BENIS , ÉVÊQUE-COMTE DE USIEUX
gouTerneur, le 4 septembre 1571, par le duc François d'Alençon, frère du roi.
Lorsqu'en i574, Matignon vint mettre le si^^e devant
Domfront, où s'était réfugié Montgommery, la défense désespérée de cet intrépide capitaine donna beaucoup de peine à prendre la ville , mais après quelques jours de si^e, Montgommery 5 tombé au pouvoir des assiégeants, fut conduit à Paris, oti il fut condamné à mort et exécuté, le 2 juin 1^74(1).
Denis Rouxel avait fait des prodiges de valeur au siège de Domfront. Couvert de blessures et ayant eu le genou cassé d'un coup de mousquet, il fut contraint de quitter le service.
Denis Rouxel avait un puissant protecteur en la per^ sonne du frère du roi, François duc d'Alençon, dont Jacques de Médavy, frère ainé de Denis, était le chambellan ordinaire. Le duc d'Alençon fit nommer son protégé au siège de Lisieux.
Les titulaires de ce siège important étaient en même temps comtes de Lisieux, et, à ce titre, ils avaient dans leurs attributions la police, la finance et la guerre. Us y joignaient la juridiction immédiate et exclusive dans le chef-lieu du Comté (2).
Suus le rapport des revenus, l'évêché de Lisieux était un des meilleurs de la Normandie. On connaît le dicton
(i) n Alt feit , de part et d'antre, dès actioiu de braioiire hérofqne & ce iàêsit Dieiirtrier, dont parle Agiippa d*Aubigaè dans ses Mimeiraf et où te signala TéHIe de b noblesse Normande « à la t£te de laqvdle étaient les Matignon, lesFlenraques» les Ronxd, etc. Le seigneur de Bons» lilessé moriettement au erine» se traîna jnsqa*à sa tente pour écrire avec son saog, ayant de mourir, une leWre d'adica à sa fiancée, M"* de RaiMMiaiiges. - (S) Louis Dubois, Uisti'ire de Ltn'rtrr, 1. 1*', p. 9.
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populaire, « sac, blé », qui classait dans Tordre de leur
Taîeurles six évechés Normands. Séez, Avranches et Contances , dési2:nés par les trois initiales S. A. C. (sac), étaient, en effet, inférieurs en produits aux cvêchés de Bayeux, Lisieux et Évreux, symbolisés par les trois lettres B. L. E.(blé).
Quoique Denis Rouxel figure dans le QaUia CkHsiiana comme vingt-sixième évôque de Lîsîeux, il ne prit cependant point possession de ce sioge. Ses blessures lui eussent-elles permis d'ailleurs d'en exercer les nombreuses et délicates fonctions?
Est-ce à titre de dédommagement que lui fut donnée, deux ans après, en iS80, Fabbayede Cormeilles au même diocèse? Toujours est-il qu'il ne jouit pas longtemps de cette abbaye , car le G août 1581 , il terminait, à un âge peu avancé, une vie abrégée sans doute par ses longues fatigues et ses cruelles blessures.
L'existence mondaine de Denis Rouxel, avant son entrée dans l'Église, s'était, paraît-il, ressentie du milieu relâché où il avait vécu, dans les camps et à la cour. Aussi Inissa-î-il deux fllles naturelles auxquelles , du reste, il sut imprimer dans ses dernières années une sage direction, et qui portèrent dignement le nom qu'elles de* valent aux coupables faiblesses de leur père. L'une d'elles, Marguerite Rouxel, fit profession de religieuse h l'abbaye royale d'Alraenescbes, le M juin 1582, et fut plus tard prieure du couvent de Vignats, avant son érection en abbaye. L'autre, Judith Rouxel, que nous retrouverons sous notre plume en parlant des abbesses de la maison de Médavy, administra avec la plus grande distinction les importantes abbayes d'Âlmenesches et de Gomerfontaine , pendant la minorité de ses nièces.
DENIS, ËVËQUE-GOMTE DE USIEUX. 423
Judith Rouxel se retira, en 1617, au prieuré de Gerberoy, où elle résida pendant près de dix-sept ans, et dont elle fut supérieure. Elle y mourut, le 29 mai 1633, et fut
inhumée dans l'abbaye de Gomerfontaine, proche le bénitier, au rang des abbesses.
François hb MÉDAVY, dq m,
éTêqoe-oomto de Usieaz.
François Rouzd de Médavy, troisième fils de Jacques II
de Mcdavy, gouverneur d'Argentan, chambellan du duc d'Alençon, frère du roi, premier baron de Médavy, et de Perronne Fouques de Manetot, naquit à Médavy, le 23 juin 1577 ; il eut pour parrain le maréchal de Feiw vaques, devenu plus tard beau*père de son frère, et pour marraine M''* de Matignon, assistée du seigneur d'O.
François de Medavy est peut-être le seul de cette nombreuse lignée qui soit demeure tout-à-fait étranger à la carrière des armes.
Dès son en&ttce, il avait été destiné à l'Église, et sa vocation ne semble point avoir été un moment indécise.
L'abbaye de Cormeilles étant devenue vacante , en 1581 , il la moi t de l'évêque de Lisieux , Denis Rouxel , son oncle , le jeune François , quoiqu'il n'eût encore que quinze ans, fut pourvu de cette riche. abbaye par le pape Qément VlU, en 1592.
L'abbaye de Cormeilles, de Tordre des bénédictins, avait été fondée, vers 1060, par Guillaume ntz-Osbern
4â6 LES MÉDAVY*GRAIÏGEY DAKS L'ÉGLISE.
sénéchal de Normandie , sur la paroisse SUPierre du bourg de Gormeilles, au diocèse de Lisieux« La baronnie de Gormeilles, composée de la seigneurie
et du patronage de quatre par()i>M .-,, apparteriaiL aux religieux, qui en avaient la haute justice.
Le revenu de cette abbaye était évalué, en 1789, à dâ,ÛÛO livres.
François de Médavy en était le vingt-septième abbé. De même qu'il avait succédé à son oncle, Denis Rouxel, éveque de Lisieux, il eut lui-Dième pour successeur son neveu François de Médavy, archevêque de Rouen, auquel devait succéder Charles de Pas de Feuquières, d'une famille alliée aux Rouxel.
L'année suivante, en (893, François Rouxel joignit à l'abbaye de Gormeilles celle de St-André en Gouffern, au diocèse de Séez, dont le revenu était évalué à 24,000 livres.
Fondée en 1130 par Guillaume 111 Talvas , fils de Robert de Belléme, qui y mit des religieux de l'ordre de Ctteaux , elle comptait des noms illustres dans la liste de ses abbés. François de Rouxel eut également pour successeur dans cette belle abbaye son neveu, Fiançois II de Médavy, archevêque de Rouen. Apres ce dernier, elle fut donnée, en 1691, à Maurice Golbert de Yillacerf (1).
Les dignités de François Rouxel ne se bornèrent pas à ces deux' abbayes*
Ânne d'Ëscars, évdque de Lisieux, qui avait été promu au cardinalat à l'insu du roi Henri IV, encourut la dis-
(1) Ce fbtft rabbtye de Saint-André qa*alla loger le roî Cbariei VII, en iiSOt lonquMI vint meltTe le devant ta ville de Fialabe, située dam le» environs.