Lettre du H mai
LA VIE ET LA CARRIÈRE DU PEINTRE
Par sou camarade, un peu plus âgé que lui, l’estimable peintre de chasses, comte Albert de Balleroy, q n i figure dans Y Hommage à Delacroix , il s’était trouvé en rapport au Louvre avec la duchesse de Fitz-James qui cultivait également la peinture, et celle-ci lui demanda de composer un tableau des plus considérables. « La vie prend un tout autre aspect, écrivait-il à Edwards le 28 août 18(57. J’ai le bonheur d’avoir dans ce moment du travail et des chances d’en avoir dans l’avenir. Je viens de l’Anjou, du château de M. de Fitz- James1, dont j’ai fait ici la femme et les quatre enfants. J’ai été là-bas quatre jours pour disposer un tableau qui doit représenter sa mère et ses quinze petits-enfants autour d’elle, un tableau dans la donnée de celui de Delacroix. Au lieu de mes camarades, ce sont tous ses petits-enfants, depuis l’àge de deux ans jusqu’à vingt ans. J’ai petits garçons et petites tilles, demoiselles, jeunes gens, et beaucoup sont charmants; puis, comme personnages, ce sont les plus grands noms de la noblesse : la duchesse douairière de Fitz-James, les deux enfants du baron de Charette, qui commande les zouaves pontificaux (il est descendant du célèbre Vendéen), les cinq enfants du comte de Biron, les quatre du duc de Salviati, grande famille italienne, et les quatre à refaire du duc de Fitz-James. Voyez, est-ce étonnant d’être lancé dans ce monde-là! Je me demande comment, je n’y comprends rien. Tout cela provient du Portrait de Manet... »
Mais ce grand tableau, déjà préparé, ne reçut jamais (h*