‹ Familles illustres de NormandieChapitre 12 sur 50 · LE COMTE PIKRRE 1" DE GRANCEY · texte numérisé non relu

LE COMTE PIKRRE 1" DE GRANCEY

« Du maréchal de Fenraques , le comté de Gnincey,

la terre de la Houssaye, la baronnie de Selongey, celle de Marey , et autres seigneuries réunies au dit comté.

« Enfin , ils acquirent les ûefs du château d'Almenescbesy Painthièvre, La Quatorzaine, Bonnevent, le .fief-commun, le domaine de Verneuîl , et celui de Sées, autrement Grasville. »

IMT-iaiS.

Li MiBicHAL DB FERVAQUES,

Omto. ipnli d«e 4« Onoeqr^ dwv«li«r dw Ordm ta toi.

Le maréchal de Fer\aques a plus d'un titre h notre souvenir. Indépendamment des liens si resserrés qui le rattachent à la iamille de Rouxel , noas ne pouvons oublier qu*enfant du pays il y joua, pendant de longues années, un rôle considérable.

Le 1*. Anselme doniie la généalog-ie des ilauteraer de Fervaques, depuis Jean 1", seigneur du Fournet et du Mesnil-Tisoii , qui vivait en l'an 1300 (1).

Guillaume l" de flautemer , arrière petit-fils de Jean I*% vivant en 1376 , épousa Jeanne de Mondétour, dont il eut Gérard de Hautemer, mariée à Jeanne de Bardou, d'une famille bien connue en Basse-Normandie.

Leur fils, Jean 111 de flautemer, devint seigneur de Fervaques paY son mariage avec Blanche de Groignes, vers l'an 1414. Us eurent pour fils :

Guillaume II, seigneur de Fervaques , marié à Jeanne

(1) L'ancienneté des Sautemer oc saurait il*ailleuTS ttie ewieitéet puiicfu'ils figurent dan Ja vedieidie de MonUindt, en 1460»

d'Ânnebaulty fille de Raoul d'Annebault et de Jeanne de Ressancourt.

Nous ne pouvons rencontrer ce nom d'AnnebauU

sans rappeler le lustre qu'il a jeté sur notre pays.

Raoul d'Anripliaiilt était le grand-père de Jean II d'AnnebauU, gentilhomme de la chambre du roi , connétable héréditaire de Normandie, marié à Idane de Blosset, fille de Jean, seigneur de Carrouges, et bisaïeul du célèbre amiral d'Annebault et du cardinal é\6que de Lisieux, son frère.

Du mariap:e de Guillaume II de Fervaques avec Jeanne d Annebault naquit Guillaume , troisième du nom , marié à Collette de Montlandrin , dont il eut :

Jean V de Fervaques, lieutenant de la compagnie du maréchal de St-André , tué à la bataille de Gérisolles, le 14 avril 1S44.

Jean V , lui aussi , avait contracté une illustre alliance en épousant Anne de la Baume, veuve de Pierre d'Aumont, seigneur d'Estrabonne , fille de Marc de la Baume , comte de Montrevel et de Grancey , et d'Anne de Ghftteauvîllain , dame de Grancey.

Les Montrevel comptent parmi les leurs , entre autres personnages marquants, deux maréchaux de France.

Quant aux Château villain et aux Grancey, ils ne leur cédaient en rien , comme nous allons le voir. Jeanne de Chàteauvillain apportait à Jean de Fervaques la magnifique terre et le comté de Grancey , en Bourgogne, qu'elle avait recueillis dans la succession de son père , Jean III de Chàteauvillain et de Grancey , marié à Marie d'Estouteville.

Jean III de Chàteauvillain était lui-même arrière petit-fils de Jean de Chàteauvillain et de Jeanne de

Graocey» fille d'Eudes, seigneur de Grancey, marié en premières noces à Béatrà de Bourbon, fille de

Louis T, duc de iiourhon , et en secondes noces à Yolande de Bar, descendue de Louis le Gros, roi de France, Jeanne était sortie de ce dernier mariage.

Nous lisons, dans rËncyclopédie du XVlIi* siècle (article Grancey), que Ponce de Grancey était connétable de Bourgogne en 1193. Eudes de Grancey , d'après le même article , et Mahaut de Noyer? , sa femme , fondèrent , en 1361 , une collégiale dans leur château de Grancey.

Cette puissante maison possédait 24 terres en Bour^ gogne, entre autres Gémeaux, Meursault, etc.

Elle a donné aux Xy« et XVI^ siècles deux évéques à Autun , distingués par leur savoir et leur piété. L'un d'eux, Ferry de Grancey, mon en 1434, fut inhumé' en la collégiale de Saulieu.

Voici un trait qui fait honneur à un seigneur de Grancey; il est tiré du IX* volume de l'iûstoire de France par Villaret, à Tan 1319, sous le règne du roi Jean. Pierre d'Andelei , capitaine anglais , qui s'était emparé de plusieurs forteresses entre Troyes et Châlons, enueprit de se rendre maître de cette dernière ville , dans laquelle il parvint à s'introduire , à la faveur de la nuit. Les habitants , réveillés par le bruit des armes, se levèrent avec précipitation, criant aux larrons anglais et navarrais. S'étant rassemblés , ils soutinrent le premier choc et donnèrent le temps au seigneur de Granco} , eiicvalier de Bourgogne, d'arriver avec 60 hommes d'armes au secours de la place ; sa présence ranima les habitants , qui achevèrent de repousser les ennemis.

8â LES GRANCEY DANS LES ARMÉES.

C'est cet Ëudes de Grancey que Philippe le Hardi nomma gouverDeur de Bourgogne en 1370.

La magnifique terre de Grancey ^ ajoute rEncydopédie du XYIIl' siècle, à laqueQe nous empruntons

ce trait, passée par alliance des Grancey aux Châteauvillain et de ceux-ci aux Fervaqiies, devint en dernier lieu la propriété des Rouxel de Médavy , qui la conservèrent jusqu'à la mort du dernier maréchal de Médavy, en 1725.

Mais revenons à Jean Y de Fervaques. De son mariage avec Anne de la Baume naquit un fils , Guillaume

de lïautemer, seigneur de Fervaques, comte de Grancey, qui n est autre que le maréchal de Fervaques dont nous nous occupons.

Le maréchal de Fervaques naquit en 1537 ou 1538, au cfaftteau de Fervaques , diocèse de Lisieux.

Voué dès Tenfance à la noble profession des armes , Guillauiuc de Hauteraer avait u peine 17 ans lorsqu'il fut enira^é au service du duc d'Alençon par le maréchal de Tavannes , son parent.

La bataille de Renty, livrée le 13 août 1554, lui fournit bientôt l'occasion de se signaler* Sa valeur ne fut pas moins remarquée au fiital combat de St-Quentin, le 10 août 1557, et h la bataille de Gravelines, le 13 juillet de l'année suivante.

Quand éclatèrent les funestes guerres de religion, Guillaume de Hautemer se rangea du côté des catholiques, auxquels il fut toujours fidèle. H prit une glorieuse part aux combats de Dreux, le 19 décembre 1562, de St-Denis, le 40 novembre 1567, et de Mondétour, le 3 octobre '1509.

Dès Tannée 1562 , il commandait à Lisieux, dont

LE KABÉCHAL DE FERViLQUES. 83

le duc de Bouillon , gouverneur de Normandie, lui avait confié la défense. H j^attrait que la prise de possession de ce commandement ne fut pas sans quelque difficulté, en présence de la popularité dont jouissait

dans cette ville le gouverneur Guy de Longchamp , sieor de Furaichon, nommé à ce poste le 19 août de la même année. Fervaques s'y maintint pourtant jusqu'en 1569 , époque à laquelle il reprit son rang dans l'armée.

En 1574 y nous voyons Guillaume de Hautemer prendre , en qualité de maréchal de camp , une part active au siège de Domfront , où le comte de Montgommery fut fait prisonnier par le comte de Matignon.

S'il faut en croire Agrippa d'Aubigné, il ne imt pas à Guillaume de Fervaques que le comte de Montgommery n*échappàt au funeste sort qui Tattendait. U avait fSût dire au roi de Navarre que, v s'i/ pouvait fairt plaitir à Montgommery atix dépens de Matignon, il le ferait. » Fervaques avait emmené au siège de Domfront, en qualité de guidon, Agrippa d'Aubigné, alors simple écuyer du roi de Navarre. Il lui confie pendant une nuit le commandement de quatre compagnies , placées près de la poterne, avec ordre de lui obéir en tout. D'Aubigné s'approche seul du fossé, comme pour le reconnaître; une sentinelle veillait immobile de l'autie côté ; il l'appelle et lui demande de faire venir un gentilhomme de ses amis nommé Leportal , qu'il savait enfarmé dans le chAteau. A ce dernier , il s'ouvre de son projet , et le chaire de donner rendez-vous à Montgommery la nuit suivante, au même endroit. Mont^ommery s'y rend et le jeune écuyer lui offre de le tirer de péril ; le moment est favorable : le jour précédent Âlençon vient d'être occupé par les réformés ;

quelques lieues l'en séparent; arrivé là, il pourra s'y arrêter cinq ou six heures et gagner la Beauce» où ratlendent 200 chevaux.

Vainement Leportal conjura-t-il le malheureux comte

d avoir confiance dans l'f^cuyer; il refusa obstinément, et sur le vain espuir de l'arrivée des Raîtres , il offrit à 4'homme qui seul pouvait le sauver, de s'enfermer avec lui dans cette étroite enceinte de murailles, que donimit partout le canon de Matignon. Au moment oik ils se séparèrent, les hauteurs se couronnèrent de soldats : c'étaient les régiments de La\ ardin , de Lassay , de Ste-^lombe et de Lussan , ensemble 5000 arquehusiers. « Autrement était écrit au dei I » s'écrie d'Attbîgiié dans ses mémoires*

Ouillaume de Hautemer n'approuvait pas les exeès commis contre les huguenots. Aussi le trouvons-nous vers cette époque dans les rangs de l'armée du Béarnais, qui venait d'embrasser la religion catholique et qui cherchait à s'entourer de partisans pris parmi les plus ■ttdérés des deux camps.

Pélibien va jusqu'à dire que Fervaques était le principal favori du pnnce. D'après le même historien , il lui persuada de se soustraire à l'influence de la cour qui allait presque à le rendre captif. Ce fut le 3 février 4576 que ce projet de fîiite fut mis à exécution. Ce joui^là Henri , après s'être rendu à la foire St-Germain, sortit de Paris, sous prétexte d'une partie de chasse dans la forôt de Senlis. 11 y courut le cerf tout le samedi; mais, sur le soir, il prit la route de Vendôme, ■d'où il passa au Maine , et ensuite en Ai\jou. Parvenu •à «Saumur , il céda aux obsessions de ses anciens coré- Ugionnaires et redevint huguenot. Alors Fervaques

n'hésita pas à Tabandoniier, cédant, nous voulons le

croire, à un mobile plus noble que la versatilité de son caractère , à laquelle Louis Dubois , gui nous a fourni la plupart de ces détails, semble attribuer exclusivement sa détermination.

L'amitié du brm» Crillon n'était peut-dtre pas étrangère à sa rentrée dans les rangfs de l'armée royale , et la protection de ce haut personnage dissipa les nuages qui rendaient un peu suspect le concours de son protégé.

Au mois d'août 158i , le duc d'Âlençon, frère du roi , qui allait entreprendre la malheureuse expédition de Flandres , s'attacha Fervaques, devenu lieutenant général ; il venait d'en faire le grand-maître de sa maison et le chef de ses conseils. Ces hautes fonctions n'étaient ni sans difficulté, ni sans péril auprès d'un prince qui « avait de mauwMes tneUnatiom , ornait lu conseils vtd/ento et se plaisait dans U désordre et dans le trouble (4). » La sanglante échauffourée d'Anvers, en 1583 , en fut une preuve éclatante , et ne fit honneur ni au prince , ni à son conseiller , qui tomba prisonnier entre les mains des Anversois, après d'inutiles actes d'intrépidité.

A la mort d'Henri m , le roi de Navarre » devenu

roi de France, n'eut pas de plus fidèle serviteur que Fervaques.

En 1590 , lors du siège de Paris , il s empara du faubourg StpDenis et parvint à s'y retrancher.

Lorsque» deux ans plus tard, Henri IV mit le siège devant Rouen, Fervaques ne se fit pas moins remarquer ;

ie 5 fevner 1592 , le duc de Parme s'étant porté au

(i) U Laboureur t additions ««ii nènoim de Gastdiiati,

86 LES GRANCfiY DANS LES ARMÉES.

seeours de la ville avec des forces considérables, le roi pris à Timproviste courait le plus grand danger» si Fervaques n'avait pas soutenu vigoureusement pendant deux heures tous les efforts de l'ennemi.

il ue %ura pas avec moins de valeur au siège d'Houfleur en ljS94.

L'année suivante , il recevait des mains du roi le cordon de l'ordre du St-Esprit (le 7 décembre 1598).

Le siège d'Amiens, en 1597, fut pour Fervaques une nouvelle occasion de se sii^naler. Ce fut à ce dernier siège qu*il reçut le bâton de maréchal de France. La Normandie avait fourni un large contingent à Tannée assiégeante; et Fervaques n'était sans doute point étranger à cet empressement. L'armée royale perdit 1,200 hommes.

Un historien normand fait remarqiier à ce propos c que les protestans avaient en grande partie abandonné le roi y tandis que les Ligueurs se rattachaient chaque jour à lui et rendaient à sa cause les plus signalés services, ce qui iaiaait dire au roi qu'il connaiSsaU bien ceux de la Ligue et que ces gens-là n'avaient jamais été ennemis de sa personne, mais seulmenl de Ut religion (4). »

Le maréchal de Fervaques n'était pas seulement un vaillant homme de guerre ; ses capacités administratives et diploiuaùques lurent plus d'une lois utilisées par son souverain. '

C'est ainsi qu'il fut envoyé par le roi à Aouen, le 16 juin 1597 , avec Le Camus de Jambeville, président

(1) Masserillc, Histoire île Normandie, année 15D7. Précieux téneipi^ en liiTeur de oenx qoi ft'étaieal ligué» conUc un souverain liérétique.

LE MAKÉCUAL D£ F£RVAQU£S. 87

du grand conseil , pour négocier a?ec le Parlement de

rSormanciie 1 ciiie^istrement de l'édit de xNantes.

Le Parlement de Normandie , toujours jaloux de sauvegarder la foi catholique, s'était constamment montré hostile aux religionnaires. H devait faire , pendant dix années entières , la plus vive opposition à l'enregistrement de rédit qui autorisait leur culte.

Enfin, le 16 mai 1609, le maréchal de Fervaques envoyé une seconde £pis à Rouen , avec le maître des requêtes Yiguier , parvint à triompher de cette longue résistance^ et, le 5 août suivant, Tédit était enregistré.

En 4605, Fervaques avait été nommé lieutenant général pour le roi aux bailliages de Rouen , de Caux, d'Évreux , de Caeii et de Gisors. Le 11 juillet 1607, le gouvernement de Gisors lui fut en outre donné.

Au printemps de Tannée iSlO, peu de temps avant de tomber sous le fer d*un assassin , le roi , se disposant à rentrer prochainement en campagne , donna au maréchal de Fervaques mw [)reuve éclatante de la haute estime en laquelle il tenait son jugement et sa capacité. Voulant assurer la marche régulière du gouvernement intérieur ^ pendant son absence à la tète de ses armées , il institua un conseil de régence sous la direction de la reine Marie de Médicis. Le maréchal de Fervaques devait faire partie de ce conseil suprême , en compagnie 4e$ cardinaux de Joyeuse et du Perron , des ducs de Mayenne , de Bfontmorency et de Montbazon , du nuréchal de Brissac, eto. (I).

Cependant, le 14 mai delà même année, Henri IV succombait sous le poignard de Ravaillac. Trois jours

(i) Mimairêt ée 5«ii!y, «onée iSlO.

après cet odieux attentat, le maréclial de Femques

arrivait à Rouen avec le premier président Faucon de Ris. Consterné , comme la France entière , par cette horrible catastrophe, le maréchal se rend au Parlement et adresse aux magistrats éplorés ces nobles et toaehantes paroles: « Le malheur est si grand d'avoir perdu un roy tel que le nostre, que je ne le puis exprimer , et pleust à Dieu que je feusse à sa place 1 Je ne suis pas venu ici pour faire le gouverneur ny pour employer le pouvoir que j'ay en mon gouver* nement , mais au service de Dieu , du roy et de la province. Je ne- veux point de ville, de cfaasteau ny de forteresse pour mon asseurance, et veux employer ma vie et mes moyens pour la deffense du pays. Je m'asseure qu'ayant la volonté et le conseil de la cornpaignye , il n'y a homme qui ose lever la teste. Je veux concerter mes actions avec celles de la compaignye, et n'avoir avec elle qu'un môme but et intention , pour s'opposer aux mauvais desseins et remuemens contre le service de S. M. et le repos public. »

Ce langage fit sur le Parlement la plus vive et la plus touchante impression. « L'obéissance à un prince puissant et victorieux et en la force de son Age , est recommandable aux subjetz, répond Tavocat-général du Vicquet ; mais celle qui se rend à un prince mineur d'ans, semble plus volontaire et accompagnée d'une sincère affection (i). n

Après la mort du roi, Fervaques conserva jusqu'à la fin la faveur et la confiance de la reine Marie de Médicis. Quelques mois seulement avant sa mort, au

(I) Floquet» L IV, iNifel7A-97$.

nuÂa de juin 1613 , il reçut de la r^nte une nou^ ?elle mission auprès du Parlement de Normandie.

C'était à l'occasion du fameux procès entre Bassompierre et M"" d'Entragues. Quoique le maréchal fût âgé de 75 ans, sa verte vieillesse ne lui avait rien fiiit perdre de son énergie. U était étroitement lié avec Bassompierre , qu'il festoyait dans son gouvernement de fiisieux , lorsque ce dernier passait par cette ville pour se rendre à sa terre de St-Sfinveur, dans le Cotentin.

La reine-mère s'était hautement déclarée en faveur de Bassompierre » contre les d'£ntragues. On s'en étonnera peu lorsqu'on saura que Marie de Balzac d'Entragues , l'adversaire de Bassompierre , était sœur de la célèbre marquise de Verneuil.

Bassompierre, qui devait les commencements de sa faveur à la cour aux bonnes grâces de la marquise , avait voulu jouer auprès de sa jeune sœur le rôle de son royal patron auprès de l'atnée, et n'en avait pas été plus mal traité.

La jeune fille avait cru pouvoir racheter son déshonnmir et recouvrer l'affection de sa mère irritée , en arrachant à son amant une promesse écrite de mariage. Mais Bassompierre, qui ne considérait son facile triomphe avec >f"* d'Entragues que comme un des trop nombreux épisodes de sa vie galante , s'était fait donner une contre-lettre annulant l'effet de la promesse.

Les choses en étaient là, lorsque, sur la demande de Marie d'Entragues , l'affaire fut renvoyée au Parlement de Normandie, par le crédit du comte de Boissons , gouverneur de la province , et ennemi personnel de Bassompierre.

Déjà les d'Entragues avaient fait jouer auprès des

magistrats tous les ressorts de Tintrigue , lorsqu^arriva

à Rouen , par Tordre de la régente , le maréchal de Fervaques, avec charge expresse de prêter aide et confort à Bassompierre» Sa charge de lieutenant général au gouvernement de Normandie rendait sa tâche d'autant plus facile. Le comte de Soissons venait de mourir ; mais la comtesse, Anne de Montafié, sa veuve, était demeurée à l'abbaye de St-Ouen, résidence du gouverneur. Fervaques s'en fait ouvrir les portes et prend possession des appartements du comte , ou se trouvaient encore ses meubles. La comtesse en fut tellement émue, qu'elle en tomba malade, s'il faut en croire Malherbe, dans une de ses lettres.

Les premières paroles du vieux maréclial , en arrivant à Rouen , avaient été pour dire publiquement que son espée , ses moyens et tout son pouvoir estoimi au service de Bassompierre. U voulut siéger en personne au Parlement , dont il fit garder la grande salle par la compagnie d'arquebusiers et la cinquantaine , sans s'émouvoir des plaintes des magistrats. La reine l'avait fait accompagner par le maître des requêtes Marillac , confident de ses désirs sur l'issue du procès.

Bassompierre était lui-même accouru à Rouen avec plus de deux cents gentilshommes de ses amis. Les d'Entragues en comptaient presque autant auprès d'eux : < quantité de dames qui étoient à Rouen , beaucoup d'étrangers qui y vinrent, et la bande de noblesse que j'y avais menée > firent que tobt le temps que j'y demeurai , qui fut un mois , se passa comme un carômeprenant en continuelles fêtes , bals et assemblées (1). »

(1) SÊànoina de Bnstmpterref année 1618* Voir amsi VJSUtoire éu Pariefntnt itf Ifiortnmdie, par Fïoqiiet,

LE MÂRÉCHÂL DE FËRYÂQUES. 01

La reine envoyait à Rouen de deux jours l'un, pour Atre informée de îa marche du procès ; elle voulut entendre le plaidoyer de la Brétignière en faveur de son protégé.

Le Parlement finît par donner gain de cause au maréchal de Bassompierre , h la grande joîe de la

reine, qui applaudissait dans cette solution l'humiliation de sa rivale, non moins que le triomphe de son favori.

Mais que penser de l'intégrité de magistrats que l'on supposait, de part et d'autre, accessibles à de semblables pratiques?

Pour le maréchal de Fervaques , il n'avait plus que quelques mois à vivre. Comblé de charges et d'honneurs, il n'attendait plus rien de la faveur royale. 11 était chevalier de St-Michel et du St-Ësprit , dès la fondation de l'ordre; il fut foit duc de Grancey, au mois de décembre 1611.

Nous trouvons dans le P. Ange et le P. Simplicien les lettres d'érection du comté de Giancey en duchépairie ; on y lit :

« Louis, par la grftce de Dieu etc. Nous avons jeté l'œil sur notre cher et bien aimé cousin , Guillaume de Hautemer, comte de Grancey, etc.

<( Ayant été bien avertis que du côté paternel il est extrait de la maison de Hautemer , autant signalée par son ancienneté de noblesse que par les généreux actes

et exploits de guerre de ceux qui en sont issus,

et du côté maternel sort des illustres maisons de

Châtc iii\illain , de la Baume et de Grancey, (suit

une longue énumération des alliances et des faits d'armes de toutes ces maisons), tellement que notre dit cousin se trouvant recommandable par sa nais-

sance y par sa vertu et par ses grands et signalés services

à cette couronne, savoir faisons que nous, bien et

diltment informés que le comté de Grancey, assis au

bailliage de Langres, mouvant et relevant de notre couronne, est de grande étendue, terre ancienne et noble , de laquelle sont tenus en foi et hommage plusieurs ûek et arrière-fiefis , assez sogneurials (stc) et de bon revenu, pour être élevée en titre et prééminence de duché et pairie , et pour en soutenir la dignité et la dépense, etc. (1). »

Les lettres d'érection ne furent point enregistrées , moins de deux ans s'étant écoulés entre la date de ces lettres et la mort du maréchal , qui ne laissait point de postérité mâle.

Guillaume de Fervaques tei mina sa longue et laborieuse carrière le 14 novembre i613 , âgé de 75 ans , après avoir vécu sous sept rois, autii chargé de bms que famées et de digniléê.

Le laboureur, dans ses adéitiens anx mémoires de Castelnau , après avoir dit que le maréchal de Fervaques avait autant d'esprit que de valeur , et qu'il fut ie courtisan le plus délié de son siècle, ajoute qu'il a été taxé de trois défauts considérables, d'ambition, d'avarice et de peu de religion. Le premier de ces défauts lui est à coup sûr commun avec beaucoup de grands hommes; quant au manque de religion, le concours que les catholKjues trouvèrent toujours dans Guillaume de Hautemer, et les pieuses fondations qu'on lui doit , ne nous permettent pas d'admettre sans réserve cette grave imputation.

(1) Les terres, seigneuries et barom^s léanies en dudié ii*âaieiit pn moindre» de vîogt-deaXt

LE MARECHAL l>E FER VAQUES. 93

Un historien moderne y que nous avons • déjà cité , Louis Dubois , est plus sévère encore pour la mémoire

du maréchal, qu il irait jusqu'à taxer de cruauté, sur la foi d'une vague tradition populaire.

Cette tradition ferait de Guillaume de Fervaques, une sorte de bouc émissaire des méfaits si souvent reprochés, avec plus ou moins d'exagération, aux seigneurs féodaux. Ce ne seraient que femmes mises à mal , vassaux et manants malmenés , etc. , etc.

Louis Dubois , il est vrai , tout en se faisant l'écho de ces récriminations , ne semble pas lui-même, y attacher beaucoup de confiance. H &it très-sensément remarquer, malgré son peu de partialité pour le maréchal , combien de tels bruits sont invraisemblables , en présence des témoignages d'estime et d'amitié dont ne cessa d'être comblé Guillaume de Fervaques , de la part du roi populaire et de son illustre ministre.

Ceci nous amène h parler du rôle joué par Guillaume de Hauteraer, à Lisieux et aux environs.

Nous avons dit que, dès 1562, il était nommé gouverneur de la ville de Ldsieux, située à peu de distance de son château de Fervaques. C'est à cette époque de sa vie et de son gouvernement que se rapimrtent les plus fâcheux souvenirs contre sa modération et sa dignité. D'après Louis Dui)uis, il aurait pris une part bien regrettable au pillage de la cathédrale , au moins en tolérant le fanatisme des protestants, qui s'en rendirent coupables , le 5 mai de cette même année 1562. On cite même de lui à ce sujet des propos aussi impies que cyniques. Nous nous garderons Lien de les répéter ici, d'autant plus qu'ils lui sont prêtés par des ennemis fivérés.

LES Gl\ANCEY DANS LES ARMÉES.

Le 16 juillet 1868, Guillaume de flautemer se trouvait à son château de Feraques , d*où il annonçait aux

habitant*? de Lisieiix que le roi l'envoyait en cette ville avec &a compagnie, en qualité de gouverneur. Il devait en outre , en l'absence de Carrouges, y exercer les fonctions de lieutenant pour sa Majesté dans tout le bailliage.

Cependant, les habitants faisant difficulté de le recevoir, malgré l'avis que leur en avait donne Carrouges,

Henri , frère du roi , mandait lui-même aux habitants : it Ayez , sans attendre de nous autre et plus exprès commandement , h recevoir ledit sieur de Fer-

vaques et satisfaire et obéir à ce que nous avons cidevant mande et ordonné, sous peine d'ôtre déclarés rebelles et désobéissants à nos vouloir et instruction, et comme tels être châtiés avec telle exemplarité qu'il en sera mémoire. Dipnné au château de Boulogne , le 21 juillet 1568. »

(^es tristes débats se prolongèrent jusqu'au 10 septembre , date à laquelle le roi écrivit à Fumichon d'obéir à Fervaques, qui se trouvait alors à Caen avec Carrouges.

En 1874, Fervaques, maréchal de camp sous Matignon , fait déguerpir MontgommeiT de St-Lo , où il s'était renfermé avec 2,000 hommes ; nous favoiis vu cette même année suivre iMatignou à DomlVout, où il s'était réfugié Montgommerj'.

La sollicitude de Fervaques pour son pays ne s'était pas ressentie des démêlés qu'il avait eus avec les habitants de Lisieux , et dont son compétiteur Guy de Fumichon fut sans doute lu piincipale cause. A sa sollicitation, Fervaques fut érigé en bourg , par lettres

patentes du mois de mai Henri IV , qui avait reçu rhospitalité au château, tandis qu'il guerroyait en Basse-Normandie, établit en outre dans le bourg de Fervaques une foire et un marché.

Le 7 août 1605 , sur la demande des habitants de lisieux j le maréchal rendit une ordonnance contre les vagabonds et les bandits qui pullulaient depius les guerres civiles. Dix ans plus tard , une autre ordon* nance , datée du château de Fervaques , prescrivait des mesures h l'occasion des pestiférés.

Enfin , Tannée mémo de sa mort , en 1613^ il fondait à Lisieux un couvent de capucins, comme pour racheter par cette pieuse action le souvenir des dissensions religieuses dont il avait été le témoin trop complaisant.

Nous allions omettre pour le maréchal de Fervaques le plus précieux des ti moiguages. On a longtemps conservé au château de Grancey un billet autographe adressé à Fervaques par le roi Henri lY , en juin 1IS95. C^était avant la bataille de Fontaine-Française. « A cheval, Fervaques, lui écrivait le roi , l'ennemi approche; j'ai besoin de ton bras. Je suis Henri. »

Cette courte lettre, dit le président Bouhier, pour^ lait ôtre mise en paralltie avec celle qui nous reste de Brutus (1).

Le maréchal de ber\aques avait épousé, eu l»i58, Renée i'Évesqne de Marronnay , fille de François l'Évesque , seigneur de Marçonnay , en Poitou , et de Jacqueline Gillièr (2).

Ilenée FÉvesque de Marçonnay était digne par son intrépidité d'être la compagne du maréchal.

(1) Encsdopédie du XVIW iiédêt t. XVI, |i, 902, TCiim Grancey. \7) Le célèbre marédial de dérenibtiill était vm Gillier,

En 1592 y elle commandait le château de Grancey , où se trouvait en garnison une compagnie de cavalerie.

Le sieur de Vitray a\ant voulu s'en rendre mattre par surprise , la comtesse de Grancey sut déjouer ses projets et se maintenir dans ce poste important (1).

Trois filles naquirent du mariage de Guillaume de Fervaques avec Renée de Marçonnay. Ces trois filles étaient :

1° Louise-Marie de llautemer, mariée en premières noces à Jacques de Hellenvilliers, seigneur d'Avrigny (2), et en deuxièmes noces, le 23 mars lo93) à Âymard de Prie, marquis de Toucy, fils de René de Prie, baron de Toucy et de Jossine de Selles;

2*> Charlollc de llautemer, comtesse de Grancey, mariée à Pierre de Houxel, baron de Médavy, devenu comte de Grancey par son mariage ;

3** Jeanne de Hautemer, dame de Mauny, mariée en premières noces, le 8 mai 1579, à Claude d*Etampes, baron de La Ferté-Imbault, chevalier des Ordres du roi , chambellan de Monsieur, et en secondes noces à François de Caoonville, baron de Ratfetot (3).

Par une singulière fortune , la haute dignité du maréchal de Fervaques, dont le nom allait s'éteindre,

(i; Voir les MémoirtiS do Guillaume de Saus, seigneur de Tavaiines {année 1592;.

(2) Mézeray , i. lU , p. SS) de «on abrégé, nous dit ifae d'Avrillj, gendre du iMTéchal deFervaipies» était fils d*aa sergent de La Ferlé près Blob, qui par KM lulii, sa vais et sa danse, avait gagné la fiivcur de Fran^ de Valm» due d'AlençoD, ftère des rais François II, Ciiafies IX et Henri III.

(S) Les Canonville de Raflelot étaient, dit Saint-Simon, des gentilslioninwa riches, andcos et bien alliés de Hanle-Kormandie. RaiBetot est le nom d'on fiHage dn ^Oooèie d« Rouen.

LL MâBÉUUâL de FERVAQUEb.

devait renaître dans la descendaDce de chacune de ses

filles :

M.^* d'Ëtampes fut mère de Jacques d'Ëtampes , marquis de La Ferté->Imbault et de Mauny, chevalier des Ordres du roi, nommé maréchal de France en 165i , par l'entremise de Gaston d*Orléans , mort au château de Mauny, le 20 mai 1668 , âgé de 78 ans , et inhumé dans l'église de ce lieu (!);

La comtesse de Médavy-Grancey , deuxième fille du maréchal de Fervaques , eut pour fils , comme nous le verrons bientôt, le premier maréchal de Grancey, et pour petit^fils le maréchal de Castelnau;

Quant à la troisième fille du maréchal de Fervaques, Louise de Hautemer , mariée en secondes noces à Aymard de Prie, sa fille Louise de Prie devait épouser le maréchal de la Mothe-Houdancourt, duc de Cardonne, qui se trouvait ainsi cousin issu de germain des ma* réchaux de la Ferté-Imbault, de Grancey et de Castelnau.

Les belles duchesses d'Aumont , de La Ferté et de Ventadour, dont les noms se rencontrent si souvent dans les rdatîons de Tépoque , étaient toutes trois filles de la maréchale de La Mothe-floudancourt (2).

f1) Le marquisat de Mauny, situé dans la paroisse de ce nom, à U lieuea dr Rouen, était l'un des douze cités par Gabriel Dumoulin. Quant au domaioe de La Ferté-Imbault , il se trouve dans les environs de Salbris { Loiret-Cher) et contient ncltipllemenl 3,;!i00 hectares, avec un château princier.

L'arrière petit-hts du maréchal de La Ferté épousa, en 1733, la fille de la célèbre M"* Geofifrin. Devenue veuve à 21 ans, la jeune marquise, a rencontre de sa mère, se montra la constante adversaire des encyclopédistes. Ce Alt die qui. sous la dixectkHi de M** de Hflnan, fit une partie de Téducation de» vertnease» piioceaaes, •oeun de Louis XVI, M"«* Qotilde et Bfistbelli.

(9) La maiéchale de La Modie, mus dit Saiiit-8ii»ni, aaitanifeie petiteflile du maiédial de Souvié, goufeineiir de Louis XlII. H"« de Lansae, 8iaBd*inère de !!■* de La Modie, Ikit gouvcnaiile de Louis XIV. La unit*

La famille de Prie tirait son origine de Godefroy de Prie (en Nivernais), qui vivait en 1178.

Cette maison a fourni plusieurs personnages illustres, parmi lesquels on peut citer un grand pannetier et un grand maître des aijDaiétners de France. René de Prie , cardinal, évôque de Bayeux, vivait à la ân du XV' et au commencement du XYP siôde.

Le mari de M"* de Fervaques, Aymard n de Prie , était capitamc de cenl hommes d armes des orduiniauces du roi, et chevalier de ses Ordres. Il fut déput*; de la noblesse d'Auierre en 1614. Leur arrière petit-fils , Louis II, marquis de Prie , né le 9 mars 1673 , bri« gadier des armées du roi , ambassadeur en Sardaigne , fut attaché à l'éducation de Louis XY , chevalier des Ordres du roi , et lieutenant s^énéral en Bas-Languedoc. U tint, avec la duchesse de La Ferté , sa cousine , le jeune roi Louis XV , sur les fonts baptismaux. Son fils Louis in, marquis de Prie, né à Paris, le âS février 1720 , eut pour parrain Louis XV , et pour marraine la duchesse de Ventadour, sa parente.

Louis 11 de Prie avait épousé la fille du riche financier Berthelot de Piéneuf. Ce fut elle qui joua pendant deux ans un rôle si considérable , par l'ascendant qu'elle exerçait sur le duc de Bourbon , premier ministre. S'étanf alimié les bonnes grâces de Fleury , la belle marquise de Prie finit par se iaire exiler à sa

diale remplit la même chaige auprès des fils , petîts-tts et arrière petits-fib du giand roi; et apiès elle, sa Aile , la ducheise de Ventadour ; à cette dernière Mocéda 8a^te4Ule, la princesse de SoaUse^ qui cftda eilMttêaie sa plaw i la duchesse de IMiaid, sa fetMlle, ai bien foe eeUe Itadlle *iFwfl^ SfénéMtiflBs suuaasiIftB dans ceslosigiits tmelioBSi 8alit4lBMii y U IV, 9» \

Digitizod by G<.jv.' vi^

LE MARÉCHAL DE ffllVAQUES. 99

terre de Gourbépine^ en Normandie , où elle mourut de chagrin au bout de liS mois, à TAge de 29 ans. Le maréchal de Ferraques;, demeuré veuf , avec les

trois filles dont nous venons de parler, de Renée l'Evesque de Marçonnay, contracta, en 4599, un second mariage avec Anne d'Alègre, veuve de Guy XIX, comte de Laval, dont il n'eut point d'en£ants.

Anne d*Alègre était fille de Crîstophe , marquis d'Aigre (1) , seigneur de Saint-Just et d*Oisery , et d'Antoinette du Prat. C'était sans doute ce marquis d'Alègre qui avait sa principale demeure à Blainville près Rouen, et qui , fidèle à la cause royale sous la Ugue, parvint à se saisir du chftteau de Rouen, le 21 février 4S90 (2).

La comtesse de Laval avait eu de son premier mariage un fils qui semble avoir été l'objet des prédilection» du maréchal de Fervaques. Sully, parent de la comtesse, avait jeté les yeux sur le jeune comte de Laval pour sa fiUe atnée, Marguerite de Béthune, depuis duchesse de Rohan. H était même en parole avec le maréchal, lorsque le roi son maître , d abord favorable au comte de Laval, beaucoup plus riche que le duc de liohan , finit par se prononcer pour ce dernier, et fit rompre le projet d'union si cher à la maréchale (3)*

Ânne d'Alègre, après la mort de son premier mari,

(1) Le tnaniviiat d'Alègre» l*an dev douecitéf par Gebrid Dninooliii, ie tfoonit en Haate^omiaiidie.

(S) Pafana Gajel.— CShrono/^^ie novwtuârt.

(S) Ce Ait celle Maifueriie de BMlrooe , dncheHe de Rehtn» qui* peur se venger de sa fille «niqiie» qui avait éjj^Nisé ma%ré elle Henri de Cbabot « produisit, en 16&5, an garçon de 15 ans, comme vrai fils d*elle et du dnc de Rohan, et entreprit ce célèbre procès qui AUUit se Cenniner à son aiantage» {Ménu»it$ê de S»Uif,^€ib6.)

avait été nommée tutrice de ce fils. U est à croire qu'elle était en grande &veur à la Cour, car le roi lui avait fait don de plusieurs sommes considérables, par

lettres-patentes, données îi Tours le 8 mars 1^)90.

Après la mort du maréchal de Fervaques , Anne d'Aigre 9 sa veuve y à laquelle il laissait des biens immenses « dissipa follement ces biens dans la vaine espérance d'épouser le duc de Ghevreuse (1) , qui se contenta de pretidre une large pai l. dans la grande fortune de la maréchale , sans songer un instant à s'unir à elle (2).

On lit à ce sujet dans Tallemant des Réaux : « Cette dame était veuve sans enfants et riche de 200,000 écus. M. de Che\reiise fit semblant de la vouloir épouser. Elle en devint amoureuse sur celte espérance, car c'était une honnête femme , et s'en laissa tellement empaulmer, qu'elle lui donnait tantôt une chose tantôt une autre, et enfin elle le fit son héritier. Il envoya son corps par le message au lieu de sa sépulture. »

Non contente des sommes t^normes que lui avait laissées le maréchal^ et des avantages de toute nature dont il l'avait comblée , Ânne d'Alègro voulut , après la mort de son second mari, réclamer la moitié des acquêts faits en Normandie pendant son premier mariage, se fondant sur la Coutume de Paris , où son contrat de mariage avait été passe. Un airét du Parlement de Houeuj rendu en faveur de la comtesse de Médavy et de la marquise de Prie, sa sœur, la débouta de ses prétentions , par le motif que le maréchal avait toujours

(i) Claude deLomàm, due de Cberreue, qui époun la céUlive Marie de Kflliaii, veuTe du connétable duc de Laynet, mort en iSSi. (3) te iMbourtur^ additimisanx mémoires de Gaaldniu.

LE MARÊCHAt DE FERVAQUES.

demeuré en Normasidie, qu'il y avait sa principale terre et qu*il était lieutenant du roi en cette province (1),

On peut inférer de cet arrêt que , malgré l'importance de la terre et du château de Grancey, où le maréchal résidait quelquefois , le clultcau de Fervaqnes n'avait jamais cessé d'être son séjour de prédilection.

D'un autre côté, quelle ne devait pas ôlre 1 étendue du .domaine de Fervaqucs , s'il était supérieur à la terre de Gramuiy, avec ses nombreuses dépendances?

Situé dans la riche vallée de la Touques, entre Yimoutieio et Li»iea.\ , à peu pi ès à égale dislance do ces deux villes , le château de Fervaqucs , quoique mutilé dans les premières années de ce siècle, est encore digne d'attirer les regards do l'archéologue.

De l'enceinte et des fossés d'eau courante qui l'environnaient de toutes parts , il ne reste plus que deux côtés.

L'ancienne tôle de pont , qui a échappé à la destruction, consiste en un pavillon cari'é construit en hriques , avec chaînes de pierres , et couronné d'une corniche à corbeaux saillants , avec mâchicoulis.

La façade du chAteau, nous dît M. de Caumont

dans la Slalislique monumentale du Calvados ^ consiste en une longue galerie , flanquée de deux pavillons carrés. On y accède par un perron double, orné de quatre lions. La galerie centrale n'a qu'un rez-dechaussée élevé sur les offices, et son toit d'ardoises est rompu par des lucarnes de maçonnerie. Elle est consUuÎLc toute en bossages, ou têtes de diamants, entremêlées de briques rouges. La corniche à modiilons classiques rappelle la renaissance.

(1) Basoage» Coutume de Normandie commeHlée, t. 11, p» 74.

102 LES CrQÀI^G£¥ UAiSS LES ABM££8.

ÏAS deux gros pavillons carns sont élevés d'un étage. Deux corps-de-logis en équene, faisant aile en avant de la façade , s^apptiyent sur les deux pavillons dont ils fiont eontemporaÎD6« Toutes ces coostrucUoDS peuvent 6tre attribuées à la fin du XVI* siècle.

Entra Taile de Test et le pavillon d*entrée s'élève un corps-de-logis plus ancieu , rappelant la période ogivale. Les deux extrémités, légèrement en saillie, sont en pierre de taille. Des fenêtres à croix, à double acocH lade au linteau, garnies d'une grille annelée en fer randy au m-de-chaussée , édairent Tintérieur. Ces deux corps avancés sont couronnés par des gables dont les ram[i:itits , garnis de feuilles frisées, se terminent par des panaches.

La porte centrale est paiement en accolade avec feuilles firîsées, panaches et pinades sur les piedsdroîls. On a peint les armes des Hautemer sur un écu situé sous l'accolade. Deux ailes eu saillie régnent derrière ce corps-de-logis.

On montre encore au château de Fervaques la chambre oli séjourna Henri IV ^ en ftS90 , pendant le siège do Lisieui.

Les premiers àeigtienrs de Fervaofues dont on ait retrouvé la trace étaient de la famille de Bi ucourt , une des plus considérables de la province aux Xli" et Xlir siècles» Les llautenicr devinrent seigneurs de Fervaques, non pas comme l'a dit sous forme dubitative, par leur alliance avec la femille de Bardou, maift bien, croyons-nons , par le mariage de Jtan Jil de Hautemer avec Blanche (ie Groignes, «dans les premières années du XV* siècle.

A la mort du maréchal de Fervaques , sa fille aînée

LE MARÉCHAL DE i EU VAQUES. 103

Louise de Hautemer, que nous venons de \oir marife à Âymard de Prie ^ marquis de Touçy , devint prch

priôtaire de ce magniflque domaine.

Louis de Prie, leur ûls, le posséda après eux.

Ce dernier laissa deux filles , la macéchale de la Mothe-Uoudancourt^ duchesse de Cardonno^ et Charlotte de Prie qui , en 1639 , épousa Nicolas , marquis de BullioR, sieur de Bonnelles^ conseiller du n4 ^ COQV* mandeur de ses Ordres.

La maison de Bullion , déjà alliée aux BcUièvre, aux La Mothe-Uoudancotirt , aux La Fertô-Senneterre , aux Lamoignon, aux Nicolal, aux Brulart, devait contracter encore de plus illustres alliances , comme nous allons bientôt le voir.

Le père de Nicolas de Bullion fut ce fameux surintendant des finances si aimé de Ma2ariu et de la reins Anne d'Autriche , et iils sans 4pt^te iui-*môme du confident intime de Henri IV.

Saint-Simon nous a raconté sur le surintendant plus d'une anecdote piquante. C'était , du reste , d'après le même auteur, un habile ministre, estimé et modéré, et qui avait beaucoup d'amis.

«. Loi'squ'il fit laire les premiers louis d*or , il pria cinq ou six de ses amis à dîner, le maréchal de Citammont, le maréchal de Villeroy, les commandeurs de Jars et de Souvré , le marquis d'Hauterive et quelque autre encore. Au fruit , il fit servir cinq ou six t^^ius l'emplis de cette nouvelle monnaie et leur dit d'en remplir leurs poches et leurs chausses, et leurïs chapeaux même s*ili voulaient, et qiie tout ce qu'ils pourraient en emporter eux-mêmes était à eux. l'as un de la compagnie ne se fit prier et tous s'en foun.èreiU tant qu'ils

loi LE» GHANCEï DÂNb LES ÂUMELS.

purent, s'en allèrent à grande peine gagner leurs

cirosscs, et trouvèrent n'avoir jamais fait si bonne chère. Cette magnificence n'a pas été répûlée, mais on peut croire que, quoiqu'elle vînt du surintendant, la reine en avait pourtant eu la confidence (1). »

Le surintendant mourut subitement è Paris, le 22 décembre 1640. Guy Patin, en racontant eette mort avec quelques détails, nous dit que le cardinal Mazarîn, étuiil allé voir le surintendant à la nouvelle de son apoplexie, ne put retenir ses larmes à Taspect du moribond. « Solulus in lacrymiSy princeps purpuratus recmil (2). »

Parmi les nombreuses épilnphcs que la mort du surintendant inspiia à la malignité publique, ceik-d n'est pas la plus agressive :

Iqr deasoobz gist BnUion, A qui la taille et le taitlon ,

Et la Paulelte et la Gabelle, Passa pour une bagatelle.

Il établit le sou pour livre ,

Mais enfin Dieu nous en délivre (3).

Le surintendant fut enterré aux Gordelîers, auxquels il avait donné cent mille francs.

En 4651 , la marquise de Bnllîon était veuve et sa grande fortune lu luisait rechercher par les plus brillants partis.

La Mirepoix , h Bullion Riche de plus d'un m.iiion,

(I) Suint SioMiit AdéHhtt» ùMjainat d* Dangemu {ti Guy l*a|jn, leUie du Sfi décembre la&O. (9) ikouH âa ehÊuaokt dm icaijM»

nous dit Loret dans sa muse historique | figuraient parmi les veuves que ropinion publique donnait au maréchal de Lhospital (1).

M*' de BuiUûu mourut h Paris, le 1 i décembre 1700, Agée de 78 ans. Le Mercure galant , en annonçant sa mort, ajoute qu'elle était fort estimée de la reine-mère et du cardinal de Mazarin , et que c'était une dame de racritc qui avait fort brillé à celte cour.

Elle laissait deux fits qui portèrent Vûn et l'autre le titre de marquis de Fervaques.

L'un d*eux , Alphonse de Bullion , gouverneur du Maine, mourut célibataire, le 30 mai 1698. Il donnait par testament h la duchesse de Ventadour , sa cousine' germaine , la jouissance d'une terre de 14,000 livres de rentes. D'autres dames de ses amies n'avaient point non plus été oubliées dans ses libéralités posthumes. Telle était , du reste , Timportance de sa fortune, qu*il laissait encore des biens considérables à son frère, Charles Denis de Bullion , marquis de Galardon et de Fervaques, prévôt de Paris, et bientôt gouverneur du Maine, à la soiliritation de la maréchale de La Mothe, sa tante , fidèle protectrice de cette famille.

Ce dernier avait épousé JUarie-Ànoe Houilié de Meslay, femme, d'après Saint-Simon, d'une ambition et d'une cupidité peu communes. Elle poussa son mari à attaquer le legs fait h la duchesse de Ventadour, sans

(I) Le mavédial n*^^» ni « b llirefNrii, ni b BalUon » , ni dmi on ût antm qo^onlal donniiit en mtaie temp». Son choix se porta Mir une autre venve* Frnnçoiie U^mit, qui avait épousé en premières nooen Pierre de Poriea, li^soiier cl receveur général du Daupliiné« et qui veuve une seeoiide Ibis du nniédial de tliospital, flnit par devenir «eccèlemenl la femme de Je^n Casimir, roi de Pologne, inlramédans régitse de son aMiaye de Sl<Gemtaln> ^caMs» où rou voUencere «m looibeau. Saint SinBOii, t Vf, p. ISS.

d06 LEë GKANCET DANS VË& ARMÉES.

tenir aucun compte des bienfaits que cette dame et la maréchale de la Mothe, sa mère, avaient prodigués

aux Bullion et à elle en particulier. La cour cl la \Ule s'indignèrent de cet odieux procès, qui fut perdu aux acclamations de tous.

Cinq fils et quatre fiUes naquirent de c% mariage* L'une devint la duchesse d'Usés ; une autre épousa le prince de Talmont La Treroouille.

L'aîné des fils, Anne-Jacques de Bullion, marquis de Fervaqucs, fut, comme son père et son oncle, gouverneur de la province do Maine « et de plus chevalier des Ordres du roi.

C'est è lui qu'échut la terre de Fervaques , qui 4reçut par ses soins do nouvelles additions et de grands em» bellissemenls.

Le 14 mars 1708, le roi signait son contrat de mariage avec Marie-Madeleine-îlortense Gigault de Bellefonds, petite-fille du maréchal de ce nom, qui afipartient par sa naissance à la Normandie ; M*** de Bellefonds était fille du marquis de Bellefonds et de Marie-Olvmpe de La Porle-Ma/ u in , fille elle-même d'ilortense Mancini , la célèbre nièce du cardinal.

M"" de BeUefi>nds avait 100,000 écos assurés par ce contrat. Quant au marquis de ï'ervaques , il possédait, nous dit Dangeau, un bien prodiffieux.

Trois filles sortirent de ce mariage. L'aînée , Maiie- Anne-Étiennette de Bullion, épousa , en 1734, Charles- Aimé-Sigismond de Montmorency , duc d'Glonne. La seconde , Jacqueline-Hortense de Bullion , fut la femme de Guy André-Pierre de Montmorency-Laval , et la troisième fut mariée à Paiil-Louis , duc de Beauvilliers.

A~ la mort du dernier marquis de Fervaques le

château de Fervaques, avec la plus grande partie iks immenses domaines qui en dépendaient, fut acquis par Mélanie de Sabran, veuve du marquis de Custine» une des victimes de 93. Après elle, Fervaques fut possédé par le marquis de Custine, son fils, auteur de plusieurs livres de littérature et de voyages. Ce dernier, ayant perdu sa jeune femme et son fils encore au berceau, abandonna le séjour de cette terre, et bientôt après la vendit en détail.

Le château, avec quelques domaines voisins, fut acheté, en i8dl, par H*^ la marquise de Portes et appartient aujourd'hui à M"* Alfred de Montgommery, sa fille.

Le comte de Montgommer)', par ses récents succès sur le turf, vient d'ajouter une illustration d*un genre nouveau à ce vieux nom de Fervaques , qu'il a donné au vainqueur du grand prix des courses du bois de

Boulogne.

Jacques m, ROUXEL»

Jacques Rouxel) troisième da nom, comte de Médavy et de Grancey, maréchal de France, gouverneur de Tbîon ville, etc., chevalier des Ordres du roi, naquit au

château de Médavy, le 7 juillet 1G03.

Quoiqirn ne fût que le dixième enfant de Pierre 1" de Rouxel et de Charlotte de Fervaques, à lui seul il était réservé de perpétuer le nom de ses ancêtres, qu*ii enrichit encore d*un nouvel éclat.

Comme plusieurs de ses devanciers, il fut d*abord destine à TEglise, et le vendredi 21 septembre 1012, à Tâge de 9 ans , il recevait la tonsure dos mains de Mgr Suarès de Ste-Marie, évêque de Séez, en même temps que ses deux frères François Rouxel, devenu archevêque de Rouen, et Guillaume, mort peu de temps après.

A peine Jacques de Médavy était-il âgé de 13 ans, que, devenu Tainé delà famille par la mort d'André, d'âenry et de Guillaume, ses frères, il était destiné à la carrière des armes, et obtenait du roi Louis XIII,

le 27 mars 1616 , la commission d*irne compagnie de chevau -légers composée de 50 hommes.

Trois ans après, le 17 mars lGi9 , âgé de moins de 16 ans, il était nommé gouverneur d'Argentan (I).

On était alors au plus fort de la petite guerre des Mécontents, auxquels s'étalent joints les partisans de la reine-mère.

Le roi Louis XIII so mit, avec le duc d'Orléans, son frère 9 à la tête de huit mille hommes de pied et huit cents chevaux pour aller soumettre la Normandie ; il arriva le 13 juillet 1620 dans la ville de Caen qui s'était prononcée en sa faveur, mais dont le chftteaii réhistait encore, sous les ordres du capitaine Prudent. Le roi vint en personne sommer le commandant de rendre la place assiégée par les sires de Praslin et de Créquy. Prudent so montra digne de son nom en capitulant le surlendemain.

Ce fut à ee siège que Jacques de Médavy fit ses premières armes. Le reste de la campagne, il buivit l'armée royale à Angers , dont le combat du Pont-dfi-Cé ouvrit bientôt les portes au roi.

Il fiiut croire que les débuts de Médavy dans ces deux affaires avaient inai^uré brillamment sa carrière, car Tannée suivante , il recevait du roi une pension de mille écus et la mission de lever un régiment. Ce régiment, composé de dix compagnies , fit le plus grand honneur à son jeune colonel , et lui valut tes oojm* plîments du roi et du cardinal. La plus belle noblM^ de Normandie, hous dit Laotour-Montfort , avait tenu à honneur d'en faire partie , et 1 on n'y avait «jidmis que

(1) Ce gMiTernement, qui ne lui fat pM Sh lor» eonSét «n itkùn d« mù «trême jernieese, hil Ait itadii le IB juin IMS.

LE MARÉCHAL DE GRANCElf. 114

des hommes de ehoîi. Aussi le régiment du comte de <iranoey fit-ll brillamment les caro|»e^nes de l^iémont

La balailic de Tui in , le siège de la iloclielle en 1628, le siège de Casai en 1029, la conqiiôte de )a Savoie par le roi ea furent lour à taur lémoias de la

valeur de nos braves Nonnanda.

En 1632, le comte de Grancey «était âége de Tfè%*e8 ; en 1635 , à la bataille d'Aveln ; en i6d6 , au combat d'Yvoy et au siège de Saverne, où il recevait une blessure. C'est à ce siège que le roi le Donama maréchal de camp. Le duc de Weimar , qui commandait en chef les troupes françaises , prit en telle estime le eomte de Grancey , qu'il voulait que tous les ordres fussent donnés par lui et que ses officiers lui obéissent comme à lui-môme. Grancey fut en outre fait gouverneur des villes y citadelles et comtés de Montbelliard , Porentruy , pays de BAle en Suisse, comté de Beffort et autres lieux voisins (1).

Un trait d*audace du comte do Grancey, qui rappelle les exploits les plus héroïques de la féodalité et des temps antiques, est rapporté en ces termes par l'Encyclopédie du XYII^ siècle :

€ Lorsque Galas , généi'ai des impériaux» fit une irruption dans la Bourgogne , en 1636 , l'armée fran* çaisc fut obligée, en se repliant, de passer la rivière de Tillet , au pont de Spoi, près de Lux. Le comte de Grancey, qui coauuandait rarrière-^garde , pour amuser kg ennemis iit une action d une valeur ntraordifBatns.

« Poussé par plusieurs escadrons de cavalerie , il fit sa retraite au pont de Spm et se vit abandonné de rinfanteiie devaaL le défendre; à la faveur des baies

(i) Mercure geUantf année 16B1, p. 15à à 470,

qui le bordaient, ayant passé ce pont, il se trouva seul contre CCS escadrons; il tua d*un seul coup de pistolet

le cheval de celui qui le pressait de plus près , et ce cheval étant tombé mort sur le pont, Grancey , 1 epée à la maiO) y disputa le passage, soutenu d'un seul cava^ lier : ce fut un spectacle singulier que de voir deux hommes arrêter mille chevaux. €ette résistance donna le temps à quelques ofBciers d iufantej ie de ramener des mousquetaires, qui tinrent en bride les ennemis, jusqu'à ce qu'on eût fait ûler le bagage qu'on était résolu d'abandonner. B renouvela ainsi la belle action du chevalier Bayard et celles d'Horatius Codés (1). »

A peine Grancey étaît-il nommé aux gouvernements dont on vient de parler, qu'il lit lever le sié^-e d'Héricourt, investit et battit Ste-Urfane, à la vue des ennemis, et força la ville en peu de jours. Les habitants et la garnison s'étant retirés au château , il les força à capituler. Il eut le genou cassé au siège de St-ûippolyte.

Le 49 mai suivant , il se signalait en Flandres par une nouvelle action d'éclat. Avec 60 chevaux et 200 mousquetaires, il s'embusque dans un bois près de la ville de Lille, détache au point du jour 15 cavaliers chargés d'enlever la bétail dans le voisinage ; Falarme se répand dans la ville , qui fait sortir 80 chevaux et 250 mousquetaires h la poursuite de ce petit détachement. Entraînés jusqu'au buis uù se tenait embusqué le comte avec sa troupe , ils y sont vigoureusement assaillis et laissent sur le terrain les deux tiers des leurs. Grancey n'avait perdu que 10 hommes , mais il eut beaucoup de blessés (2).

(1) Encyclopé^fic fhi \VIU* siècle, L XVIII, p. 50J, r Gharcst. (S) Pioaid» Chronologie liisiorique el mUitmr$*

LE MARÉCHAL DE GnANGEY* 113

Au printemps de l'année 1639 , le marquis de Feuquîères, Manassès-de-Pns, lieutenant général, ayant été char^ du siège de Thionvillc, avait le comte de

comle de Granccy cl M. de Saint-Puul pour maréchaux de camp. Le marquis de Praslin , niestrc de camp général , commandait la cavalerie , et M. de Saint* Aoust rartillerie. L'entreprise était dîfQcilei surtout avec les faibles ressources du général ; mais c'était une diversion pour favoriser le siège de Desdin , qui devait se faire sous les yeux du roi, en présence de Uicliclieu, et sous le commandement du maréchal de la Meiilcrave, son neveu.

L'issue n'en fut point heureuse. Les eunemis , sous la conduite de Ptcolomini , attaq.uèrent la petite armée de Fcuquièrcs, presque au début des opérations du siège. Le comte de Graiicey reçut le commandement du quartier de Navarre, dont faisait partie le régiment de Graneey-înfanterie. Le marquis de Praslin avait ordre de le soutenir avec sa cavalerie. C*est sur ce quartier, situé sur la route de Luxembourg , que se porta tout l'effort de l'ennemi. L'infanterie montra une grande solidité, mais la cavalerie abandonna ses ofûciers à la première décharge , et jeta partout le désordre. Tous les efforts du marquis de Praslin furent impuis^ sants pour Tarréter dans sa fuite.

La confusion fut telle que Bussy-Rabutin , qui eut ensuite à lutter contre Fenncmi, lit d'abord tirer sur le régiment de iSavarre , contraint de se retirer dans son quartier par la défection de la cavalerie.

Vivement irrité de cette lâche conduite, le comte de Grancey, après en avoir vainement exigé une punition exemplaire et imiuûdiate, refusa de preud - c

Id4 LES giulncey dans les armées.

commandement en chef que voulait lui confier le marquis de Feuquières, atteint de blessures graves dans la mêlée; telle était Tindignation du comtc^ qu'il s*élait TU contraint de donner des coups de plat de sabre à des officiers de cavalerie, pour les faire aller an feu (1).

Le combat recommença le soir sans plus de succès ^ et sans que le marquis de Praslin parvînt à faire reprendre du cœur à sa cavalerie. La déroute fut donc complète, et des 4,200 hommes commandés le matin par le comte de liusoy-liabuLii], d peiuc lui en restait-il 400 le soir.

Le croirait-on ? Richelieu s'efforça d'atténuer l'humiliaUon de cette funeste journée en faisant mettre pour quelques jours à la Bastille, non-seulement le marquis de Praslin, dont la cavalerie s*était si mal comportée ,

mais encore le cuauo de in'.uicey , dont le régiment d'infanterie avait vaillamment combattu , et qui avait fait des eilbris désespérés pour arrêter la cavalerie dans sa fuite (2) 1

La malignité publique n*épargna ni le général en

chef, qui pourtant avait été plus malheureux que coupable , ni le marquis de Praslin, dont la cavalerie s'était si tristement conduite ; le comte de Grancey n'eu reçut aucime atteinte, et eu fut quitte pour une courte captivité , ce qui ne Tempécha pas, il ans plus tard, d'être fiiit gouverneur de ThionviUe.

(1) Pinard va ju9qa*ji dii« que le comie deGmccy taa foelquet fnyanls de sa propi-c main, poar wtèier Iv» ttiiires» ee qucraol asia j^robable

sa boiiilInDlc' valeur.

(2) 'Vie de àlait.issè'^ dt; Pas, dans les Mêmoiies du marquis de Feuquièi'ei, l.If p« 147 Ù200, QlAlèmoùvs de Uussu-HuùutiUf aunto 1C39.

LE HARÉGUàL DE GRàMCBY.

Au siège de Thionvillo il y avait uu général Qui croyait prcivlrc la ville | Mais il s'en acquitta mal.

Praslin avec ses timballes, Dont on faisait tant de cas, Il a dit troussez nos malles Et n'oubliez pas nos plats :

Ils sont d'ai^ent Guiilemette

Le courage du comte de Grancey eut une raeillcure fortune lors de la prise d'Arras, en 1640. Le maréchal de Châtillon , qui commandait en chef h cette dernière affaire, écrivait au roi que « le comte de Grancey s*y était exposé avec grande vigueur et a0ec- Uon (2)" »

Au mois de mai 164! , le duc Charles III de Lorraine avait signé avec la France un traité d'alliance contre la Maison d'Autriche , consentant à ce que le roi prit possession de tous ses états, s*ii contrevenait à la parole jurée.

Malgré la solennité de cet engagement , quelques mois s'étaient à peine écoulés que la versatilité du ^ince Tavait jeté dans le parti des impériaux. A h nouvelle de cette défection, le roi envoie en Lorraine le comte de Grancey , à la tête d'un corps d'armée, pour s'emparer des états du duc, en exécution de la dernière clause du traité d'alliance.

(1) ChoMom Hu tempu

(S) Uasseville, Histoire de Ifcrmntulk, t. VI, p. iSO.

lie LES GRANCEY DANS LES ARMÉES.

Granccy n*avait que six mîllc hommes et quelques canons , mais avec ces forces il parvint en peu de temps h rMmvc la province en l'obéissance du roi. Bar-le-Duc, S(*Michel , Pont<à-Alousson , Epinal ^ et vingt autres places tombèrent successivement en son pouvoir.

Le 27 janvier 1642 , Granccy reçoit la mission de lever un ri'gimont de cavalerie, piiia il revient en Lorraine, d'où il est envoyé en Franche-Comté.

A peine arrivé y le comte apprend que le baron de Cé y gouverneur de cette province , assiège le château de Ray-sur-Saône, défendu courageusement par Y ve, chcvau-léi^cr de la garde du roi. Résolu de le secourir, il se met immcdialement en marclic, et, ù la faveur du bois dont le pays est cou vert , il pénètre jusqu'au camp des Bourguignons, sans que ceux-ci prennent ralarme ; il range sa troupe en bataille dans la plaine, et fond si brusquement sur Tennemi , qu'il le met en déroute , lui enlève deux pièces de cajiuii, ses bagages, et lui tue 2Û0 hommes.

Le baron de Cé parvint à se sauver , mais le baron de Vôle fut tué. Montaut et Beaujeu, son 61s, Grarompnt et Mandré , gouverneur de Besancon , furent faits prison niers (I).

Après ce hardi coup de main, le comte renvoya ses troupes en Lorraine pour s'opposer aux sorties de la garnison de la Molbe.

£n 1643 , IL était avec le grand Condé à Rocroy , et Tannée suivante avec le duc d'Orléans à Gravelînes, dont le iTouvcriicnicut lui fut donné le 30 juillet 1644. Il y resta le resle de cette campagne et la suivante y

(i) MiméiHê <tê MoMgUa • année I0(3«

LE MARÉCaUL D£ GRANCBY.

après s'être démis de son r^iment de cavalerie. Le 25 avril 1645 , le roi concédait au comte de Granoey tous les biens ayant appartenu au roi d'Espagne dans rétendue de son gouvernement de Gravelines.

Le 27 novembre i646, il fut fait lieutenant général, gouverneur du fort Philippe, et commandant en chef de l'armée de Flandres ^ en Tabsence du maréchal de Rantzau. Il demeura à cette armée les deux années suivantes.

Cette campagne fui pour le grand Condé roccasion d'un nouveau triompiie puisqu'elle se termina par la victoire de Lens, où Grancey sut se faire remarquer à côté du prince : « Vous brave ViUequier ^ les deux La Ferté , d'âocquincourt , Grancey et toute la généreuse noblesse du royaume , qui avez exposé généreusement vos vies, sous les commandements de ce généreux prince, imitez ses vertus et défaites les ennemis du roi 9 , s'écrie l'historien de cette bataille , livrée le 20 août 1648 (i).

En 1549 se place un des faits d'armes de Jacques de Grancey , le combat de Brie-Comte-Robert. C'était au plus fort de la Fronde : le prince de Marsillac ( si connu depuis sous le nom de duc de La Rochefoucault), le marquis de Noirmoutiers (un La Trémouille), le marquis de SîUery, beau-frère de Marsillac , le second fils du marquis de Duras , et le marquis de Yitry, dans le but de ravitailler Paris, étaient venus jusqu'à Brie , à la tôle de unze escadrons, pour escorter un grand convoi de blé et de farine. Le comte de Grancey en ayant été

(!) La bataille de Lens^ par Isûac de !a PpyrtTC. Paris, i649, in-f* de 22 p.| dlé par la BildioUiique historique de frauctt U II, n"* 22, 2b9.

118 LfiS GRAMCEt DANS LES ARMÉBS.

informé ^ marche aussitôt à leur rencontre pour leur barrer le passage. Avertis à temps » MarsiUae et Yitry foDt diriger leur convoi sur Brie et oherchent è éviter le comte; mais celui-ci les poursuit avec tant de diligence qu'il parvient à les joindre près de (-ervon. Le brouillard était si épais que les deux parties étaient à vingt pas l'une de l'autre sans s'être aperçues. Le choc fut si rude qu'il resta une quarantaine de morts sur la place, dans chacun des deux rangs. Les frondeurs mis en désordre furent refoulés jusqu'à deux lieues de là. Sillery renversé dans la mêlée fut fait prisonnier , et Marsiilac en fut quitte pour un coup de pistolet dans répanle.

Grancey ne s'en tient point à ce premier soccès; secondé par le commandant de Montedair, gouverneur

de Dûurlens, il s'empare du château de Lésigny , appartenant au duc de Luynes , se saisit de Villemenon et met le siège devant Bne-l omte-ttobert ; il fait dresser une batterie à Taide de laquelle une brèche est pratiquée; au bont de deux jours la ville est à sa merci et le lendemain le château battu en brèche se rend à discrétion (1).

Cependant, des troubles ayant éclate en iNonnandie, et le comte de Matignon s'étant déclaré pour la Fronde, le cardinal envoya Grancey en qualité de lieutenant général pour le roi en cette province. Cette nomination avait lieu le 29 janvier 168©. Six mois après, le 42 août, Matignon ayant été arrêté, M. de Grancey obtint le commandement générai de la Normandie.

(1) Mémoires Ae MoD^hU de La Rocliefoucaull, et Journal anonyme t manuicrit Ue la iiiblioUicque impéiiaie, 10,273, 1. 1, p. 264 à 308»

Digitizod by G<.jv.'^<^

LE MARÉCHAL DE GfiAKGEt. il9

Dès avant cette époque, ses services avaient été assez remarqués de la reine-mère et du cardinal pour que celui-ci lui eût promis le bâton de maréciiai, en même temps qu'au marquis d'HocquiDcourt, son beaufrère, et à La Ferté-Imbault, son cousin genmdn.

Aussi , quel ne dut pas être le désappointement du comte de Grancey, lorsque , le 5 janvier 1651 , il ne se vit pas compris dans la promotion qui élevait ces derniers au maréchalat, en compagnie de trois autres lieutenants généraux;?

Si nous en devons croire Honglat, Grancey en conçut un tel dépit <r qu'il partit aussitôt pour son gouvernement de Gi avelines , en disant tout haut, au sortir de chez la reine, que les Espagnols seraient bien aises de ravoir Gravelines. »

Ëffrayé de ces menaces, toujours d'après Monglati le cardinal lui aurait envoyé en diligence le bâton.

La politique cauteleuse de Mazarin , non moins que la brusquerie militaire du comte de Grancey, donneraient un caractère de vraisemblance au témoignage de Mongiat, si son allégation n'était isolée , et même en contradiction avec celle de Loret, qui semble attribuer à un autre les menaces prêtées au maréchal de Grancey. Voici, en effet, en quels termes le gazetier de la duchesse de JNemours annonce à sa protectrice la nomination des dnq maréchaux :

« La reine a fidt en abondance De nouveaux maréduutz de France :

De Grammottt et les denx Ferlés Entre ce» gens là sont comptés , Le grand Grancey de Normandie Et d*llo6i|U)ncourt de Picardie}

Et même M. du Daugnon , Le quel a numdé, plaise ou non , En jurmt et parlant en maître , Qu'abeolumeni il whiUnt l'être ^i), »

Ce qui résulte clairement de ces deux ver siuns , c'est l'empire que devait exercer la crainte sur les faveurs du cardinal. Sur ce point le doute n'est pas admissible : nous en avons d'ailleurs pour garant le passage suivant des mémoires de la duchesse de Nemours:

« ils savaient que , pour déterminer le cardinal à ce qu'on désirait de lui , il ne fallait que le maltraiter et le menacer; que d'ailleurs il n'était sensible ni aux offenses ni aux services i qu'il n'était ni cruel ni méchant ; que par dessus tout cela, également avare et faible^ il ne pouvait se résoudre à faire du bien qu'à ceux qui lui avaient fait ou lui pouvaient faire du mal ; qu'enfin pour pouvoir obtenir quelque chose de lui , il fallait s'en faire craindre , puisqu'on le menaçait ra« rement sans succès (2). n

Qud qu'il en soit, nous lisons dans la GazêitBy à la date du 28 janvier 1654 : « Le maréchal de Grancey , après avoir assuré son pfmvernement de Gravelines contre les desseins des ennemis et fait achever la démolition de Bourbourg, est venu recevoir de la main du roy le baston dont il a été honoré par leurs majestés , entre les mains desquelles, le 22 de ce mois, il presta le senooent , avec de notables marques de

(1) hamtf Mmm» Mttori^f lettre 9 j dtt S janvier 16S1. Da IHnigiion ne ftit fiiit maieclial de Fiance, lovi le nota de Foucault , qa*aamois

tfavril 1653.

(2J Mimmra dt lu duchtsêe àelfmtmn, aiméè MiBt

LE MARÉCHAL B£ aRANCEY. 121

restîme qu'elles, fusaient de. sa valeur et de. sa fidé-, Kté »

Âprte rarrestatîon du prince de Gondé, le duc

d'Orléans s'étant entièrement brouillé avec la cour et refusant de siéger au conseil de régence dont il était le chef, la reine-mère députa vers lui au Luxembourg les ducs de Vendôme » d'Ëibeuf, d'Épemon, et les' maréchaux de Grancey et d'Hocquincourt pour essayer de l'amener à un accommodement; à quoi le duc répondit « qu'il remerciait ces messieurs de leurs politesses y mais qu'il ne pouvait retourner au palais royal avant que les princes fussent mis en liberté, (â). »

I^e maréchal de Grancey , dont le dévouement à la reine ne se démentit jamais , trouva bientôt Foccasion de lui en donner une nouvelle preuve. Mazaiin, en butte à l'animosité de plus en plus prononcée des frondeurs, avait été contraint de s'y soustraire un instant par l'exil. Le maréchal abandonna son gouvernement de Gravélines et se dirigea sur la Normandie pour y lever des troupes et favoriser le retour du cardinal. Son absence fut fatale à ce gouvernement. L'archiduc, proiitant de l'absence du gouverneur , fit une entreprise sur Gravélines et s'en rendit maître en 1652. Mais le cardinal , touché du dévouement du maréchal et voulant rindemniser de cette perte, lui donna avec la promesse du gouvernement de Thionville une somme de cent mille livres.

Le maréchal de Grancey, qui avait suivi la reine sur les bords de la Loire avec les troupes levées par lui

(1) Gazette du 28 janvier i651.

(2) Mimaira de Gwjf Joljf , aonée iSôi*

1S3 LES GRAXtm DANS LES kBMÈSS

en Nonnsnâie, ne lut pdDt étranger aux sucA de l'année royale pendant cette campagne dédsiye, où la ftutune de Gondé parut un moment remporter. Noos

le voyons assister, au commencement de février 1652, avec les maréchaux de Vilieroy et de Praslin, aui prières dee quarante heures qui se disaient à Saumur pour l'obtention de la paix, en présence du roi, de la Tfine^mère et de Monsieur, frère du roi (4).

Le 25 avril suivant , il était retourné à Calais pour presser l'armement de trois vaisseaux destinés à secourir Gravelines (â).

Gomme il avait pris part aux périls, le maréchal •Hait bientôt assister aux triomphes.

Le 21 octobre 4dS2, le roi rentrait h Paris, aux acclamations de la population. Quelques mois plus tard, c'était le tour du cardinal. L'hôtel-de-\ille , voulant fêter son retour, lui offrit un banquet dont k GaxetU nous a transmis la description : « S, £. fut conduite dans la grande saDe , expressément parée de fort belles tapisseries, oti après une demi-heure d'entretien, le poisson le plus exquis de la saison fut servi sur une table longue, à 40 couverts, à laquelle S. Ë. fut accompagnée des ducs de Guise et d'Arpajon , des maréchaux d'Estrées, de Vilieroy, de Grammont, de la Mothe-Houdancourt , de Senneterre, d'Aumont , d'Hoe* quincourt , de Graiicey , du comte Servien , du sieur Fouquet, surintendant des finances, de Le Tellier , secrétaire d'État, de six conseillers de ville, et trois quarteniers (3).

(1) Guiette du IS février 1052.

(2) Id. du 25 février !652.

(S) U, 4eia6S,p.d39.

L£ MÂA£CUAL DE (»IAMCE\. 123

Désomafg débamseé des ennemis du dedans, le

cardinal pul porter tous ses efforts contre les impériaux.

Le 34 juin 4653 , Hocquincourt , beau-frère de Grancey , quittait Paris pour aller commander l'armée de RoussiUon et de Catalogne.

Le maréchal de Gastelneu, alors Ueutenant gtoéral, son neveu , commandait Tarmée de Flandres , où il se conduisit si vaillamment.

Quant au maréchal de Grancey, il fut investi du commandement en chef de l'armée de Piémont (I).

Parti de Paris lé 24 août 1683 , il arrivait le 10 s^temhre à Rivoli , où le duc de Savoie et 11^* Royale lui firent une magnifique réception. Le lendemain matin il fut conduit dans l'appartement que lui avaient fait préparer ses augustes hôtes et pendant huit jours il fut Iftté , à tour de rôle , par Tambassadeur de France et les principaux officiers de nos troupes.

Il avait pour lieutenants généraux le marquis de Ville

(1) JLoiei ii*a gaide «Tomettie dm n Gazette te 4«ptrt du maiédiali son eonintrtote» et raflUctioa de la marftcliate , à laqneUe rattadiafent le»

« Le aiwr nuMid do Graocej, Qai Jadb «nt audiit o*ft«i«é, Sa iHMit !■ Cm ioi« nn natliit) La naton rtjuit fait uStN Pniq«*aiiHi Ser qa*«a RodooMiit, SVn Ta commander en PiéaMDt El d'Hocquincourt cd Catalogne, Qai o'ett pa« petite betogae.

Si sa très-aimable moitié.

Oigne d'ooe eitrtme amitié , Pwir MW abMBca atmi CMpive* n Mt lapeiiii de le dim »

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