‹ Fanny, étude. Avec une préf. nouvChapitre 10 sur 16 · FANNY XXIX · texte numérisé non relu

FANNY XXIX

M. B]anqui,mon bcau-pôre. Là, complètement livré à moi-môme , puisque j'étais tout seul , n^ayant qu'un jardinier pour me servir, je me levais avant le jour, et, tapi tout contre le feu, j'écrivais sur une petite table, prenant à peine deux heures par vingt-quatre pour mes promenades et mes repas. Je m'étais tellement identifié avec mon sujet, je sentais mes types si vivants, et mon travail marchait si vite queje comptais le terminer à lacampagne. Hélas! le découragement me prit aux deux tiers de ma tâche, et, quand je revins à Paris, je ressentais une telle fatigue que je fus sur le point de tout abandonner.

Ma première visite fut pour mon ami Gustave Flaubert.

— Qu'est-ce que tu fais en ce moment? me demanda-t-il avec intérêt.

— Je fais un roman.

— Bahl

— Oui.

— Eh bien l raconte-moi ton roman.

Je le lui contai en entier, c'est-à-dire exclusivement jusqu'à la scène du balcon, qui était le point où je m'étais arrêté.

Flaubert, qui est la bonté même et m'a toujours donné des preuves de la plus sincère ami-

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