Lettre u Edwards, du ii octobre
PANTIN - LATOUR
El quelle noble ambition l’agite, car loin de se défendre d’être ambitieux, il dit qu’il faut l’être, et lui-même l’était, dit-il, dès le premier jour, axant même de devenir un artiste! « Projets pour le Salon, esquisses, pensées sérieuses, quand je me dis que j’ai là dans mes mains, dans mon livre de croquis, la gloire ou rien. Faire quelque chose de bien, mais pas de juges ! Penser seul à l’art, ne savoir où l’on va, entrer dans l’inconnu, marcher en avant, puis revenir, prendre à droite, puis à gauche, puis s’asseoir de fatigue, regarder tout autour de soi, chercher une lueur à l'horizon, assis dans la nuit, attendre le lever du soleil : que cet art est difficile, que les appréciations en sont fausses! Et pas de conseils, pas d’éducation ; désapprendre ce que l’on sait! Oh! parfois j’en perds la tête1 *. » Et comme il sait bien quel chemin il doit prendre sans tergiverser! « Il faut travailler (ah ! à cela vous ne me direz rien); oui, travailler vraiment, je me suis aperçu ces jours-ci que quand on veut aller où je veux aller, le plus haut possible, il faut absolument faire ce travail d’enragé À » Ou bien encore : « Mon cher Edwards, je vous dois d’avoir compris le travail et le vrai calme qu'il donne. Je n’ai pas besoin de m’agiter, de parler; je travaille, ce qui vaut mieux3. »
Enfin, quand il s’interrogera un peu plus tard, comme il pourra à bon droit écrire ceci : « Je récapitule tous mes efforts, toutes mes préoccupations, ce que j’ai fait pour me