‹ Fanny, étudeChapitre 15 sur 22 · IC · texte numérisé non relu

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elle sa remit à sourire, et son front redevint calme comme le ciel d’un beau soir. Mais je cherchais à démêler la cause de cette sensation douloureuse, et quelque chose de confus s’élevant enfin dans ma mémoire, je devins triste et rêveur.

Fanny me quitta sans paraître se douter de mon trouble. Quand elle fut partie, mille souvenirs, par flots pressés , comme une marée silencieuse, m’emplirent l’esprit. La conduite de Fanny me parut plus incompréhensible-que jamais.

— Il faut qu’elle soit la plus bizarre de toutes les femmes ou la plus vile ! — Et soudain je repassai rapidement dans ma mémoire tout ce que je connaissais d’elle. Mais, une fois de plus, je ne rencontrai que des contradictions dans son caractère. — Pourquoi défendre mon rival lorsque j’ignorais ses violences? Pourquoi l’accuser ensuite? Et pourquoi pâlir maintenant en m’entendant flétrir les actes de l’homme qui l’outrage? Oh ! se peut-il qu’une femme supporte de tels mépris, des vexations si dégra-

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danles, et conserve Ja moindre affection pour l’homme qui la torture et l’abaisse ! Énigme indéchiffrable! M’aime-t-elle? Aime-t-elle son mari? Quel rapport y a-t-il donc entre ce mé-*’ lange d’êtres, de sentiments, de calculs, de transactions, et l’amour, cette passion absolue, intolérante, exclusive?

Ainsi je mêlais, je démêlais et j’assemblais tous les faits de notre existence commune, sans pouvoir débrouiller leur inextricable écheveau. Chacun d’eux, à son tour, comme une note, bruissait à mon oreille; et, telle qu’une clameur sinistre, détonant par-dessus tout, revenait sans cesse cette parole de la conscience de Fanny qu’elle avait prononcée un jour et qui me mettait au supplice : — Je mentirais si je disais que je n’ai pas d’affection pour lui.

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