ACTE VII
FANFAN
Ah! je crois, madame, qu’il ose parler d’imposture devant moi et à moi! Mais quand on vous dit qu'on suivait à mesure et à la trace toutes vos menées! vous n’avez pas ouvert sous mes pas un seul piège que je n’aie vu votre bras !
FITZ-ONN ALL, les denU lerrces.
Oh! ne me poussez pas à bout!
MADAME DE POHPADOÜR, à Fanfao.
Oui, calmez-vous ! prenez ganle !
fanfan;
Ah ! pardonnez-moi, madame ! mais quand je le vois, quand je l’entends, toutes mes indignations et toutes mes douleurs passées se remettent à bouillonner et à saigner en moi ! Songez donc! il a failli me faire battre avec Angélus! il a failli causer par moi votre déshonneur ! Ah ! monsieur le comte, si vous saviez ce qu’il m’a fait souffrir! Ai-je assez souffert, voyons, madame! Et lui, il riait! Quand on n'a pas d’âme, on ne suppose une âme à personne ! et il est étranger à tout sentiment comme à toute patrie! il n'est d’aucune race et d’aucune croyance! il n’a pas un brin d’humanité dans le sang, cl pas un brin de France dans le cœur !
FITZ-ONNALL, tirant snn epee.
Ah! c'est trop! Et, puisque tu te dis un manant, je vais te châtier comme un manant!
FANFAN
Oui, paixie que vous ne me voyez au côté qu'une épée de bois ! mais monsieur de Maurepas me fera l'honneur de me prêter la
sienne ! (n UHlt l’epée de Maurepai, la tire rapidement du fourreau, et engage le combat avec Fitz-Oonall.)
MAUREPAS
Messieurs ! messieurs !...
MADAME DE POMPADOUR
Ah ! arrêtez! Séparez-les! — Au secours ! A moi ! du monde !
(Elle court dperdue, appelant, faiiant ligne an loin, montrant d’une main frëmii— tante le duel i ceux qui arrivent.)
FITZ-ONNALL, Uiatant tomber ion e'pée.
Ah!
FAM'AN, abaitsanl la sleane.
Blesse?
MAURE l'ASj f'approchaDl.
A la main druitc.
FITZ-ONNALL,
Mais je peux encore tenir mon épée! (j«unt un cri de douleur.) Non! impossible!... Ah! de l'autre main ! (n uiiit ion épée de la
maiu gauche.)
FAMFAN; au premier engagement.
Hé ! vous ne pouvez pas parer! et je ne suis pas, moi, de ceux
qui assassinent! (n fait aauter l’épée du baronnet.)