‹ Fanfan la tulipe drame en sept actesChapitre 58 sur 121 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

FITZ-ONKALL.

Eh ! mais n’élkz- vous pas ce qu’on appelle un enfant trouvé?

C’est vrai.

FITZ-ONNALL.

Connaissez-vous votre père ou votre mère? votre famille enfiti ?

FANFAN

Non.

FlTZ-ONNALL.

Alors, quand on vous retrouve une famille et un nom, pourquoi vous étonnez-vous ?

FANFAN

Pourquoi? pourquoi? je ne sais pas, moi. Il me semble que si la chose était, je la croirais.

FlTZ-ON.^ ALL, fronçanl la sourcil.

AU ! et vous ne me croyez pas !

FANFAN

Là, sans être trop curieux, à quoi m'avez-vous reconnu ?

FITZ-ONNALL.

Le hasard m’a fourni des indices , puis des preuves, des preuves irrécusables.

FANFAN

Quelles preuves?

FITZ-ONNALL.

Je les ai là, ces preuves. Les voici, (n va ao guéridon, rur lenuel

sa trouve le rbapeau de Faiifan, et, en cherchant dans ses papiers, il pousse le

chapeau à terre.) Seulement, convenoiis que les rôles sont singulièrement intervertis entre nous! On vous fait riche et noble, et vous vous rebifl'ez comme si on vous ruinait ! C'est vous qui doutez et qui chicanez ! c’est vous qui êtes défiant!

FANFAN

Dam ! moi je me croyais normand ! (ii ramasse son chapeau, l’es-

suie avec ta manche, et le replace sur le guéridon.)

FITZ-ONNALL, à part.

Butor ! (.Marchant avec agitation.) Après tout, qucl est la-dedan*" mon intérêt à moi ?

FANFAN

Ah! ça, oui, quel est votre intérêt? (a (lan.) c’est ce que je me demande.

Fl TZ-ONNALL.

Au contraire, j’agis plutôt contre mon intérêt dans tout ceci.

FANFAN, l’éludianl à aoni tour.

Oh I cependant, ces grands biens qui allaient tout droit à des étrangers?...

FITZ-ONNALL.

Ils ne sont pas à moi, ces biens : ils sont à vous !

Oui, mais je ne saurai pas me diriger, moi, dans toutes ces dignités, dans toutes ces richesses, et vous alors...

FITZ- ONN ALL) s'irritant toujours.

Et moi, je n’en serai pas moins forcé, en mainte occasion, de vous céder et de respecter vos vouloirs! Car enfin, dans la hiérarchie de la famille, vous êtes mon supérieur. Par le testament du duc d’Armenlières, que voilà, tenez... Ah !,..

(Retroiivanr sar le guéridon le chapeau de Fauf.n, il le jette encore i terre arec

impatience.) Par cc testament, vous devenez le chef.

FANFAN, qui, de rôle, a suivi le mouvement du baronnet.

Oh! pour lors, décidément, vous y mettez trop de cordialité et de bonhomie ! je ne chicane plus! je ne marchande plus! Embrassons-nous, cousin 1 embrassons-nous ! (ii l’embras fc avec

frénésie.)

FlTZ-ONNALL.

Vous vous abandonnez à moi ?

FANFAN

Tête baissée !

FlTZ-ONNALL. •

A la bonne heure !

FANFAN^ ramassant son chapoau.

Je suis comme un enfaiit, moi : vous ferez de moi ce que vous voudrez. D'abord, je me trouve bien dans cc château, et je in’y installe auprès de vous, (pendant l'entrée et l’at.nonce de Rampoimeau qui suivent, il prend le chapeau à galun d’or, que le baronnet a posé sur un fauteuil, le remplace subtilciucut par son chapeau à galon de laine, puis le plante au beau milieu du guéridon.)

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