‹ Fantin-Latour, sa vie et ses amitiésChapitre 49 sur 61 · LA TOILE T T H D E V E MS · texte numérisé non relu

LA TOILE T T H D E V E MS

Dessin tiré d'un album de croquis du peintre, au Musée du Luxembourg.

F A N T I N - L A T 0 U R DANS L INTIMITE

dégager du faux, mes ardeurs à chercher le vrai. Je pense à ma conduite; je ne vois rien de trop fou. Je n’ai derrière moi rien à effacer. De l’hésitation? Mais le chemin est si rude et si peu frayé; je me suis assis peut-être trop souvent sur la route pour prendre du repos, mais cela n’a jamais été que quand je ne voyais plus l’horizon ou que le chemin était rempli d’obstacles. Je me suis relevé, je veux marcher... Si je tombais aujourd’hui, qui sait si je me relèverais? Vous devez bien me connaître à présent, mais vous ne pouvez pas encore voir le fond de Fantin. Je suis bien décidé, mais je suis très faible aussi. J’ai un peu de force nerveuse, mais peu de force matérielle. J’ai tant de peine pour faire quelque chose, cela me coûte tant, que sans cesse je suis fatigué. Cela vous explique mes perpétuelles plaintes1. » Et comme, selon lui, on peut toujours progresser, comme son seul but est de faire encore mieux, comme « on ne peut rien, dit-il, quant aux facultés naturelles, mais qu’on peut beaucoup pour réparer ce qui manque », il supplie encore son ami d’Angleterre de lui distribuer généreusement la manne réconfortante de ses conseils 2.

Mais de quel courage et de quelle résolution ne devait-il pas s’armer pour résister aux assauts réitérés que lui livraient les séductions de la vie de Paris! Qu’il ait le malheur de s’abandonner à la flânerie, et tout aussitôt des idées de vivre follement l’assiègent et ne le lâchent plus : « Les voitures qui courent au Bois de Boulogne emportent ma pensée. La

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