‹ Falloux et le monument commenoratif de la loi de 1850 sur la liberte d'enseignementChapitre 4 sur 73 · I. — La Lettre de l'Episcopat condamnant l'Ecole neutre · texte numérisé non relu

I. — La Lettre de l'Episcopat condamnant l'Ecole neutre

H nous faut débuter, dans cet historique, par une manifestation d'hier. Plus qu'aucun autre événement, la déclaration de l'Episcopat a rendu nécessaire à nos yeux un hommage public au comte de Falloux, une commémoration de la loi de 1850.

C'est en octobre 1909 que les Cardinaux, Archevêques et Evêques de France ont, dans une Lettre collective, solennellement condamné l'école neutre Ce grand acte doit être rappelé à la première page de tout écrit qui a pour objet la défense de la liberté d'enseignement. Il est le plus autorisé des préceptes donnés en ce siècle par l'EgUse de France.

Ce n'est pas sur des considérations philosophiques que s'appuie la condamnation prononcée par nos Evêqucs. Elle est motivée par des faits. Des livres imprégnés de faux savoir, de sectarisme, d'immoralité, d'athéisme sont imposés à des enfants catholiques. Certains instituteurs déplorent l'obligation où ils se trouvent de déformer, involontairement, l'âme et l'intelligence des élèves qui leur sont confiés. Mais il en est d'autres, en grand nombre, qui, par scrvilisme envers le pouvoir maçonnique dont la France

CONDAMNANT l'kCOLE NEUTRE O

subit l'oppression honteuse, se font les commentateurs complaisants des manuels contaminés de Payot, Devinât, Bayet, Aulard, Primaire, Debidour et consorts.

Cet état de choses dure depuis vingt-cinq ans. Les ruines morales, l'abaissement intellectuel qui ont été la conséquence d'un enseignement public faussé, rétréci, souillé, effrayent les esprits clairvoyants. Plus de foi, plus do patriotisme, plus d'i(l('>al ! La jeunesse populaire est sans horizons. La criminalité infantile a pris des proportions considérables. Chose inouïe, on enregistre des suicides d'adolescents !

De longue date, l'Eglise a constaté les ravages de l'enseignement athée. Depuis longtemps déjà, nos évêques et nos prêtres combattaient, au péril de leur HberLé, l'officine néfaste de l'école pubUque. Des condamnations ont atteint les plus énergiques défenseurs de l'enseignement chrétien, sans qu'aucun d'eux ait reculé devant l'amende ou la prison. Mais l'effort apparaissait individuel ; il n'y avait pas unanimité dans l'attaque de la citadelle maçonnique. Ici, la lutte semblait porter plus spécialement sur les spoliations criminelles qui atteignent la volonté des morts ; là, c'étaient les confiscations odieuses de petits Séminaires qui appelaient les protestations vengeresses d'un chef de diocèse ; ailleurs, c'était l'école pubUquc qui restait l'objectif des condamnations de la conscience catholique. Aujourd'hui, d'une extrémité à l'autre du territoire, la lutte est ouverte sur le terrain scolaire.

La Lettre de l'Episcopat français est la première qui renferme des prescriptions précises auxquelles personne de nous, s'il est chrétien, n'a le pouvoir de se dérober. Après avoir conseillé, en 1908, aux pères et mères de famille de surveiller l'école pubhque, et d'en dénoncer les méfaits, nos évêques interdisent formellement, en 1909, aux familles cathohques d'envoyer leurs enfants à l'école neutre. Or, la neutralité, qui n'est qu'un leurre, est inscrite au programme de toute maison d'éducation ouverte par l'Etat, écoles primaires, lycées, étabhssements d'enseignement supérieur. Sauf le cas où la situation du père de famille serait en cause ; sauf le cas où une région serait absolument dépourvue d'écoles chrétiennes, les pères et mères de famille n'ont pas le droit de confier leurs enfants aux écoles de l'Etat. L'Eghse le leur défend.

C'est l'Eghse qui doit être juge des exceptions que peut comporter cette règle absolue.

Et, alors même qu'un père de famille serait autorisé à laisser

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