I. — Centenaire de Mgr Dupanloup
Né le 3 janvier 1802, l'Evêque d'Orléans, qui avait interdit toute oraison funèbre à l'occasion de ses obsèques, reçut du Cardinal Perraud, évêque d'Autun, membre de l'Académie française, un hommage éclatant le 12 octobre 1902, en la solennité de son centenaire. Le Cardinal Perraud rendit justice, dans l'éloge de l'Evêque, aux qualités éminentes dont l'abbé Dupanloup avait donné tant de preuves lors de la préparation de la loi de
« Avec des vicissitudes diverses dans les phases de la lutte, à force de raison, d'esprit de conduite, de sagesse, de dignité, les chefs catholiques réussirent à faire nommer une Commission extra-parlementaire chargée de préparer un projet de loi. L'abbé Dupanloup fut appeler à y siéger et prit une part assidue à ses travaux, commencés en janvier 1849, et terminés au mois d'octobre de la même année. Ils servirent immédiatement de base aux débats qui s'ouvrirent à la tribune de l'Assemblée et aboutirent enfin, sous le ministère de M. de Falloux (1), à la loi du 15 mars 1850.
« Sous le poids des préoccupations qui nous accablent, rien n'est tristement intéressant comme de relire les procès-verbaux des discussions engagées, soit dans la Commission préparatoire, dont l'abbé Dupanloup fut un des membres les plus influents, soit au sein de la représentation nationale.
« Le presque dernier épisode de ces luttes parlementaires, et celui qui décida du vote final fut un discours de M. Thiers, qu'un publiciste de l'époque appréciait ainsi : « Du bon sens, encore du bon sens, et toujours du bon sens ; mais du bon sens élevé jusqu'au génie ; voilà le discours de M. Thiers. »
(1) Le cardinal Perraud laisse échapper ici une légère inexactitude. M. de Falloux entra au ministère le 20 décembre 1848 et démissionna le 14 septembre 1849. Il eut pour successeur intérimaire, du 14 septembre 1849 au 31 octobre suivant, Lanjuinais, auquel succéda de Parieu, du 31 octobre 1849 au 24 janvier 1851. C'est sous le ministère de Parieu que la loi de la liberté de l'enseignement fut votée. Elle n'en conserve pas moins dans l'histoire le nom de loi Falloux, tant la part du ministre de 1849 avait été prépondérante dans la préparation laborieuse et sincère de cette loi libératrice.