ACTE PREMIER. il
PITZ-ONNALL.
Fort bien 1 Mais savez-vous cequ^on réserve aux serviteurs d'une santé si... exigeante?
^RAMPONNEAU
Non, je ne sais pas. On les met en prison pour quelques jours peut-être ?
FITZ-ONNALL.
On les pend, mon cher.
RAMPONNEAU, piteux.
Oui, je le sais bien, monseigneur.
FITZ-ONNALL.
Et VOUS Texpérimenterez prochainement par vous-même.
RAMPONNEAU
Ah I le vin 1... le vin sera donc ma perte 1 Je dois descendre de Noé 1 — Monsieur le baronnet, grâce I Quand vous m'aurez envoyé au gibet, quel profit en retirerez-vous ?
FITZ-ONNALL.
J'aime la justice pour la justice. Vous êtes averti. Au revoir.
RAMPONNEAU, à lui-même.
Il parti Ah I je ne peux rien risquer de pis que d'être pendu I (Haut.) Monsieur le baronnet, par pitié ! un mot.
Qu'est-ce encore ?
RAMPONNEAU
Monseigneur!... la fortune de monseigneur n'est pas à la hauteur de son génie, et j'ai pu deviner, étant à son service, que monseigneur avait de grandes visées. Il est mêlé à de vastes desseins. Il aide le ministre, M. de Maurepas, dans sa lutte contre M"*^ de Pompadour.^ Pour l'exécution de
ses plans, il lui &ut des créatures aveugles, des instmmeots dociles, dont il puisse disposer sans réserve et sans scrupule...
FITZ-ONNALL.
Oh I vous êtes pénétrant, mon cher 1 Par bonheur, vous ne pouvez pas être dangereux.
RAMPONNBAU.
Et je me flatte que je pourrais être utile. Monsieur le baronnet comprendra que j*aie un peu hésité...
FITZ-ONNALL.
En vérité?
RAMPONNBAU.
Mais, maintenant, plutôt que de me donner à la potence, eh bien I qu'il me prenne pour lui. Qu'il fasse de moi à son gré : je lui appartiens à la vie... à la mort.
Eh ! à quoi diable étes-vous bon ?
RAMPONNBAU.
A tout, monseigneur; j'ai bien des cordes à mon arc... trop de cordes î
FITZ-ONNALL.
Il est certain qu'on pourrait compter sur votre discrétion. Allons I on verra donc à vous utiliser autrement que comme épou vantail aux moineaux.
RAMPONNBAU.
Monseigneur accepte?... (Arec mélancolie.) Ahl je suis bien content !
FITZ-ONNALL.
Pour commencer, votre nouvel état vous fournit justement une occasion de me servir.