‹ FantaisiesChapitre 17 sur 19 · I/ODE A LYDIE · texte numérisé non relu

I/ODE A LYDIE

HORACE

Me nimc Thressa Chloe reqit, Moi, ma reine est Chloé la thrace,

Dulces docta modos et citharœ sciens;

Sur la lyre elle sait moduler un doux chant; Pro qna non metuam mon, Pour elle je mourrais content

.SV 'parcent animx fata stuperstiff.

Si le sort à ce prix voulait lui faire grâce.

LYDIE

Me torret face mutiia

D'un amour partagé brûlant

Thxirini Caldn, filins Ornijti,

Pour Calais, le fils d'Ornytus de Thurie, Pro quo lus patiar mori Je donnerais deux fois ma vie

Si parcent pnero fata snperstiti.

Si le Destin voulait épargner cet enfant.

HORACE

Qnid, si prisca redit Venus

Mais si Vénus reprend ses droits

Diditctosque jngo cogit aeneo ?

Et sous son jougd'airainnous ramène à ses lois?

LÔDE A LV[)Ii:. 221

Si flava excutitur Chloe, Si Chloé la blonde bannie,

Rejectœqne patet janua Lydiœ?

Laisse la porte ouverte à la pauvre Lydie?

LYDIE

Quanquam sidère pulchrior, Quoiqu'il soit plus beau que le ciel,

llle est, tu Ifivior cortice, et improbo

Lui, toi, plus léger que le liège, et plus cruel hacundior Hadria, Que l'Adriatique orageuse,

Tecum vivere amen, teciim obeam libens.

Avec toi seul je puis vivre et mourir heureuse .

L'HISTORIOSCOPE

« Pnris, 19 mars 1881.

« Monsieur,

« Lecteur assidu de la Revue de r infini, j'ai suivi avec autant d'attention que d'intérêt le remarquable travail que vous y avez publié sur Les reiatiojîs commerciales des Assyriens avec les Étrusques, particulièrement au point de vue du commerce des murènes vivantes, sous le règne des rois Évibnérodac et Nériglissor.

« Il est en effet bien acquis que de nombreuses et importantes relations de commerce existaient, même avant les règnes d'Evilmérodac et de Nériglissor, entre l'empire alors si florissant des bords de l'Euphrate et les peuples autochtones de l'Etrurie. Les Tables Eugubines contiennent même à ce sujet un passage qui semble vous avoir échappé, et ce passage jette un jour précieux sur le caractère hiératique de la mu-

22i I/HISTORIOSCOPE.

rêne daus les sociétés étrusques. Au surplus, comme vous le démontrez fort judicieusement, c'est à Evilmérodac d'abord, puis à Nériglissor, (qui ne fit d'ailleurs que suivre les plans de son frère), que ce commerce dut son magnifique développement.

Je suis comme vous d'avis qu'il faut placer cette période entre l'an 260 et l'an 3697 avant J.-C.,et qu'il serait téméraire, ou tout au moins hasardé, de formuler une approximation plus étroite. C'est déjà beaucoup de savoir que les Babyloniens faisaient un commerce actif de murènes vivantes avec les Etrusques sous les règnes d'Evilmérodac et de Nériglissor, et le monde savant vous devra une grande reconnaissance pour avoir le premier mis en lumière ce point important de l'histoire si obscure de l'empire babylonien.

» Voué moi-même depuis longues années aux études historiques, je serais heureux d'entrer en relation avec vous, et je me ferais un plaisir de vous communiquer, si vous l'aviez pour agréable, les documents que je possède, non seulement sur le commerce des murènes entre les Assvriens et les Etrusques au temps d'Evilmérodac et de [Nériglissor, mais aussi, et d'une manière générale, sur tous les faits sans exception de l'histoire universelle.

L'HISTORIOSCOPE. yj:i

« Tous les jours, de cinq à trois heures dn matin, vous me trouverez chez moi : je ne sors jamais et ne dors presque pas.

« Dans l'espoir de votre prochaine visite, je vous prie de vouloir bien agréer. Monsieur, l'expression des sentiments de haute considération avec lesquels je suis très parfaitement. « Votre très liumhle et très obéissant serviteur,

« Joseph Durand (de Tarn-et-Garonne),

'< Membre de plusieurs sociétés savantes, rue des Anglaises, n" 14. »

Joseph Durand (de Tarn-et-Garonne)...

Comment! quand ma plume estencorehumide des flots d'encre que je lui ai fait distiller sur la question du commerce des murènes entre deux peuples fantastiques, dans une antiquité vertigineuse, sous des rois inénarrables, il faut qu'il se trouve un Joseph Durand (de Tarn-et- Garonne) pour me voler ma question !

Car elle est à moi. bien à moi, cette question, puisque je l'avais inventée ! Il n'y a donc plus rien de nouveau sous le soleil, pas même l'histoire ? Que deviendra l'esprit humain si la science, avec ses procédés mécaniques, parvient à tarir cette source où depuis tant de siècles la jeunesse venait se nourrir de généreux menson- !4es et s'abreuver de nobles erreurs?

226 L'HISTORIOSCOPE.

Durand (de Tarn-et-Garonne) est un misérable...

Mais, pensai-je en me radoucissant un peu, quand il me dit qu'il possède des documents sur les règnes d'Evilmérodac et de Nériglissor, il paraît sur de son fait. Et alors peut-être cette question des murènes de Babylone, question que, entre nous, j'avais abordée un peu à la légère, me mènerait à l'Institut !

Et voilà comment, par une belle matinée de la semaine dernière, je me présentai rue des Anglaises, n° 14, où j'adressai au portier ces paroles, destinées à devenir à jamais mémorables dans ma vie :

— M. Joseph Durand (de Tarn-et-Garonne), s'il vous plaît?

Le portier, à cette question et comme si elle lui eût semblé tout à fait imprévue, me regarda avec un singulier mélange de surprise et de commisération.

— Vous voulez voir M. Joseph? me dit-il.

— Joseph Durand.

— Joseph Durand?

— De Tarn-et-Garonne.

— De Tarn-et-Garonne? C'est bien ici. Dans la deuxième cour, l'escalier au fond à gauche au cinquième au bout du corridor en face.

Je traversai la première cour, et au fond de

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la seconde, à gauche, j'aperçus un escalier à jour suspendu à la façade d'une maison que je ne vous décrirai pas, vu qu'elle était indescriptible. Malgré l'aspect branlant et délabré de ce gigantesque perron, je m'y aventurai vaille que vaille en me faisant le plus léger possible, et, après une prudente et pénible ascension, je mis le pied sur le plancher ferme du corridor, et je frappai à une porte sur laquelle était clouée une carte avec ces mots :

Joseph Durand {de Tarn-et-Garonné)

Homme de lettres.

J'entendis une espèce de reniflement ou de soupir, puis un bruit de chaises dérangées, puis un frottement de semelles, et la porte s'ouvrit, m'offrant le spectacle de « monsieur Joseph Durand (de Tarn-et-Garonne) ».

Je dis le spectacle : c'en était un, en effet, et non certes des moins étranges. Figurez-vous un homme de près de six pieds de haut, maigre comme un clou, rouge comme un coq, la tête en avant, les bras écartés, la bouche béante, les sourcils relevés en demi-cercle, et qui se confondait en inclinations et en révérences plus gauches et plus bizarres les unes que les autres.

Au sommet de ce corps interminable se ba-

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lançait une ligure grosse comme le poiiig, ressemblant assez à une pomme rouge qui aurait subi un commencement de cuisson, tant elle était sillonnée de rides entrecroisées dans tous les sens, excepté au front, où quatre ou cinq bourrelets réguliers et parallèles traçaient le graphique menaçant qui caractérise si souvent la folie. Deux joues vides et sèches flottaient comme deux vieilles loques au souffle des paroles de M. Durand, laissant trop deviner que de l'autre côté, à l'intérieur, il n'y avait que des gencives désertes. Le tranchant de ces gencives pinçait de temps en temps la doublure des joues et produisait à leur surface extérieure des etl'ondrements, des excavations, lamentable caricature des fossettes que le rire, à des temps meilleurs, creusait jadis dans ces joues alors moins flasques !

La coiffure et l'ajustement du personnage n'étaient pas moins merveilleux que sa figure. De longs cheveux dun noir d'encre, frisés en tire-bouchon et tout reluisants de pommade, formaient grappe autour de la tête, laissant à découvert un plateau de crâne aussi lisse et aussi jaune que le plus vieil ivoire. Le pantalon, d'un gris jadis jaune, était assujetti autour des jambes par deux de ces ficelles de coton dont on lie les paquets de plumes d'oie ; ces ficelles n'é-

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laieut même pas pareilles, ear lune était verte et l'autre, rouge. Les pieds, fourrés dans des chaussettes trop larges qui bavaient en laissant pendre leurs cordons, traînaient des savates éculées, avachies, griffées d'éraflures, éventrées d'estafilades piteuses. Enfin, par-dessus un gilet de tricot de laine chocolat dont les mailles étaient parties en maint endroit, le titulaire de cette toilette fantastique l'avait complétée par un magnifique habit bleu-barbeau à boutons d'or, qui faisait sur cet amas de loques un etTet sans précédent parmi l'histoire de laccoutrement : habit dune coupe irréprochable, habit si flambant neuf, qu'il portait, encore attaché à la poche gauche, un papier sur lequel était écrit : M. Durand^ \^^ francs!

J'ai beaucoup de sang -froid, et les objets étranges, loin de m'effaroucher, ont plutôt pour moi un charme secret : secret, parce que c'est là une chose qu'il ne faut pa» laisser paraître sous peine d'être déconsidéré chez les gens graves. Cependant, je dois en convenir, à ce coup je chancelai ! Partir de chez soi sur la question du commerce des murènes au temps d'Evilmérodac et de ?sériglissor, et tomber devant un savant en ficelles roses et vertes, en cheveux frisés et en habit bleu-barbeau, c'est de quoi, conve-

230 L'HISTORIOSCOPE.

nez-eii, faire rouler, les quatre fers eu l'air, le fameux principe « qu'il ne faut s'étonner de rien » .

L'homme que j'avais devant moi semblait d'ailleurs appartenir à quelque race extrahumaine. La vieillesse et le ridicule y étaient — comment dire cela? — griftonnés dans une langue mystérieuse, en caractères indéchiffrables : dans cet être si bizarrement ravagé, on ne retrouvait aucun des signes que le burin de la douleur grave d'un trait si ferme et si savant sur les fronts qu'il a ciselés, et je sentais vaguement que quelque puissance épouvantable, hors de proportion avec les forces de la vie, avait dû passer par là.

Cependant, j'aime à le dire à mon honneur, cette défaillance philosophique fut de courte durée. Le beau miracle! me disais-je; eh bien, c'est un original, voilà tout. Et encore, peut-être que s'il m'expliquait les raisons qui l'ont déterminé à adopter une tenue d'apparence si bizarre, me ferait-il voir que chacune des pièces de cet ajustement a sa raison d'être, que chacune est la conclusion d'un syllogisme irréprochable. Ai-je donc oublié ma maxime favorite : « Avant déjuger les actions de ton frère, informe-toi de de son cœur, de sa bourse et de sa santé »? Que de choses inexplicables seraien* «expliquées par

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un chagrin, par une pauvreté ou par une maladie, que le patient, avec un soin jaloux, cache aux yeux du monde!

Envoyant donc au diable mes sots ébahissements, je résolus d'écarter d'un revers de main le voile ridicule sous lequel m'était apparue la personne extérieure de cet inconnu, et je dus tout d'abord remarquer que cet inconnu était un homme très poli et très bien élevé, car ses façons à me recevoir n'étaient pas moins gracieuses que les termes de sa lettre.

En m'asseyant sur le fauteuil qu'il m'approcha, j'étais donc dans cet excellent état de sérénité bienveillante qui prépare si heureusement une conférence entre deux hommes graves sur un sujet important.

M. Durand demeura quelques instants la tête élevée, les yeux perdus dans le vague; puis, ayant passé sa main sur son front comme pour en chasser quelque reste d'une vapeur qui aurait obscurci son intelligence, il me fit une inclination accompagnée d'un vague sourire, tira de sa cravate un soupir guttural comparable au han de saint Joseph, et, se caressant tour à tour le bout du nez et le dessous du menton, il commença le discours ci-après :

— Je vous suis très reconnaissant, monsieur. de vous être rendu si gracieusement à l'appol

232 I.HISTORIOSCOPE.

crun inconnu. Dans les nombreuses tentatives que j ai faites pour arracher les hommes à leur ignorance obstinée ou à leur sottise réfléchie, j'ai trouvé des rebuts et des déboires à décourager la persévérance la plus robuste. Mais rien ne me lassera, et jusqu'à mon dernier jour je combattrai et je me débattrai pour faire triompher la vérité. Si après taat de vains efforts je me suis encore adressé à vous, c'est que vous êtes le seul qui ait osé dire le vrai sur l'histoire et en dénoncer l'inanité vraiment idiote ! Je vous demande donc, monsieur, de m'écouter avec attention et surtout avec patience, car je ne dois pas vous cacher que mes prolégomènes seront certainement longs, probablement obscurs, et peut-être même ennuyeux. Mais si vous voulez bien me suivre avec confiance et résignation, ce que je vous démontrerai, que dis-je? ce que jo voKfi ferai voir, vous dédommagera amplement de votre peine, car^e vous ferai voir, voir, entendez bien, ce que nul œil humain n'a jamais vu et. ajouta-t-il en levant le* yeux au ciel avec un profond soupir, ce que nul œil humain ne verra sans doute jamais après vous!

Le commencement de cet exordem'avait flatté ; la fin me toucha : je fis un geste d'acquiescement respectueux^ et je crus même convenable de répondre au soupir éloquent de l'orateur par un

l/HISTORIoscoPi;. j:t:)

soupir modeste d'auditeur convaincu. Je commençais à me sentir entraîner vers cet homme, je voyais qu'il allait me dominer. Il reprit :

— Mais avant toute chose, et pour établir sur un fondement assuré des relations qui, je l'espère, se continueront, il faut que je vous fasse connaître, monsieur, l'état de mon âme.

— L'état de votre âme, répondis-je d'une voix quelque peu modifiée parla surprise, m'intéresse infiniment, croyez-le bien..., monsieur, et je recevrai avec le plus^rand... plaisir les communications dont vous voudrez bien me favoriser à ce sujet.

— Eh bien, monsieur, il me suffira d'un mot pour vous faire connaître l'état de mon âme : je suis fou.

Je fis un léger soubresaut sur ma chaise, et mesurant de l'œil la distance qui me séparait de la porte, je rassemblai mes forces pour m'évader d'un seul bond, tout en simulant le plus gracieux sourire d'incrédulité et lui disant :

— Oh ! monsieur!

Mais il m'avait deviné : il me mit la main sur le bras, me lança un regard sévère et me dit :

— Me serais-je trompé? Vous aussi ! Quoi! ce ferme esprit dont les œuvres marquent tant d'indépendance s'arrêterait à pareille vétille?

Que je sois sage ou fou, n'avez-vous pas assez

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de sens pour juger si ce que je vais vous dire est de l'aliénation mentale ou du génie? Que vous importe que le vase soit fêlé, si la liqueur est bonne? Fi! monsieur, n'avez-vous point de honte de classer les produits de l'esprit humain dans ces compartiments de folie et de raison qui ne sont que des catégories imaginaires inventées par vos médecins et vos philosophes? Laissez aux épiciers et aux confiseurs à répartir ingénieusement, dans les cases de leurs boîtes de carton, ici les figues sèches, là les pruneaux, ici les dragées, là les pralines : est-ce que vous croyez que la nature se soucie de ces classifications ridicules? Elle crée des figues, des prunes, des amandes, pleines de vie et de fraîcheur, et l'homme en fait des fruits secs et des bonbons, produits artificiels qui n'ont rien à voir avec les lois de la biologie universelle. De même pour les idées : vraies ou fausses, vraisemblables ou folles, elles sont entièrement l'œuvre du génie humain, et la première des folies est de prétendre y appliquer des distinctions tirées de lois qui régissent exclusivement les corps vivants.

Non, monsieur, il n'y a en ce monde que des faits et des choses d'un côté, des idées de l'autre : quant aux raisonnements, aux classifications et aux svstèmes, c'est de la fumée, de la fuinée

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diversement colorée, où, j'en conviens, on voit briller par-ci par-là quelque étincelle, et même, aux jours de fête, éclater tout à coup un brillant feu d'artifice : mais tout cela passe comme un nuage, comme un éclair, tout s'éteint, et la nuit se referme sur la raison un instant éblouie. Mais les choses, mais les faits, voilà ce qui demeure, voilà ce qui ne change pas au gré de la main qui le touche ou de l'œil qui le regarde, et quand il vous faudrait passer à travers le vertige et la folie pour y arriver, si je vous mène à des faits et à des choses, de quoi vous plaindriez-vous?

— Monsieur, lui dis-je en me rétablissant avec abandon sur mon siège, vous m'intéressez infiniment et je vous écoute. Je me suis souvent demandé, en effet, si la distinction entre la raison et la folie avait bien toute la valeur qu'on s'accorde généralement à lui attribuer, et vous me soulagerez d'un grand poids si vous me démontrez qu'on peut arriver aussi droit à la vérité en déraisonnant qu'en raisonnant.

— On ne saurait mieux poser la question, me répondit-il. Ce que le vulgaire appelle déraisonner, c'est raisonner à rebours des autres hommes, agir ou penser autrement qu'eux : voilà de quelle façon je suis fou ; voilà ppur7

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quoi, depuis mon portier, qui niche au rez-dechaussée, jusqu'à ma femme de ménage, qui perche sous les toits, tout le monde dans la maison me tient pour fou à brevet, au point de regarder de travers les gens mêmes qui viennent me voir. Vous avez dû...

— M'en apercevoir ! Voilà donc pourquoi le portier m'a dévisagé d'un air singulier!

— Yoyez-vous! là, qu'est-ce que je vous disais ? Mais baste ! laissons les crétins crétiniser, et occupons-nous ^e notre affaire. Pour commencer, voilà, quant à votre question des murènes, les textes photographiés des Tables Eugubines, oii je vous ai marqué les passages essentiels : vous pouvez emporter cela chez vous pour le méditer à l'aise; mais je vous mettrai tout à l'heure devant les yeux des documents bien autrement explicites et décisifs. Avant d'en venir là, il faut que je vous fasse connaître d'abord par quelle succession d'idées et de travaux j'ai pu arriver à la connaissance des faits que je vais vous révéler.

Vous êtes-vous avisé jamais de réfléchir aux conditions dans lesquelles on nous présente l'histoire? Pour moi, dès mes premières études, j'ai toujours ressenti, devant ces récits des faits du passé, un malaise comparable à celui qu'on éprouve devant certains portraits : on voit un

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