‹ Familles illustres de NormandieChapitre 21 sur 50 · LE COMTE PIERRE H DE ORANCE · texte numérisé non relu

LE COMTE PIERRE H DE ORANCE

père , qui commandait en chef rarm<^e de Piémont.

D'après Moréri , la famille de La Palu-Bouligneux , originaire de la Bresse , tenait un des premiers rangs dans cette province et était fifeonde en grands hommes. Ses alliances avec les Saulx-Tannes , les Damas-Thianges, les Clairambault, les Rochechouart , suffiraient pour justifier cette assertion.

Lachesnaye-Desbois fait remonter leur généalogie à Pierre de La Palu, seigneur de Varembon , qui vivait en Ce devait être un puissant seigneur, puisque, dès l'an 1000, il levait à ses dépens trois mille hommes de pied et quinze cents lansquenets , à la tête desquels il allait secourir le roi de Provence (i).

Un des personnages les plus illustres de cette ancienne famille fut sans contredit Pierre de La Palu ( Paludanus ou Petru» dô Palude) , célèbre docteur de Sorbonne , de Tordre de S. Dominique , et patriarche de Jérusalem au XIV* siècle. D étdt fils de Gérard de La Palu , seigneur de Varembon et autres lieux. Il enseigna la théologie à Paris avec réputation et fut fait patriarche de Jérusalem par le pape Jean XXil , en 1329. Il alla aussitôt en Palestine , d'où , étant de retour en i331 , il n'oublia rien pour fiiire entreprendre une nouvèUe croisade contre les infidèles ; mais il ne put y réussir, r mourut à Paris, le 13 janvier 1342. On a de lui des comniuntaires sur le Maître, des sentences et d'autres ouvrages (2).

Le père de la comtesse de Grancey , Jean de La Palu, avait été l'élu de la noblesse du duché de Bour-

(1) Mercure de France, septembre 1685, p. 95.

(S) Dietiomunr* kûuniqw par Fabbé Ladmatt nouteUe édîtkMk, 1745.

gogne en i630; il était fils de Jacqpietine de Sauh- TaTOnnes et petit-fils de Jeanne Glutin (1).

La Chronique historique et militaire de Pinard mentionne, paimi les officiers généraux de l'époque, trois membres de cette famille, contemporains de Pierre de Grancey.

C'est d'abord Jacques-Claude de La Palu , comte de Bouligneux , probablement Toncle de M"* de Grancey, mort le 20 novembre 1692 , âgé de 78 ans. Nommé

capitaine de la compagnie des 200 hommes d'armes de la reine-mère , il fut fait maréchal de camp le 22 septembre 1652. D'après Moréri, il aurait été lieutenant général des armées du roi.

Étienne de La Palu , comte de Meilly , puis de Bouligneux, après la mort de son père, servit d'abord comme volontaire , en 1646 , au régiment du colonel général de la compagnie, fut fait colonel du régiment de Normandie le 15 mai 1657 et brigadier le 15 avril 1672. 11 mourut, en 1674, d'une blessure reçue au siège de Woerden (2).

Louis de La Palu, probablement fils du précédent, comme ce dernier fut d'abord connu sous le nom de comte de Meilly, qu'il changea ensuite en celui de comte de Bouligneux. Entré comme lieutenant au régiment du roi , en 1 682 , il y eut une compagnie le 7 janvier suivant , et obtint le régiment du marquis de Montpezat le 26 mai 1684. Nommé brigadier en 1693 , il prit le titre de comte de Bouligneux. Le 29 janvier 1702 , il fut fSedt maiédial de camp , et le 10

(1) hafaéûm de SbvIx éUiil fiUe de PMIippine Banldot deGlairambanlt. (S) Ce deralt èut U friie de la oomlcne de Granoej;

biyilizûQ by GoOgI

LE COMTE PIEiUifc. Il DE GRANCEY.

février 1704 , lieutenant général des années du roi. U fut tué au siège de Yérue, le U décembre de la

même année , sous le commandement du comte de Médavy, son cousin.

D'un courage à toute épreuve et d'une ardeur invincible, le comte Louis de Bouligneux se fit souvent remarquer parmi les plus intrépides. Eu 1686, au siège de PhiKpsbourg, bravant les ordres formels du roi, il s'élança à l'attaque de l'ouvrage à corne, quoique son régiment ne fût point commandé pour cet a^iaui. Une courte captivité au fort Louis fut la punition de son indomptable valeur.

En 1690, sur le bruit qui s'était répandu d'un engagement procbain, il quitte l'année du maréchal de Boufflers et se rend au camp de Mengen, d'où l'on a toutes les peines du monde à le faire rejoindre son corps.

Le 14 avril 1702, le maréchal de Tesso, secondé par la bravoure du comte de Bouligneux , remporta à * llantoue un avantage sur les Impériaux. Cette fois encore, Louis de La Palu s'était volontairement offert au feu de l'ennemi. Après l'engagement , le maréchal gronda fort ces braves, au iiombio desquels se trouvait son fils , (( d'avoir été ainsi faire les carabins et de s'être jetés à l'eau comme des barbets ; » mais il iiuit par les embrasser (1).

(4) Louis de La Palu ivait nu In rc cadet, colonel d'infanlerie, qui se distingua lieyucoup au siège de Barcelone et mourut le 13 murs 1698.

Son frcrt :iin<^, Bernard de La PaJu, marquis de Bouligneux, (■lait mort à Paris, de la petite vérole, le 25 août 1685, à i'àge de 23 ans. Le marquis de Bool^neiix aitil été èleré auprès du grand Dauphin et nomnrà capilrise de ctfalerie dans le légiment du commtaaire gèDtoaL Le martnis Tenait de Sgoior dans le dentier eanonsd» ionqu*il tai surpris pur la nuwt Wbitni«f de Ikm$«m et Bkremn de Frmue, scpteoibre 1685, ph 95.

Saint-Simon raconte une bien singulière anecdote sur le comte de Bouligneux , tué au siège de Vérue ;

a Bouligneux, lieutenant général , et Wartîgny, maréchal de camp , deux hommes d'une grande valeur mais tout à dît singuliers , furent tués devant Yérue. On avait fait l'hiver précédent plusieurs masques de cire de personnes de la cour , au naturel , qui les portaient sous d'autres masques , en sorte qu'en se démasquant on y était trompé en prenant le second manque pour le visage, et c'en était un véritable tout différent dessous; on s'amusa fort à cette badînerie. Cet hiver-d , on voulut encore s'en divertir; la surprise fut grande lorsqu'on trouva tous ces masques naturels , frais et tels qu'on les avait serrés après le carnaval, excepté ceux de Bouligneux et de Wartigny , qui , en conservant leur parfaite ressemblance , avaient la pftleur et le tiré de personnes qui viennent de mourir. Ds parurent de la sorte à un bal et firent tant d'horreur qu'on essaya de les raccommoder avec du rouge , mais le rouge s'effaçait dans rinstant , et le tiré ne put se rajuster. Cela m'a paru si extraordinaire que je l'ai cru digne d'être rappmié ; mais je m'en serais bien gardé aussi , si toute la cour n'avait pas été y comme moi , témoin et surprise extrêmement, et plusieurs fois, de cette étrange singularité. A la fin, on jeta ces deux masques (1). »

Disons maintenant un mot de la famille de Gabrielle de Damas-Thianges , mère de la comtesse de Grancey.

Le P. Anselme la fait remonter à Ëlziran de Damas, chevalier, seigneur de Gousan, en Forez, qui vivait en 1063 (2).

(i) Mimoint de SainlpSimoii, t III , p. ISS.

(S) Guy IV» de Dniwsi Gheralier, coaceOler, grand èchanBOD, souTenin

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