‹ Falloux et le monument commenoratif de la loi de 1850 sur la liberte d'enseignementChapitre 23 sur 73 · FALLOUX, CHATELAIN DU BOURG-D'IRÉ · texte numérisé non relu

FALLOUX, CHATELAIN DU BOURG-D'IRÉ

Discours de M. le Marquis d'Armaillé, maire du Bourg-d'Iré.

éminence, Messeigneurs, Mesdames, Messieurs,

Après les discours si éloquents que nous venons d'entendre, pour honorer la mémoire du grand homme que fut M. le comte de Falloux, il semble bien audacieux à moi d'oser prendre la parole aujourd'hui ; aussi je serai bref ! et je ne veux vous demander que quelques minutes d'attention, avec toute votre indulgence !...

Je ne veux pas même essayer de dire ce que fut M. le comte de Falloux ! d'autres voix, plus autorisées que la mienne, ont déjà chanté ses louanges ! cependant je ne puis, comme maire du Bourg-d'Iré, et au nom de tous les habitants de cette commune, passer sous silence ce que chacun pense dans le fond de son cœur ! — C'est un hommage de reconnaissance que je veux rendre à M. le comte de Falloux au nom de nous tous, du Bourg-d'Iré.

La commune lui doit presque toutes ses petites richesses ! C'est M. le comte de Falloux qui a fait bâtir, de ses deniers, le beau lavoir que vous voyez, décoré en son honneur, et qui fait la joie des ménagères par sa bonne installation ! — C'est lui encore qui a donné une partie des écoles, et qui a puissamment contribué, par la générosité de ses dons, à la formation de notre Société de Secours Mutuels, et aussi à celle de notre Compagnie de Sapeurs-pompiers ! — C'est lui surtout, qui a doté la commune du Bourg-d'Iré, d'un hospice pour les vieillards auquel, il a ajouté les ressources nécessaires à son existence !... Il est superflu de dire combien de misères l'hospice a pu soulager, grâce à lui, en permettant à de pauvres gens, après une vie entière de labeurs,

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d'y trouver les secours dont ils avaient besoin pour y terminer leur existence en paix, et avec un peu de bien-être !...

C'était pour M. le comte de Falloux une façon de continuer à faire le bien après sa mort, après avoir été charitable toute sa vie... D'ailleurs, ici au Bourg-d'Iré, sa charité pour les malheureux est restée proverbiale — à l'un, il aidait à payer son loyer, parce qu'il avait une nombreuse famille ; à l'autre, il envoyait des secours, parce qu'il était malade, mais M. le comte de Falloux encourageait surtout les travailleurs ! et c'est toute l'année qu'il occupait, même quand il n'en avait pas besoin, une véritable petite armée de journaliers, qu'il choisissait de préférence parmi les moins valides et les moins fortunés.

Quant à ce qui concerne l'Agriculture, M. le vicomte de Rougé \'ient de nous en parler d'une façon plus éclairée que je ne saurais le faire : il suffit de dire que tous les agriculteurs gardent à M. de Falloux une grande reconnaissance, pour avoir le premier amené au Bourg-d'Iré, les magnifiques Durham qui ont tant contribué à l'amélioration de la race bovine, et que tout le monde venait admirer à sa ferme modèle.

Pour mon compte personnel, moi aussi, je garde à M. le comte de Falloux un souvenir reconnaissant, car mon père était un de ses grands amis, et je me rappelle toutes les bontés qu'il avait pour moi, alors que je n'étais qu'un enfant, et que nous alhons le voir au Bourg-d'Iré ! — Le salon était grandiose, et la grande figure de M. de Falloux était bien intimidante ! mais il avait des moyens de charmer les hommes, et aussi les petits enfants, en ouvrant certain meuble, que je me rappelle avec délices, tant il contenait d'excellents chocolatG !

J'abrège, et je termine en disant bien haut, combien les habitants du Bourg-d'Iré, sont heureux de la fête qui nous rassemble aujourd'hui, et combien ils sont honorés de voir s'élever ce monum.ent qui sera le plus grand embellissement du village, et qui rappellera à tous, ce que fut M. le comte de Falloux, ici, au Bourgd'Iré.

Pour tous, il restera comme un hommage qu'on doit à sa mémoire, et pour nous il nous rappellera que nous lui devons toute notre reconnaissance.

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