‹ FannyChapitre 12 sur 15 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

SOUS son propre délire, que je me hasarde à vous conseiller cette poignante lecture. Elle a ses violences, elle a ses périls; il arrive assez souvent que le rideau se dérange et que la fable se dévoile; il est vrai, mais tant de peines, de tortures, de misères, de malédictions rachètent, et au delà, le risque et le danger!

Aussitôt que cette envie et ce délire ont mordu l'amcureux de Fanny, rien ne saurait se comparer à cette infortune, à ce profond désespoir. Sous ses pieds la terre a tremblé; sur sa tête il ne voit que nuages et malédictions. Cette vie heureuse, où chaque instant apportait sa joie et sa fête, en plein contentement, en pleine lumière, avec tous les petits bonheurs des violentes amours, cette vie heureuse et coupable est à jamais troublée. « Un autre, un autre que moi ! » En vain cet homme est le mari, en vain cet homme a pour lui l'autorité, le droit, la puissance paternelle, la loi., la possession, le toit domestique, et la communauté de la môme fortune et des enfants légitimes, avec cette femme obéissante à son geste, à sa voix, à son caprice, à son plaisir, cette femme qui lui appartient, qui est à lui, dont il tient

l'honneur, comme elle tient son propre honneur

l'amoureux de Fanny ne veut rien entendre et rien comprendre. Il est jaloux, il est furieux, il est perdu! Ces pages-là. Madame, ont une grande valeur; elles portent une grande leçon; elles sont pleines d'éloquence, de conseils, et de cette jalousie ardente « qui naît avec l'amour et qui ne meurt pas toujours avec lui , » disait M. de La Rochefoucauld, cité par M. Sainte-

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