‹ Fanfan la TulipeChapitre 29 sur 126 · SCÈNE III RAMPONNEAU, puis FANFAN et ANGÉLUS · texte numérisé non relu

SCÈNE III RAMPONNEAU, puis FANFAN et ANGÉLUS

RAMPONNEAU, Mul.

Le belle itisolence ! On a toujours envie de l'exécrer, ce seigneur, et puis il vous méprise tant... qu'on le respecte. Que diable manigance-t-il avec Fanfan et avec moi? Bah! je le saurai toujours assez tôt. .. — Diable ! je crois que j'entends nos locataires de la soupente. Mon futur maître, comment a-t-ii dormi... en plein vent? il aurait le droit d'être hargneux, celui-là, par exemple ! (Entrent d'en bas, par Vescalier de gauche FanfaB, un panier plein de pommes sous le bras, et Angélus.)

FANFAN, à Angélus.

Sois donc calme, mon fîeu! nous savons déjà où est le nid, nous trouverons bien l'oiseau. Mais il faut déjeuner d'abord ; Zémire a sa ration, je demande la mienne. (Angéius,

sans lui répondre, est allé s'asseoir pensif pràs de la table & droite. Fanfan apercevant Ramponneau.) Ah I bonjOUr, notre cher hôte !

RAMPONNEAU, embarrassé.

Bonjour I bonjour!

FANFAN

Hé ! vous avez l'air tout gêné I Vous ne nous demandez pas comment nous avons passé la nuit... sous votre toit?

(n pose le panier sur la table de gauche.)

RAMPONNEAU, & part.

Aïe ! nous y voilà. (Haut.) Oui, vous n'êtes peut-être pas content, parce que...

FANFAN

Moi, mais je suis ravi! Notre chambre à tabatière est petite, mais parfaitement... aérée. Figurez-vous que mon

matelas était situé juste sous la lucarne, et que j'avais le vrai ciel pour ciel de lit. J'assistais, tout couché, au lever des étoiles. II y en avait surtout une, au-dessus de ma tête, une petite blonde charmante! qui me faisait toutes sortes de signes aimables. Je ne sais pas bien si c'était la mienne, mais, ma foi, tant pis! j'ai répondu à ses agaceries. Et j avais beau m'assoupir, chaque fois que mes paupières s'entr'ouvraient, je la revoyais qui me clignait de l'œil, la coquette! Ne me demandez donc pas si je suis content, j'ai... dormi avec une étoile!

RABIPONNEAV.

En voilà un heureux caractère! il faut qu'on vous aime, vous ! Aussi) je vous ménage quelque chose d'heureux.

FANFAN

Ah bah!

RAMPONNEAV.

A une condition, c'est que de tout le jour vous ne bougerez pas d'ici.

FANFAN

Oh ! écoutez, Ramponneau, nous revenons pour déjeuner et pour récapituler nos petites affaires. Angélus et moi; mais, après, j'aurai des inquiétudes dans les jambes, et je me remettrai à courir, comptez-y.

Eh bien, déjeunez et causez toujours, et ne vous en allez pas sans m'avertir, voilà tout ce que je vous demande. Est-ce dit?

FANFAN

C'est dit.

Ramponneau sort par le fond.

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