sous les armes, les mutualistes ont au côté leur insigne.
« Les rubans des coiffes angevines frissonnent gaiement sous la brise.
« Le Bourg-d'Iré est tout pavoisé. Des guirlandes de pavillons multicolores forment une voûte au-dessus de nos têtes, les murs disparaissent sous les décorations. A chaque pignon, flottent des faisceaux de drapeaux ; il n'est pas jusqu'aux arbres des bords de la rivière, jusqu'aux chênes gigantesques qui ne soient eux aussi pavoises.
« Au haut de leur cime, à l'aide d'une gymnastique hardie et périlleuse, on est parvenu à fixer des pavillons qui, se dressant fièrement au-dessus des maisons du bourg et claquant joyeusement à la brise, semblent un signal de bienvenue fait de loin aux étrangers qui seront les hôtes de la commune ».
La réception des Prélats
« Il est neuf heures ; la foule se presse à la bifurcation de la route de Noyant et de celle de Segré.
(1) Le compte rendu le plus exact de la journée du 7 juillet I'J12 doit èlre cherché dans le Journal de Maine-et-Loire du 9. Nous le reproduisons à peu près en entier dans les pages qui suivent, sans nous astreindre cependant à suivre d'une façon rifj;oureuse, l'ordre dans lequel notre confrère a présenté les divers épisodes de la fèie du Bourg d'Iré. Nous faisons précéder de guillemets le texte cité, afin que le lecl'Mir ne puisse se méprendre sur l'auteur des meilleurs passages de la présente relation.
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« De longues files de voitures amènent de la gare de Noyant les personnages olïicicls et les invités que M. le comte Louis do Blois est venu recevoir à la gare. Parmi eux nous remarquons : la délégation de l'Académie française, MM. le marquis de Vogiié, M. Thureau-Dangin, comte d'Haussonville ; MM. Bodinier, Merlet, D. Delahaye, Fabien Cesbron, sénateurs ;L.et F.Bougère, marquis de Kcrnier, députés ; MM. Grignon, président du Conseil général ; comtes Geoffroy d'Andigné, François de Maillé et de Fougerolle, conseillers généraux ; Roger de la Borde, vicomte de Danne, Huault-Dupuy, Brichet, Charbonneau, conseillers d'arrondissement ; marquis d'Armaillé et Gonrairie, maire et adjoint du Bourg-d'Iré ; de la Perraudière, ancien conseiller général du canton de Segré ; M. le docteur Gocard, maire, MM. Georges François et Foucault, adjoints au maire de Segré, et MM. Stanislas François, docteur Aubcrt et Lebrun, conseillers municipaux de cette ville.
« Vicomte St. de la Morinière, vicomte Adrien de Blois, vicomte Jean de Blois, comte de Monteynard, comte de Moissac, M. Joseph Joubert, conseiller municipal d'Angers ; M. Bordeaux-Montrieux, président de la Société Industrielle ; M. le vicomte O. de Rougé, président de la Société Maine-et-Anjou et délégué do la Société des Agriculteurs de France ; MM. les Supérieurs de Saint- Maurille, de Mongazon, de Beaupréau, de Combrée et les professeurs de ce collège, le directeur de l'Ecole Montalembert, de Limoges, M. l'archiprêtrc Toublanc, de Segré, et de nombreux membres du clergé venus de tous les points du canton et de l'arrondissement. MM. Lemanceau, comte de Montalembert, baron de Meaux, Chaillous, ancien secrétaire de Berryer, M. (^t Mlles Berryer, comte de Galembert, Jac, doyen de la Faculté de Droit, à Angers, marquis de Becdelièvre, AL Baugas, professeur à l'Université d'Angers, M. Lelong, maire des Rairies, M. de la Garroullaye, commandant de Gouvello, Leboucher, directeur du Syndicat agricole ; André, fils de l'ancien directeur de V Union de rOuest ; MM. Bouttier, Quintin, Fresneau, Gautier, Roques, Guilleu, Quartier, Perdreau, Aubry, Dezaunay, Levesque, Cornu, et une foule énorme qu'il est impossible de dénombrer, les représentants du Figaro, de V Eclair, du Gaulois, de VEcho de Paris, du Mercure Segréen, du Journal de Maine-et-Loire et du Petit Courrier.
« Les prélats sont en retard. Le bruit d'un accident .se répand bientôt. On s'inquiète, des moteurs ronflent, des automobiles vont s'élancer lorsqu'arrivent Son Emiiience le cardinal Luçon,
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Nos Seigneurs les évêques d'Angers et de Laval, Mgr Baudrillart, recteur de l'Institut catholique de Paris, Mgr Pasquier, recteur de l'Université catholique d'Angers, Mgr Legendre, doyen de théologie, M. le chanoine Crosnier, directeur de l'Enseignement libre du diocèse, M. le chanoine Thibault, secrétaire général de l'évêché.
« On recueille des détails sur l'accident d'automobile qui a retardé l'arrivée des prélats, nous voulons espérer qu'il n'aura pas de suites graves (1).
« Après un court arrêt des Prélats chez M. Bertin, le cortège se forme pour se rendre à l'église du Bourg-d'Iré.
«En tête, les Sociétésdemusique: Harmonie du collège de Gombrée. Fanfare de Segré:puis les enfants des Ecoles libres portant chacun, garçonnets et fillettes, à la main, un superbe bouquet de fleurs, les enfants de Marie, la Société de secours mutuels avec sa bannière, les pompiers en tenue, le Conseil municipal au complet, les enfants de chœur, le clergé du Bourg-d'Iré, les chanoines, vicaires généraux, NN. SS. Legendre, Pasquier, Baudrillart, le P. Lecanuet, les évêques de Laval et d'Angers, et enfin sous le dais, porté par les conseillers paroissiaux, Son Éminence le cardinal Luçon.
« Tous se découvrent respectueusement et reçoivent à genoux les bénédictions que donnent sur tout le parcours, les hauts dignitaires de l'Eglise » .
A VEglise « L'église s'est, elle aussi, parée coquettement ; ses murs dis-
(1) Voici les détails que donne la Croix sur cet accident, Nous les empruntons à la Semaine religieuse du diocèse d'Angers (numéro du 14 juillet), qui les a reproduits sous la signature de l'abbé Victor Portier :
n Neuf heures sonnent, le cortège attend avec impatience l'arrivée de S. E. le cardinal Luçon, de Mgr Rumeau et des prélats qui l'accompagnent, A neuf heures et demie, une vive émotion circule à travers la foule : « l'auto de NN. SS. les Evêques a fait panache à quelques kilomètres. » Mais presque aussitôt arrivent ceux que nous attendions. L'accident aurait pu être beaucoup plus grave. Ce n'est pas la voiture de Mgr l'Evûque qui a fait panache, mais l'automobile dans lequel se trouvaient Mgr Pasquier et quelques invités, qui averse dans un fossé. Mgr Baudrillart, recteur de l'Institut catholique de Paris, Mgr Pasquier, recteur des Facultés catholiques de l'Ouest, M. le chanoine Crosnier, se plaignent de contusions, mais ils pourront suivre les différentes cérémonies de la journée ; M. le chanoine Guillotteau seul devra, au contraire, garder la chambre ; le chauffeur est grièvement blessé. »
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paraissent sous les guirlandes et les fleurs, sous les écussons aux armes des seigneurs d'Iré, d'Acigné, de la Ferronnays et de Montmorency. La voix joyeuse des cloches envoie porter au loin les carillons sonores, symboles d'allégresse. Les musiques font entendre d'entraînants pas redoublés.
« M. le curé, qui est venu en chape, recevoir ses hôtes illustres aux portes de sa paroisse, souhaite à Son Éminence le cardinal Luçon la bienvenue en ces termes :
Discours de M. le Curé du Bourg-d'Iré.
« Eminence, ' .
« Messeigneurs, « Messieurs,
« Votre présence et la part que vous prenez à la fête d'aujourd'hui, sont pour nous d'un prix inestimable. Les habitants du Bourg-d'Iré en deviendront plus reconnaissants à leur illustre compatriote. Ils comprendront mieux, en vous voyant, en vous écoutant et en relisant à loisir vos paroles, ce que fut l'homme dont ils vont désormais posséder le Monument. Son corps repose tout près d'ici, sa statue le fera revivre parmi nous et nous rappellera constamment les grandes causes qu'il a servies. Dans la modeste église où vous entrez, il aimait à venir se joindre aux fidèles pour prier : avec quel esprit de foi et quelle ponctualité ; ceux qui l'ont connu s'en souviennent. Il n'y a donc nulle témérité à croire que telle des grandes idées qui ont dirigé sa conduite lui a été manifestée ici même. C'est pourquoi sans vouloir se complaire outre mesure dans les éloges qui lui ont été ou qui lui seront décernés, luimême, tout le premier, s'il pouvait encore se faire entendre, nous inviterait à faire simplement comme lui et à rapporter à Dieu seul toute la gloire : Non nobis Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam.
Le Cardinal répond en ces termes :
[ Réponse de S. E. le Cardinal Luçon. ,
« Monsieur le Curé,
« Je vous remercie des sentiments que vous venez d'exprimer sur le seuil de cette église où M. de Falloux aimait à donner l'exemple de la foi et de la piété. Je suis heureux, d'apporter ici, moi, comme évêque, notre tribut de gratitude, pour les services qu'il a rendus par esprit de foi et par amour de l'Eglise à la cause de la liberté de l'enseignement. »
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« Après quelques minutes de prières, le cortège prend la direction du château.
La Messe
« Le cortège se déroule majestueusement dans un site délicieux.
« A droite la Douve, à M. le marquis d'Armaillé, à gauche, le château du Bourg-d'Iré à M. le comte de Blois, se dressent au fond de l'admirable décor de pelouses ombragées de chênes séculaires. On suit la grande allée du château, entre les futaies du parc et la pelouse que la foule a déjà envahie.
« De la galerie du château un splendide panorama se déroule devant nous, et servira de fond à l'autel improvisé sur lequel va être célébrée la messe.
« En bas, la Verzée, coule lente, entre ses rives ombragées d'aulnes et de saules. Un immense rideau de peupliers, frémissants sous la brise, nous permet de la suivre au loin. Voici le pont de pierre et le lavoir aménagé par les soins de M. de Falloux, et les toits du Bourg-d'lré dominés par la flèche grise de l'église.
« Et ce paysage calme et doux, qui eut ravi Sainte-Beuve, est entouré par les coteaux doucement infléchis qui, à gauche, avant de se perdre dans la tache sombre des bois, nous laissent voir la chapelle de Bel-Air de Combrée.
« Le château est décoré avec un goût sombre et délicat.
« Aux fenêtres des deux ailes du château, deux oriflammes rouges, flottent, portant en lettres d'or, ces inscriptions : Expédition de Rome 1849, Loi sur la hberté de l'Enseignement 1850.
« Au centre un écusson aux armes de M. de Falloux : 3 écus de gueule et un croissant de même couleur, sur fond d'or avec la devise latine : « Non sibi, sed Populo ».
« Sur la terrasse, un trône a été édifié. Son Éminence le cardinal Luçon y prend place, et autour de lui viennent se grouper les prélats et les personnages officiels.
« La pourpre romaine du cardinal, les taches améthystes que font les robes des évoques, les écharpes tricolores des députés et des sénateurs, l'habit vert de M. de Vogué, se détachant sur la façade blanche du château, forment un tableau merveilleux, d'une tonalité éclatante.
« La messe est célébrée par Mgr Chapon, évêque de Nice, assisté
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par M. le chanoine Thibault et M. le chanoine Dernier, supérieur du collège de Gonibréo.
« Après le chant du cantique « Ils ne l'auront jamais, jamais ! », à l'Évangile, Son Éminence le cardinal archevêque de Reims, s'avance sur le perron et du haut de cette magnifique chaire, prononce une allocution vibrante, pleine d'enseignements, de hautes pensées, de souffle patriotique et chrétien. Les bienfaits de la Loi de 1850 ont été magistralement exposés par l'orateur. »
Nous donnons plus loin le texte de Son Éminence.
« Lorsque le cardinal de Reims cesse de parler, un rayon de soleil frise la cime des peupliers et enveloppe la souple ligne des coteaux de sa lumière fine.
« La messe continue, singulièrement émouvante dans ce cadre unique, et ce fut une minute inoubliable quand, à l'Élévation, toutes les têtes se courbèrent devant le Dieu de l'Eucharistie » .
V Inauguration de la Statue
« Pendant la fin de la messe, F Harmonie de Segré et la Fanfare exécutent différents andantes religieux, puis le cortège se reforme et se rend devant le monument, où une tribune, ornée de branches de lauriers, a été élevée.
« Il est midi : le voile qui recouvre la statue tombe, aux ripj)laudissements de la foule. »
L'enlèvement du voile ne s'est pas accompli avec la solennité que revêt d'ordinaire ce rite des apothéoses. Lorsque les invités eurent pris place sur l'estrade, dressée en face de la statue, madame la comtesse de Blois, conduite par M. Dominique Delahaye, sénateur de Maine-et-Loire et président de la Commission d'initiative, quitta l'estrade et se dirigea vers le monument. C'est à la châtelaine du Bourg-d'Iré qu'il appartenait de découvrir le bronze représentant Alfred de Falloux. Mais des échelles avaient été placées de chaque côté de la statue, et deux hommes robustes, heureux de satisfaire la juste curiosité de la foule, s'étaient déjà mis en devoir d'enlever la toile sous laquelle l'efîigie de l'homme d'Etat se dérobait aux regards depuis dix jours. Le geste de ces vaillants, trop empressés peut-être, n'eut pas la grâce aristocratique de l'enlèvement traditionnel, mais cette dérogation à la coutume ne fut saisie que par un petit nombre des assistants.
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Une omission plus regreilable allait se produire, au grand désappointement des témoins de la fête. Le cortège, en quittant le château pour se rendre à l'estrade, négligea de faire halte au pied du monument, pour la Bénédiction annoncée au programme, et mentionnée dans l'inscription de la face postérieure du piédestal. L'accident survenu le matin à l'une des automobiles qui amenaient les prélats, avait retardé d'une grande heure la réception, la station à l'éghse et la messe en plein air. Instinctivement, les orateurs inscrits avaient hâte de prendre la parole, et c'est vers la tribune que le cortège se dirigea directement. Avant même que l'on eût conscience du mouvement opéré, le marquis de Vogiié, délégué de l'Académie française, s'était levé, et il commençait son discours. Nulle possibihté de revenir sur l'omission commise. Il ne fallait pas songer davantage à suspendre la suite des discours et à inviter les prélats à quitter l'estrade d'honneur pour aller bénir le monument. Le temps matériel qu'aurait exigé ce déplacement eut ajouté au retard que tous regrettaient. Il fallut donc s'incliner. La croix processionnelle, les enfants de chœur portant l'eau bénite, le suisse n'en séjournaient pas moins au pied de la statue, dans l'attente de la cérémonie religieuse qui, en fin de compte, n'eut pas lieu.
Deux solutions de l'incident se présentent à la pensée : modifier l'inscription du monument attestant qu'il a été « béni et inauguré par S. E. le cardinal Luçon, archevêque de Reims, assisté de répiscopat de la province de Tours, ou garder l'espoir que la cérémonie, involontairement omise, pourra faire l'objet d'une solennité modeste, dont l'époque ne saurait être fixée aujourd'hui, mais qui sera le complément de la fête du 7 juillet. N'oublions pas que cette fête d'hommage et d'actions de grâces a été surtout religieuse ; n'oubhons pas la supplication dernière de l'homme d'Etat dans son testament, proscrivant l'éloge de son nom, de ses œuvres, de sa mémoire et n'attachant de prix qu'à la prière de ceux qui se souviendront de lui. Ce qu'ileût approuvé surtout dans la fête du 7 juillet, c'est la Messe et le Salut qui se sont déroulés devant sa demeure, sous les yeux de plusieurs milliers de catholiques ; ce qui l'eût touché, ce sont les amis de sa pure mémoire qui, se séparant de la foule, sont allés pieusement s'agenouiller sur sa tombe, dans le cimetière du village. Il serait imprudoni de laisser subsister sur le monument une mention fautive que les adversaires de la solennité du 7 juillet — s'ils sont peu nombreux, ils existent — ne manqueraient pas d'exploiter un jour, en soupçonnant peut-être la bonne foi de la Commission d'initiative ou
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de la Société civile. Les amis de Tauteur de la Loi de 1850 voudront prendre de nouveau rendez-vous au Bourg-d'Iré, afin de parachever la fête du souvenir par la prière liturgique qui, contre le gré de lous, n'a pu être ostensiblement prononcée le 7 juillet.
Prirent successivement la parole devant le monument :
Le marquis de Vogué, delWcadémic française, déléoué de l'Académie ;
Guillaume Bodinier, sénateur, conseiller général de Maineet-Loire ;
Laurent Bougère, député de Segré ;
Marquis de Kernier, député d'IUe-et- Vilaine ;
Chanoine Crosnier, directeur de l'Enseignement Ubre au diocèse d'Angers ;
Vicomte Olivier de Rougé, président de la Société Maine-et- Anjou, délégué de la Société des Agriculteurs de France ;
Marquis d'Armaillé, maire du Bourg-d'Iré ;
Henry Jouin, membre de la Commission d'initiative du monument ;
Comte Louis de Blois, petit-neveu du cointo de Falloux.
La série des discours fut coupée par le chant : Dieu dans V Ecole. On trouvera plus loin le texte des discours (1).
Réception au cliâteau du Bourg-d' Iré
« Aux accents de la fanfare de Segré, qui joue le pas redoublé : « Bonneval », on se rend au château ».
« A l'entrée des salons, le comte Louis de Blois et la comtesse Louis de Blois, avec une grâce charmante, reçoivent les invités, et l'on fait honneur au lunch, par petites tables, où se reconnaît le goût délicat du maître traiteur d'Angers, M. Maresquier.
u Au dessert, M. le comte Geoffroy d'Andigné, nous raconte ses intéressants souvenirs personnels sur M. le comte de Falloux, et M. Henry Jouin nous fait un historique très documenté du monument qu'on vient d'inaugurer » .
(1) Voyez plus haut, p. 68-71, les paroles de Dieu dans l'Ecole.
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Le Salut
« Bientôt on entend résonner les tambours et clairons de la Société de gymnastique de Challain-la-Potherio, qui vient, elle aussi, participer à la fête.
« Une foule que l'on peut évaluer à 3 ou 4 milliers de personnes a de nouveau envahi la pelouse devant le château.
« La bénédiction du Saint-Sacrement est alors donnée, et la foule s'écoule lentement pour se répandre dans les rues du Bourgd'Iré » .
La Fête du soir
« Autour du monument, c'est tout d'abord une véritable cohue ; on se presse pour entendre le concert artistique donné par l'Harmonie du collège de Combrée, sous la direction de M. Voboré, et par la Fanfare de Segré, dirigée par son chef distingué, M. Houdebine.
« Le soir, toutes les maisons s'illuminent. Le petit lavoir est resplendissant de lumières, qui, reflétées dans l'eau de laVerzée, produisent un fort joli effet. La statue est entourée d'une guirlande de feu ; c'est ime splendide apothéose, que dot brillamment une magnifique retraite aux flambeaux.
« Pendant toute la fête, de l'arrivée au départ, le baron de Candé, le vicomte Stany de la Morinière auxquels s'était joint M. Jac, doyen de la faculté de droit à l'Université d'Angers, se sont acquittés, avec infiniment de bonne grâce, de leur tâche ingrate et lourde de commissaires.
« MM. le comte de Blois et Conrairie,les organisateurs de cette superbe journée, ont été sans cesse au premier rang, aplanissant les difficultés et ayant un mot aimable pour chacun. El la pensée des invités se portait, à toute heure, vers notre regretté st-nateur disparu, le comte Georges de Blois, dont cette fête eut été la fête à tant de titres ».
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La StoiiK
Alfred de Falloiix est représenté debout, en costume de 1850, avec rinsignc de représentant à la boutonnière. 11 est au pied de la tribune. La tête légèrement infléchie vers l'épaule gauche respire la jeunesse, la volonté, la distinction aristocratique. Dans la main, un feuillet ouvert sur lequel est écrit :
Liberté de l'Enseignement 15 mars 1850
La main droite, baissée, semble couvrir l'éloquente déclaration que fit entendre le ministre des Cultes à la séance du 7 août 1849, relativement à rExpcdition do Rome. Ainsi se trouvent heureusement rappelées, dans un bronze sobre et de haut style, qui fait le plus grand honneur au statuaire Louis-Noël, les deux œuvres auxquelles est à jamais attaché le nom de Falloux.
Les Discours