‹ Fanfan la tulipe drame en sept actesChapitre 118 sur 121 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MADAME DE POMPADOUR, FITZ-ONNALL, MAUREPAS, puis FANFAN.

MAUREPAS, saluant.

Madame ! je vous cherchais.

Je vous attendais , monsieur. Vous avez envoyé hier votre démission au roi ?

M AUREP AS.

Oui, madame, et je ne suis venu que pour savoir de vous si elle est acceptée.

MADAME DE POMPADOUR

Nous nous sommes fait une guerre acharnée, monsieur le comte ; mais je vous tiens neanmoins pour un vrai gentilhomme. Je veux bien vous renverser du pouvoir , je ne voudrais pas toucher à votre honneur. J’ai donc prié le roi de^garder votre démission secrète; jusqu’à ce que vous ayez pu vous séparer, publiquement et avec éclat, de l’homme que je vois encore à votre côté.

FITZ-ONNALL.

Madame !

MAUREPAS, le rassurant du geste.

Puisque madame la marquise m’estime pour un gentilhomme, elle doit savoir qu’un gentilhomme ne renie pas plus ses alliés dans la mauvaise que dans la bonne fortune, et, tant qu’il ne me sera pas démontré que monsieur de Filz-Onnall est indigne de moi...

FA N FAN, reparaissant au fond.

Mais c’est là ce qu’avec la permission de monsieur le comte, je pourrais essayer de lui démontrer, moi !

FITZ-(»NN ALL, arec colère et joie.

Vous ! Ah ! je l’ai enfin, l’adversaire que je voulais !

FA N FAN

Votre adversaire, oh ! oui, pour sur ! Mais celui que vous vouliez, c’est une autre affaire !

FITZ-ONN ALL.

Finissons-en avec, les paroles , et tâchez Je donner des preuves !

FANFAN

D.'s preuves ? oh ! c’est vous qui m’pn fournirez, j’espère ! car vous me croyez toujours aveugle, mais c’est vous, monsieur, (jui l’ètes ! Oui, par deux fois, cousin, tu t’es trompé sur mon compte. Tu avais besoin, pour t’emparer d’un héritage, de supposer un héritier facile à supprimer ensuite, — et tu m’as pris au hasard, moi créature de Dieu, pour ton mannequin ; tu m’as mis aux mains ces titres et ces richesses, comme des joujoux qu’on prête à un enfant inoffensif... Mais j’étais un homme, et je m’en suis fait des armes! Ç’a été là, monsieur, votre première erreur.

FITZ-ONNALL.

Vous oubliez que vous-même, en présence de monsieur de Mauicpas, vous avez montré le gage matériel qui constatait votre droit !

FANFAN

Oui, parce que j’avais surpris votre complot ! et parce que je voulais, pour préserver une tête autrement chère que la mienne, attirer sur moi seul vos embûches. Mais ce chapelet, je n’i'U étais que le dépositaire ; celui à qui il appartient réellement, le véritable héritier des la Tour-d’Avon, — un acte authentique en fera foi, — c’est mon ami d’enfance, c’est Angélus ! Ç’a été là, baronnet, votre seconde méprise !

MAUREFAS.

Qu’est-ce à dire ?

FITZ-ONNALL.

Imposture grossière, monsieur le comte !

‘ MADAME DF, POMPADOU».

Non! c’est la vérité, et je l’atteste !

FITZ-ONNALL.

Parce que cet homme affirme qu’il nous a menti il y a un mois, cela ne prouve pas pourtant qu’il ne nous ment pas à présent !

MADAME DF, POMPADOUR, Cércmeut.

J’ai dit que c’était la vérité !

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