Lettre à Edwards, du 21 mars
LA VIE ET LA CARRIÈRE DU PEINTRE
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sleterre, en les remerciant de leurs vœux : « A moins de
choses indépendantes de nous deux, je crois que je vais être heureux ; nous nous connaissons et nous convenons très bien1. » Le goût du chez soi, dès lors, l'envahit de plus en plus : toutes les journées passées à l’atelier, à peindre en compagnie de sa femme; quelque sortie hâtive avant le dîner, puis, le soir, la lecture en commun à haute voix ou quelques esquisses, quelques croquis jetés sur des bouts de papier; l’été venu, un séjour de trois mois environ au village de Buré, dans l'Orne, où sa femme avait un petit bien de famille, et tous les ans, l’envoi régulier au Salon de peintures, de pastels, de lithographies, fruits de ce labeur incessant, sans parler des nombreux tableaux de fleurs qu’il fait à la campagne et qu’il expédie tout droit à Londres. Dès l’année suivante, en même temps que ses pastels des Filles du Rhin et de la Scène finale de la Walkyrie témoignaient de la profonde impression qu'il avait ressentie à Bayreuth, il exposait au Salon un nouveau portrait de sa femme et un groupe : la Lecture, où sa bellesœur figurait avec une amie (ici se place un voyage qu'il lit en Belgique avec sa femme et Mllc Charlotte Dubourg, à l'occasion du centenaire de Rubens); puis il réunissait sur la toile M. et Mme Dubourg, sa femme et sa belle-sœur dans cette admirable Famille peu regardée au Salon de 1878, mais mieux appréciée cinq ans plus tard, à l’Exposition des Portraits du siècle; enfin, en 1870, il se mettait en évidence au Palais de l’Industrie avec un groupe qui fut des plus remar-