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fluence ? Tant qu'il est au collège, il subit rinfluence du collège ; mais une fois qu'il en est sorti, que lui reste-t-il qui le garde et le soutienne, si Ton a détruit en lui les deux influences sous lesquelles il devait naturellement revenir: celle de sa famille et celle de sa paroisse ? S'il a pris Thabitude de considérer son propre pasteur comme inférieur à tous ceux qui Tout dirigé jusque-là, à qui aura-t-il recours, et quelle action s'exercera sur lui?... Celle de son directeur n'est plus puisqu'il en est éloigné, et l'action à distance ne porte pas. La paroisse !... mais c'est tout pour un chrétien, c'est l'Église tout entière, dans l'éclat de toutes ses pompes de joie et de tristesse î C'est le lieu de naissance de toutes les familles ; leur rendez-vous commun à la vie et à la mort î C'est la religion dans toutes ses grandeurs, ses larges et sublimes leçons î C'est la mère, portant soigneusement dans son sein les dates solennelles de toute notre
existence, celles de la vie de nos pères, et qui gardera nos noms et nos vertus, avec nos cendres, jusqu'à la postérité la plus éloignée sortie de nos flancs ! C'est là que l'Église est dans son vrai, c'est là que la doctrine catholique se montre dans toutes ses applications morales.
C'est le lieu de notre repos, de nos souvenirs tristes et joyeux, et de nos serments les plus sacrés à Dieu et à la famille. La paroisse, en un mot, est le foyer saint et sacré où tous les enfants se groupent autour d'un même père et d'un même banquet, pour y puiser les forces et les conseils nécessaires aux combats de la vie. Plus les fidèles sont attachés et comme identifiés avec la paroisse, plus ils répondent àPespritde l'Église et à sa discipline. C'est pour maintenir intact l'esprit paroissial et s'opposer à Tinvasion d'une influence étrangère, que l'Église a créé les droits de la paroisse et qu'elle a armé le curé d'une autorité devant laquelle doivent
s'incliner ceux qui paraissent en être les plus affranchis.
C'est donc aller contre l'esprit de rÉglise même, et contre sa discipline, que d'élever les enfants loin de la paroisse ou de les soustraire à sa bienfaisante influence.
Rien de plus touchant que de voir, le dimanche, le père et la mère se rendre à la messe paroissiale, accompagnés des enfants. Cette réunion de famille dans le temple de Dieu^ sous les mêmes pensées, les mêmes inspirations, murmurant les mêmes prières, a un charme indicible. Les âmes, aussi, ont leurs agapes fraternelles.
Si, à des jours déterminés, on fait en commun un repas de famille où l'assimilation des mêmes substances semble encore rapprocher et fondre davantage des existences déjà si unies, il est aussi, pour les âmes, de ces repas tout spirituels où Ton partage les mêmes conseils, les mêmes joies, les mêmes tristesses, le même Dieu;
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où Ton s'identifie d'autant plus les uns aux autres, qu'on s'élève davantage vers Tinfini. Il n'est point sur la terre d'enivrement comparable à celui que donne ce banquet tout céleste ; il n'y a pas de frugale jouissance qui en approche, ni d'amour et d'union parfaite qu'il n'inspire!... Au sortir de l'église, on se regarde comme plus joyeux, plus aise de s'être nourri de Dieu. L'àme se dilate, s'épanouit radieuse sur le visage même. Le père embrasse son fils d'un amour plus profond et plus saint, et l'on peut alors s'occuper du corps ; car l'âme a déjà eu sa large part de nourriture divine.
Oh î les belles rencontres, les douces unions d'âmes que celles qui s'opèrent à la même paroisse, sous les mêmes parfums d'encens et de vertus, aux accents émus des mêmes prières et des mêmes cantiques, aux murmures, aux gémissements, aux éclats des mêmes harmonies de l'orgue, répondant si merveilleusement à
tous les états de l'homme et aux cris qui en échappent !!!
Au collège, le culte est froid, glacial^ mortel. L'enfant sent bien que sa prière n'est pas soutenue par celle de sa mère, priant à ses côtés. Aucune voix amie ne se mêle à sa chétive voix pour pousser le cri de Tamour. Les jeunes gens, sous ces voûtes muettes et arides, se regardent d'un œil sec, cherchant plutôt un sourire et un mot sur les lèvres les uns des autres qu'une prière. Ils sont trop solidaires {entre eux) ; ils ne sauraient garder une initiative personnelle, moins en religion qu'en toute autre chose. Une fois sortis du collège, les jeunes gens ne relèvent que de leur conscience ; leur vie tout entière doit être indépendante de celle des autres. Pourquoi donc les habituer à dépendre des autres ?... pourquoi les soumettre à la tyrannie des camarades?... Ils ne savent plus, lorsqu'ils sont dans le monde, pratiquer leur foi et leur religion tête levée et
de plein cœur, tant ils sont habitués, au collège, à faire les choses par routine et parce que les autres les font. S'agit-il d'aller à la chapelle?... la cloche sonne, et ils y vont. Faut-il se confesser?... ils se confessent. De sorte qu'ils sont plus coutumiers des actes les plus saints de la vie qu'ils ne sont religieux sincèrement. Que leur arrive-t-il ensuite, une fois qu'ils sont abandonnés à eux-mêmes ?...
Ils ne savent plus se conduire ; ils ne savent plus aller à Dieu en toute franchise et en toute liberté, parce qu'ils ne sont plus dans le rang, à la suite les uns des autres, et qu'ils n'ont marché jusque-là que sur la foi d'autrui. Ils ont peur d'eux-mêmes ; un acte indépendant les met en trouble et en hésitation ; le respect humain les dévore, et, leurs passions aidant, c'en est fait de leur courage et de leur foi ! Ah ! c'est qu'ils n'ont pas vu dès leur jeune âge, dans la paroisse, comment les hommes de cœur, les hommes vraiment
religieux, se présentent à Dieu dans son temple! Ils n'ont vu que des collégiens comme eux, marchant chacun dans sa ligne et sous un même commandement, relevant plus de la règle que de leur conscience. Mais ils n'ont jamais assisté, ou très rarement, à ces magnifiques témoignages de foi et de caractère que donnent des chrétiens dans leur paroisse. Ils n'ont jamais eu la bonne fortune de rencontrer la religion portée avec générosité et indépendance !...
Ces réflexions faites, il me faut jeter un regard en arrière, pour rappeler au lecteur les quelques conseils généraux que j'ai donnés sur l'éducation dès le début de mon travail. Je descends maintenant du général au particulier, pour suivre l'éducateur dans toutes ses fonctions diverses de la journée.
Je ne puis éloigner Tinternat de mon
attention : puisque internat il y a ; il me faut en passer. \'oici donc encore quelques pensées sur les exercices variés qui partagent les heures d'un collège.