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Dessin au crayon, réplique [tins poussée du croquis fait au château de F’ontenay Trésigny
le 12 Novembre 18(17.
Tiré d’un album de croquis du peintre, au Musée du Luxembourg.
LA VIE ET LA CARRIÈRE DU PEINTRE
Mais si cet Atelier aux Batignolles , par ses dimensions et les personnages mis en scène, attirait davantage l’attention du public, l’autre tableau envoyé par Fantin au Salon de 1870, la Lecture, où figuraient sa future femme et sa future bellesœur, n’était pas moins apprécié des connaisseurs, de ceuxlà mêmes qui l’avaient combattu jusqu’alors, comme l'écrit l’artiste, tout étourdi par une réussite qui dépassait ses espérances. Finalement, la troisième médaille qui lui fut alors accordée par le jury devait récompenser indistinctement l’une et l’autre de ces deux toiles; mais la mention n’en fut accrochée que sur la plus petite et la moins bien placée : la Lecture , comme si les jurés eussent gardé rancune à leur justiciable d’avoir encore choisi Manet pour personnage principal de son grand tableau.
C’est enfin la vogue assurée pour le peintre et les commandes semblent devoir affluer, lorsque la guerre éclate entre la France et l’ Allemagne et remet tout en question. « J’étais en train de concevoir de grands projets pour le Salon, et voilà tout arrêté, l’argent manque, les commandes aussi... » écrivait Fantin à Edwards le 30 juillet, avant même que n’eussent commencé nos désastres, mais en témoignant déjà de celte sainte horreur de la guerre qu’il semblait avoir héritée de son grandpère, le colonel d’artillerie. « Adieu, mon cher Edwards; je vous prie de présenter mes respects à Madame; dites-lui combien je serais désireux de lui entendre jouer ces sonates de Beethoven. Qui sait, avec les événements, si je ne serai pas obligé de chercher un refuge en Angleterre? L’avenir1?... »