I. Lettre à Edwards, du 15 mai
FA NTI N- LATO U Ii.
amis de Whistler, « à cent lieues de Londres », dans un château très triste du Lancashire, et lui-même étant encore plus triste que le château, puis de peindre là le portrait d’une dame qu’il fallait absolument rajeunir, ce qu’il est tout étonné d’avoir entrepris, mais ce qu’il jure bien de ne jamais recommencer. « A Sunbury, je vais me reposer et faire mes bouquets avec plaisir et tout doucement; je vais tâcher de faire de bonne peinture, car j’ai des remords de mon portrait; c’est horrible de faire des portraits pour plaire au public. Ah! que je t’ai plaint, papa, d’avoir passé tant de temps à faire ce métier! Que c’est affreux1 ! »
Et dès qu’il a regagné Paris, avec quelle effusion ne remercie- t-il pas ses hôtes des longs jours de tranquillité qu’il leur doit ! «... Moi, dit-il, je reste à songer. Je suis à Sunbury, mon cher monsieur Edwards. Vous ne saurez jamais quel bonheur, quel beau temps j’ai passé auprès de vous, ne pouvant vous donner une idée de moi, de mon éducation, de mes premières années, de ma pauvre et tourmentée existence, de mon pauvre esprit, tout nerveux; toujours replié sur moi-même; de ma vie, toujours seul, toujours aspirant au bonheur, à la gloire, à l’art; jamais content, jamais satisfait. J’ai trouvé chez vous le premier repos; vous avez été pour moi ce que j’avais toujours désiré, me supportant sans rien laisser paraître de l’ennui que de certaines natures comme la mienne doivent causer2. » Sur ces entrefaites, arrive à Paris Rossetti, le peintre préraphaélite, que Pantin se repro-