LE U* MARQUIS DE GIUNCET
La paix conclue ù cette époque fut de nouveau rompue en 1704 . Graocey fit alors partie de l'armée d'Allemagne.
Repassé en Italie en 1702 avec le duc de Vendôme, il combattit intrépidement sous ce général le IS août,
à la bataille de Luzzara, livrée sous les yeux du roi d'Espagne, petit-flls de Louis XIV. La brigade de Grancey avait reçu l'ordre de se retrancher dans un petit bois, au bord du P6. Là elle eut à soutenir le feu meurtrier de Tennemi; le régiment de Grancey pliait sous le choc, lorsque son colonel qui venait d'avoir la main fracassée d'un coup de mousquet, ayant à peine pris le temps de se faire panser, reparaît à sa tète et ranime l'ardeur des soldats ébranlés, par sa vigueur et sa fermeté (1).
Quatre mois après la bataille de Lozzara , le marquis de Grancey était fait brigadier d'infanterie. Il servit en cette qualité dans l'armée du comte de Médavy, son frère , et concourut sous ce général à la prise des retranchements Impériaux dans les vallées de Leder et de Nota,' aux prises de Riva , Nago, Ârco et Torbolé.
En J704, Grancey était au.x'prises d'Ivrée et de Verceil. Au siège de Yerue , il lit un nouvel acte d'intrépidité rapporté ainsi par la GaaeiU :
« Le marquis de Grancey, brigadier, attaqua Tangle de gauche de la parallèle , défendu par un ouvrage en forme d'ouvrage à corne, détaché du fort avec lequel il communiquait par une espèce de chemin couvert , fortiûé d'un double rang de palissades. Le marquis de Grancey ayant trouvé peu de résistance à l'angle de la droite, fit entrer dans l'ouvrage à corne un sergent avec
(1) Uiiioire miiitmre de M. de QuiDcey, U Ul, p. 676*
dix hommes^ soutenus par une compagnie de grenadiers, qui en chassèrent les ennemis , après en avoir tué une partie; mais un moment après ils firent jouer deux
fougades qui n'enlevèrent qu'un soldat , et ensuite une mine considérable qui ne blessa personne ; néanmoins les ennemis , croyant qu'elle aurait mis les troupes en désordre , s'avancèrent pour reprendre l'ouvrage Fépée h la main ; mais le marquis de Grancey accourut avec d'autres troupes, les repoussa , et étant demeuré mattre de ce poste, il fît faire un logement à la gorge. »
La place ne se rendit pourtant qu'au mois d'avril de l'année suivante (i7ûS). Le marquis avait reçu plusieurs hlessures pendant ce siège long et meurtrier ; il dut revenir en France pour prendre les eaux de Baréges. Le roi , nous dit Dangoau , lui accorda à cette occasion une pension de 1,000 ccus.
Ses blessures à peine guéries, il se hâta de retourner à son poste et arriva à temps pour prendre part , le 16 çoût 1703, au combat de Gassano, où il remplit les fonctions d'aide-major de l'infanterie , et paya tellement de sa personne que Vendôme , dans son rapport au roi , le signalait comme un des quatre qui s'étaient le plus distingués (i).
Le 47 avril 1706 , il était avec le comte de Médavy, son frère, à l'affaire de Calcinato.
Nous avons vu, à rarticle du maréchal de Médavy, quelle part le marquis de Grancey prit à l'importante victoire de Castiglione , remportée par son frère, et comme il fut chargé par ce dernier d'en apporter la nouvelle à Versailles.
(I) Journal de Danf^an des S wii «l 23 août 1705.