‹ Fantin-Latour, sa vie et ses amitiésChapitre 8 sur 61 · I. Lettre it Edwards, du 23 novembre Lsiil · texte numérisé non relu

I. Lettre it Edwards, du 23 novembre Lsiil

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geante, absurde même, mais artiste, aimant le dehors, la forme, la couleur, l’art pour l’art1. »

Les années suivantes comptent parmi les plus tristes de la carrière de Faut in. Ses soubresauts de confiance et de découragement, d’espoir et de désespoir le rendent le plus malheureux du monde, — « Vous savez, dit-il à Edwards, c’est le tourmenté et le tourmenteur, » — et lorsqu’il trouve à se débarrasser de quelques natures mortes, il lui semble qu’il fait du commerce : « Je n’ai jamais eu plus d’idées sur l’art dans la tète et je suis obligé de faire des fleurs! En les faisant, je pense à Michel-Ange, devant des pivoines et des roses. Cela ne peut pas durer. » Un portrait qu’il a fait de lui-même est refusé au Salon de 1863 et il I expose au Salon des Refusés avec sa toile : Féerie, qui avait eu le même sort, tandis que son tableau de la Lecture avait été admis au Salon officiel. Puis le voilà s’acharnant de nouveau à faire des natures mortes pour le monde grec de Londres, où Whistler l’avait introduit, fort à propos d’ailleurs, puisqu’une brouille survenue entre celui-ci et son beau-frère I laden empêchait ce dernier de renouveler à Fantin les commandes qu’il lui avait faites : « Le bonheur n’est pas permis, la nécessité commande. Allons, marche, paresseux! Il est huit heures. Au Louvre! » Et quelque autre jour, comme un tableau de son ami vient d’être refusé au Salon, contre toute justice à ce qu’il lui semblait, avec quelle fierté ne s’écriait-il pas : « Whistler m’a montré un côté ([lie je ne lui connaissais pas : la persistance, la

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