Leltrc à Edwards, du il novembre 1 8 ( » î
que cela va être que 1865 pour nous? Gela me remue beaucoup. .l’ai écouté et compté les douze coups à la pendule et je me suis dit : Ouf, ça y est, c’est fini! Eh bien! quoi 65? Oh ! que cela me fait de mal l’anxiété de cette année, cette Exposition, ce travail effrayant à faire! Oh! que je suis fatigué! Enfin, c’est la fatalité...» Mais, en somme, l’année 1865, qu’il paraissait tant redouter, ne lui avait pas été trop défavorable puisqu’il avait eu un tableau considérable admis au Salon et qu’après tout c’est lui qui s'était montré très sévère envers lui-même au lieu que ce fussent les jurés officiels.
Un instant il avait cru qu’il lui serait loisible de retourner cette année-là en Angleterre, et il projetait de faire un tableau où ses hôtes et des amis poseraient en plein air, déjeunant sur l’herbe, un tableau qu’il intitulerait le Pique- Nique et qu’il signerait de Sunbury-on-T humes, tant le souvenir de Sunbury le charmait, le faisait pleurer même en entendant Mme Manet jouer une sonate de Beethoven comme Mme Edwards le faisait à Sunbury, par un beau soir d’été qui lui rappelait les soirées anglaises. 11 aurait tenu à faire un grand tableau de ce genre pour se relever de l’échec du Toast, pour ne pas atteindre en flâneur sa trentième année qui approchait : « Des figures en plein air sur le vert, comme on pourrait faire une belle chose! » écrivait-il au printemps de 1865; ou encore : « Savez-vous que cela ferait très bien à Paris, un tableau anglais? » Mais il ne fut pas libre de quitter Paris, et du reste, la difficulté de travailler en plein air, avec le soleil, les nuages, le temps qui change, l’aurait