PRÉFACE XVII
Chez l'homme parfait, le vibrion animiste se transporterait successivement, aux heures voulues, dans la faculté qui doit entrer en jeu, et s'identifierait avec elle. Lorsque les devoirs extérieurs nous appellent comme des passants dans la rue, il nous ferait sortir de nous et nous guiderait dehors par le sentiment du devoir. Dans la vie sociale, alors qu'il nous faut agir efficacement, il résiderait dans la raison pratique, outil essentiel de l'homme-citoyen. Quand il faut frayer la route à nos actions ou à nos pensées, il se transporterait dans notre intelligence pour lui donner toute sa force. Dans nos moments de répit, oii nous avons le droit de nous isoler des autres et de nous abandonner à notre vie solitaire et métaphysique, il ouvrirait nos intuitions aux aperceptions du mystère du monde, faisant taire alors nos passions profanes et condamnant au repos notre esprit spéculatif. Ainsi, nos facultés deviendraient tour à tour dominantes et guideraient le torrent intérieur vers ses fins nécessaires. Chez l'homme réel, au contraire, comme nous l'avons dit, quelques facultés tendent à devenir constamment maîtresses de nous. Notre moi n'est alors
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