ACTE II
FANFAN
Hc! VOUS avez l’air tout gêné! Vous ne nous demandez pas comment nous avons passé la nuit... sous votre toit ?
RAMPONNEAU, à part.
Aïe ! nous y voilà. (Haut.) Oui, vous n'ètes peut-être pas content, parce que...
Moi! mais je suis ravi! Notre chambre à tabatière est petite, mais parfaitement aérée. Figurez-vous que mon matelas était situé juste sous la lucarne, et que j’avais le vrai ciel pour ciel de lit. J’assistais, tout couché, au lever des étoiles. Il y en avait surtout une, au-dessus de ma tête, une petite blonde charmante ! qui me faisait toutes sortes de jolis signes d’amitié. Ah ! je ne sais pas si c’était la mienne, mais, ma foi, tant pis ! j’ai répondu à ses agaceries, et, j’avais beau m’assoupir, chaque fois que mes paupières s’entr’ouvraicnt, je la revoyais qui me clignait de l'œil, la coquette ! Ne me demandez donc pas si je suis content, j’ai dormi avec une étoile!
RAMPONNEAU
En voilà un heureux caractère ! il faut qu'on vous aime, vous! Aussi, je vous prépare quelque chose d’heureux.
FANFAN
Ah ! bah !
RAMPONNEAU
A une condition: c’est que de tout le jour vous ne bougerez pas d’ici. '
FANFAN
Oh! écoutez. Ramponneau, nous revenons pour déjeuner et pour récapituler nos petites affaires, Angélus et moij mais après j’aurai des inquiétudes dans les jambes, et je me remeltiai à courir, comptez-y.
RAMPONNEAU
Eh bien, déjeunez et causez toujours, et ne vous en allez pas sans m’avertir, voilà tout ce que je vous demande. Est-ce dit?
C’est diL (Ruin,'On»eau sort par le fuud.)
FANFAN LA TULIPK