‹ Fanchon la vielleuseChapitre 29 sur 52 · LES MÊMES, LATTAIGNANT · texte numérisé non relu

LES MÊMES, LATTAIGNANT

LATTAIGNANT, frappant à la porte du boudoir. Ouvrez donc! ouvrez donc !

SA/INTE-LUCE.

Quel est ce tapage ?

EDOUARD

C'est la voix de M. de Lattaignant.

A qui j'ai fait faire des couplets avant dîner, et pour cause, ( Lattaignant frappe. J Venez , beau prisonnier. ( Elle Lui ouyre. )

LATTAIGNANT, fredonnant.

L'amour , ainsi q'ia nature, N' connaît pas ces distanc'-là.

(y^ Fanchoiî.) Voici vos couplets. (Il lui remet un papier

plié.) Révérence ti'ès- humble à M. de Sainte-Luce. (^ Edouard.) Bonjour, mon petit Raphaël.

SAINTE-LUCE

Quand je vois cette face-là le matin, je suis sûr de rire toute la journée,

EDOUARD

C'est Momus en petit collet.

C'est dommage que la mélancolie le maigrisse.

Chacun s'arrondib® sa manière. (^ Florine, désignant jidèle.) Florine , i^l-ce pas là...

L'innocence, M. l'abbé.

LATTAIGNANT

Oui; je la reconnais.

Air du curé dePompone.

fAFanchon.) Vous nous avez séparément

Enfermés l'un et l'autre :

Quelle crainte dans ce n. ornent,

Fanchon était la vôtre?

Mademoiselle a l'air rêveur,

Et je sens qu'avec elle, Vrai,... j'aurais partagé de bon cœur

RIa gai té naturelle.

TOUS, excepté Fanehon et Adèle,

Il aurait partagé de bon cœur Sa gnîté naturelle.

ADÈLE

Monsieur est bien bon.

Quelle ingénuité ! je vais vous faire conduire chez monsieur votre père.

^ ADÈLE

oh! non, madame.

Et pourquoi?

ADÈLE

AIR : Je crains de lui parler la nuit.

Men père veut me marier A Ducoutis le tapissier;

Moi pour celte alliance

J"ai de la répugnance ;

Je n'aime qu'Augustin , Et je ne veux donner ma main

Qu'à mon petit cousin.

Ah î VOUS aimez le petit cousin !

II y aura six ans à la Saint-Remi , monsieur.

SAINTE-LUC E

Six ans à la Saint-Remi !... vous l'épouserez. {A Fanchon.) Il faut la garder ici.

FANCHON

Mais, Sainte-Luce, songez donc que Je ne puis...

SAINTE-LUCE

Non , c'est un parti pris, je ne l'aurai point sauvée pour la voir sacrifiée.

EDOUARD

Faites attention que le père.. ..

SAINTE-LUCE

Je lui ferai entendre raison. Il n'y a qu'à l'envoyer cher" (lier.

M. Vincent pourrait s'en charger.

VINCENT

Qui ? moi chez l'épicier Bertrand !... Fanchon sait bien que ce n'est pas possible. Je vais dire à Champagne d'y aller, A D £ L E, à Fincent.

Mon père aura peut-être reconduit ma tante chez elle... Monsieur... c'est rue Saint-Laurent, à côté du pâtissier, au second sur le derrière.

(Vincent son)

SAINTE-LUCE

L'heure du dîner approche. Ma toilette à faire, ime vlsil/.

indispensable... Mon hôtel est près d'ici, je suis à vous dan« un instant.

EDOUARD

J'espère que nous passerons ensemble le rpste de la iournée ?

SAINT E- LUC E

Elle a commencé pour moi sous de trop heureux auspices.

LATTAIGNA NT.

Moi , pendant ce tems-!à, je vais remettre dans le quartier une douzaine de couplets de fête.

f 11 tirs de sa poche un gros poriefeiiille à serrure. )

SAINTE-LUC E

L'abbé , ous en tenez magasin.

LATTA IGNANT.

AIR : La boulangère a des écus.

J';ii des vers de fête innoccns

Que l'à-propos aiguise, Bien des Josephs, quelques Laurentsj Je fais une Denise; En sortant de céans

Je rends A l'hôtel 1 e Soubise,

Deux J«an9, A l'hôtel do Soubise.

SAINTE-LUC E

Au revoir , ma toute belle. Ah ça , je vous dépose ma charmante héroïne ; vous la garderez ici.

Je vous promets d'altendie le père,

SAINTE-LOCE.

Je tiens sérieusement à la marier au petit cousin.

EDOUARD

Quelle folie !

SAINTE-LU CE

Que voulez-vous , j'aime à faire des heureux.

C IL sort avec Latlaignant. J F A N c H o N , cherchant un prétexte. Mademoiselle, votre nom ?

Adèle , madame.

F A N C H OTî.

Vous n'avez peut-être rien pris de la matinée..... si, en attendant le dîner...

ADÈLE

Ce n'est pas de refus , madame.

FAN c H o w.

Florine, conduisez mademoiselle.

Venez , venez : je meurs d'envie de causer avec vous.

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