‹ Fanfan la TulipeChapitre 7 sur 126 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

RAMPONNBAU.

Oui, j'ai appris avec joie que M. de Fitz-Onnall, malgré son origine étrangère, venait d'entrer, avec le grade de major général, au service de la France. Monsieur le baronnet aurait-il besoin d'hommes pour quelque compagnie ?

PITZ-ONNALL.

J'aurais besoin d'un homme.

BAIIPONNEAV.

D'un seul ?

FITZ-ONNALL.

D'un seul. Dans la tourbe inconnue des pauvres diables qui se laissent vendre ou prendre, je voudrais choisir et vous acheter, sans qu'il s'en doute, bien entendu, un de ces êtres qui ne comptent pas, ce que nous appelons a une espèce ».

RAMPONNEAU

Mais je l'aurai déjà enrôlé au nom du roi ?

PITZ-ONNALL.

Oh ! je tiens à ce qu'il soit soldat; j'aimerais même qu'il l'eût déjà été. (comme à lui-môme.) D'abord c'est un état honorable, et puis qui habitue à l'obéissance. Comprenez donc I l'homme ne peut être réellement en mon pouvoir que s'il ignore ce qu'on fait de lui, et c'est le premier secret que vous devrez garder sur votre vie. — Voyons, qu'est-ce que vous avez pour le moment dans vos filets ?

RAMPONNEAU

J'ai embauché à Caen, il y a trois jours, un garçon brasseur.

FITZ-ONNALL.

A-t-il une famille ?

RAMPONNEAU

Il a son père, sa mère et douze frères.

FITZ-ONNALL.

Gela ne me va pas.

RAMPONNEAU

J'ai un batteur en grange de Bretteville, qui ne connatt ni son père ni sa mère, lui.

FITZ-ONNALL.

Bon I et point marié ?

RAMPONNEAU

Veuf, avec un marmot d'un an.

FITZ-ONNALL, areo impattence.

Ce n'est pas encore mon affaire I

RAMPONNEAU

Si monsieur le baronnet daignait me dire ce qu'il lui faut?

FITZ-ONNALL.

Il me faut... Il me faut quelque chose comme un enfant perdu, qui n'ait ni parents ni lien d'aucune sorte, soit dans le passé, soit dans le présent.

RAMPONNEAU, è part.

Cet Angélus !... (Haut.) J'aurai peut-être tantôt l'homme que monseigneur désire.

Un seul 1 j'espérais que vous m'offririez plus de choix.

RAMPONNEAU

Dame ! en m'adressant à des confrères, et si on n'était pas trop pressé...

FITZ-ONNALL.

Eh bien, écoutez. Je vous donne cinq jours. Dans cinq jours, soyez à Paris, à l'adresse que voici : (Écrivant sur ses

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