SCENE X
FANCHON, VINGEKT, EDOUARD.
EDOUARD
Bcnjour, aimable et bo;nie.... Monsieur Vincent, je vous salue.
VINCENT
Votre serviteur, mon voisin.
Vous vous êtes déjà donné la peine de venir,... Oh ! j'ai bien grondé Florine.
EDOUARD
Pourquoi ? elle n'a fait que respecter votre sommeil.
Je ne dormais pas du tout , je vous assure.
EDOUARD
D'a'Jieurs, j'avais rendez-vous avec le bijoutier. (A Vincent. ) Mon voisin me pardounera-t-il les cincj partie» de dames que je lui ai gagnées hier au soir ?
VINCENT
Je ne me ressouviens que de votre complaisance : à votre âge passer deux heures entières avec un vieillard î..... EDOUARD, hd serrant La main.
Dites un ami , monsieur Vincent.
VINCENT
Vous me gagnez toujours : un jeune homme au jeu de James doit être plus fort que moi.
Florine m'a remis....
EDOUARD
Nous en parlerons.
VINCENT
Je remonte chez moi. lanchon n'a plus rien n m'orJonnar?
Pardonnez-moi; de vous bien reposer, de songer combien TOUS m'êtes utile... Vincent , les hoinmes comme vous sont iares.
VINCKNT, à demi- voix , à Edouard.
Si le voisin avait ce soir quelques moinens à perdie
EDOUARD
La petite pariie de dames , n'est-ce pas?
VINCENT
Mais à condition que vous ne me soufflerez pas si souvent.
( // son. )
P A N C H O N , E D O U A Pv D.
EDOUARD
Ou vous a donc remis mon portrait ?
Il est d'une ressemblance !
Vous m'avez promis de le faire voir.
Cil!.... ie ]e.... c l^ii'ement. J Voiiiy anivez de chez mon b 'Guiier ?
EDOUARD./» remetlaiit un porîrnit.
' Il fi-UiSsait de moater votre portrait que vous m'avez fait
fait faire.. Vous l'avez beaucoup pressé , m'a-t-il ^it... ce serait une indiscrétion de vous demander s'il est destiné?
Il ne m'appartient plus.
Edouard, troublé.
Ah ! vous l'avez déjà donné...
Il faut bien vous mettre dans la confidence.
AIR ; Par hasard ce bon La Fontaine.
C'est à mon maître en l'art de pUiire Que je destine ce portrait, A l'ami délicat, sincère, A Tamant sensible et discret, A celui dont Tamour extrême Fait naître un sentiment si doux...
Enfin, c'est à celui que j'aime...
Vous voyez bien qu'il est pour vous.
( Elle le lui remet.)
EDOUARD
Le voilà donc réalisé cet espoir d'être aimé pour moimême!... Oh ! persuadez-moi bien que tant de bonheur n'est point une illusion.
Oui, parmi ceux qu'attirent auprès de moi le hasard, la mode , et plus encore peut-être la curiosité, personne n'avait trouvé le chemin de mon cœur: vous , Edouard , qui n'avez d'autre recommandation que vos qualités aimables, vous seul m'avez inspiré un sentiment que j'ai toujours redouté, mais que je cesse de craindre, puisque c'est vous qui me le faites connaître.
EDOUARD
Comment se peut-il que dans l'opulence, entourée d'hommages , recherchée partout ce que Paris et la cour ont de plus brillant , vous m'aurez distingué, moi qui n'ai pour ressources que mes pinceaux, f Ai^ec intention. J car enfin je ne suis qu'un peintre?
Et moi donc que suis-je, s'il vous plaît? Fanchon... la vielleuse; pas davaalnge... rauchou la vielleuse.
f 23) ROMANCE.
Musique de Doche.