XXVIII FANNY
fis conduire à la Bourse. Là, au lieu de m'occuper des affaires qui, dans un pareil jour, ne m'intéressaient guère, je me réfugiai dans le cabinet des commis d'agent de change, et, sur le même carnet, avec le même crayon, j'écrivis le second chapitre.
(( Si je me suis volontairement exilé dans cette affreuse solitude, cest parce que, pour mon malheur^ j'ai aimé et que j'aime encore. »
Et j'aimais en effet, alors, 4' ai mais de toutes les puissances de mon âme, je puis l'affirmer sur l'honneur. Mais qui? Un idéal, un suprême idéal, qui se composait de toutes les grâces, de toutes les séductions de la femme, et, en même temps, de toutes les tortures et de toutes les joies dont la femme peut nous accabler. Jamais je ne m'étais trouvé dans un état pareil. 11 y avait dans le recueillement avec lequel j'écoutais la voix intérieure qui me dictait mon livre, quelque chose de religieux. Cependant je compris que je serais trop souvent dérangé à Paris pour achever en paix et conduire à bien une œuvre qui exigeait toute mon attention, tous mes soins et toute ma sollicitude.
Dès le soir même, je me sauvai à Aunay, dans une petite propriété que j'avais achetée de