Lettre à Edwards, du 27 novembre
Lithographie originale (1879).
LA VIE ET LA CARRIÈRE DU PEINTRE
volonté. Mais pourquoi s’occupe-t-il de : Reçu ou pas reçu? Laissons cela aux hommes; nous autres, nous sommes des artistes 1 » ?
Mais 1804 lui réservait d’assez grandes satisfactions. D’abord, il fait recevoir au Salon sa première très grande toile : Hommage à Delacroix, qui fut mal placée, peu regardée et très critiquée, mais qui enfin avait affronté victorieusement le jury; ensuite, il a le grand honneur d’être admis à Y Academy de Londres avec deux tableaux de fleurs; enfin, il peut faire un troisième voyage en Angleterre où il retrouve, plus vives encore qu’aux années précédentes, les mêmes jouissances artistiques, la même tranquillité de vie, avec l’oubli momentané de ses préoccupations continuelles : « C’est le Paradis, écrivait-il à ses parents. Ce sont là les moments les plus heureux, les plus calmes que j’aie jamais eus; mais je sens que l’on s’endort dans cette vie-là, que cela est trop tôt; cela devrait arriver plus tard... » Et non seulement il est accueilli à bras ouverts, mais il trouve là le placement de nombreux tableaux, en particulier de la Scène de T annhænscr (le Vénusberg) qui avait été reçue cette même année au Salon et qu’il retoucha avant de la vendre à M. lonidès, avec deux tableaux de fleurs : « Vous ne vous imaginez pas comme le voyage fait du bien, écrit-il à sa mère. Cela change, cela fait faire des progrès et vous donne de l’assurance, avec la vraie opinion sur soi. » Il n’y a qu’un seul point noir dans ce tableau enchanteur, c’est qu’il avait accepté d’aller chez des