‹ Fanfan la tulipe drame en sept actesChapitre 106 sur 121 · ACTE VI · texte numérisé non relu

ACTE VI

ma dignité avec un soin si jaloux, j’aurais forcé l’envie et la calomnie même à se taire devant moi, j’aurais étouffé pour cela jusqu’aux battements do mon cœur et renoncé en quelque sorte à vivre!— et tant de saeriüces et d’efforts aboutiraient à cette rumeur, qu’on chuchotteruit à la cour et à la ville, au milieu des ricanements : « Eh bien ! cette superbe rnaivpiise, on sait ce que valait son orgueil à présent : on l’a surprise, la nuit, seule, avec un soldat! »

FANFAN, avec un cri de douleur.

Oh! — Vous avez raison, madame! en vérité, ce serait plus que déshonorant, ce serait ridicule!

MADAME DE POMPADOUR

Mon Dieu! vous ne vous offensez pas!... ce n’est pas pour vous que...

FANFAN

Non, je ne m’offense pas, madame ; non, ma dignité n'accepte pas une pareille offense ! Mon cœur, — car j’ai aussi mon cœur! — sent bien qu’il n’est pas si vulgaire, et que, par exemple, il ne me serait jamais échappé, à moi grossier soldat, une parole comme celle que vous venez de dire. — Pour ce qui est de vus craintes, rassurez-vous, madame la marquise : personne ne rirade ce qui se passera ici cette nuil. On dira : « Madame de Pompadour, en allant rejoindre le roi, était tombée dans une embuscade; il y a un soldat de Sa Majesté qui s’est fait mettre en pièces pour la défendre. » Et je ne crois pas que

ça pi'ète beaucoup à rire! (ll s’ebncc pour sortir pur la porte du fiiuj.)

MADAME DE POMPADOUR, s’clan(,'unt avaul lui.

OÙ allez-vous?

FANFAN

OÙ vous ne m’empêcherez plus d’aller maintenant.

MADAME DE POMPADOUR

Oh! non! pardonnez-moi! Je souffrais, je ne savais ce que je disais. Je'ne pensais pas cette parole cruelle. Je la rétracte, je voudi ais la racheter!

FANFAN

Vous l’avez dite, pas moins — Adieu!

MADAME DE POMPADOUR

Non ! par pitié pour moi ! Enfin, un mot, un seul mot de

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