‹ Fanfan la TulipeChapitre 30 sur 126 · SCÈNE IV FANFAN, ANGÉLUS · texte numérisé non relu

SCÈNE IV FANFAN, ANGÉLUS

F A N F A N, Tenant s'appuyer sur l'épaule d'Angélus.

Angélus!

ANGÉLUS, comme importuné.

Mon ami?...

FANFAN

Eh bien, voyons, nous savons qu'elle est à Versailles, au Château, puisque ce Fitz-Onnall y demeure. C'est déjà quelque chose.

Oui, quelque chose qui m'épouvante I quelque chose qui m'exaspère !

FANFAN

Enfin, qu'est-ce qu'il t'a donc dit, ton ancien camarade du collège de Caen, avec qui, sans reproche, tu es resté deux grandes heures?

ANGÉLUS

Il est un des secrétaires de M. de Soubise, et par conséquent au courant de tout ce qui se passe à la coui •

FANFAN

Et qu'est-ce qui s'y passe donc d'intéressant pour nous, à la cour?

ANGÉLUS

Tu n'es pas sans savoir qu'une intrigue, menée par le ministre, M. de Maurepas, s'agite à Versailles pour renverser M™* de Pompadour, la favorite régnante?

FANFAN

Ma foi î je n'en savais rien, et je t'avoue que ça m'est

égal. Je n'éprouve pas du tout le besoin de changer de maîtresse du roi.

Mais ce que j'ai appris aujourd'hui, et ce qui me remplit d'une inquiétude terrible, c'est que, dans cette intrigue et dans cette lutte, M. de Maurepas a pour second et pour bras droit, tu devines qui?

FANFAN

Le Fitz-OnnallI

ANGÉLUS

Leur premier soin doit être d'opposer à la marquise une rivale. Et cette affreuse question me revient à l'esprit sans cesse : Pourquoi a-t-on, presque de force, entraîné M»»* Blanche à la cour?

FANFAN

Oh! ce serait trop abominable I... Mais ne t'inquiète pas, nous irons demain à Versailles, nous verrons Guillemette. S'il faut agir, tu sais que je ne bouderai pas. J'ai un mot, que je dis souvent et qui me botte : En avant ! C'est le petit coup d'éperon que je me donne à moi-même. Eh bien, pour toi, je m'en donnerai deux. — En attendant, si nous

déjeunions... (U ra ourrlr le bahut et en tire une miche, quil ra poser sur la table à gauche.)

- ANGÉLUS

Ehl mon pauvre garçon, que ferons-nous? Sans argent, puisque nous avons dû tout laisser au brave père François ; sans liberté, puisque nous voilà enrôlés tous deux, qu'est-ce que nous pouvons?... Et qu'est-ce que nous sommes?

FANFAN

Comment l qu'est-ce que nous sommes? Ahl dis donc, parle pour moi si tu veux I Moi, on m'a trouvé, dans le chemin, nu comme un saint Jean; mes parents inconnus ne tenaient guère à moi; évidemment je ne dois pas être grand'chose. Mais toi. Angélus, toi I je trouve justement que

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