LE GRAND FRÈRE
AMÉDéB RoNCBOKOT cflt le fils atiië de Montieur
et Ma(Um« Gustave Ronchonot, 15a, boulevard
tin — appartement bourfc^'oia avec
LouiHETTE, aa aœur, trop jeune encore pour n pennottre de sortir seule, profite de ce que la nature lui a donné un grand frère, et l'oblige ^ jouer le troisième convive de ses rendes- V0U8. Ce qui, aux yeux de Monsieiur et Madame Ronchonot, pasHC pour être tout à fait convenable. En ce moment. Ivouisette a senti battre ton crrur pour un timide collégien aux yeux lan- Kuidos, et qui double sa rhétorique.
Huit heures du soir. Chez les Ronchonot.
.Monsieur et Madame Ronchonot viennent «le 8<>rtir.
Ambdbe. — Chaque fois que tu reçois, je suis
condamné à la maison.
LoinsBTTC. — Amédée, mon petit Amédée!... AM^Dic — Et puis, tu m'cmbétcs!... Si tu crois
qu'il m'amuse, ton monsieur Crumont!
LoiiHETTi:. — Drumont!
122 LE GRANP FRERE
AMlDéc — Si tu veux!... N'empêche qu'il eut joliment zozo!
LouiSBTTB. — n me plaît à moi.
Ambdbb. — Ce n'est pas une raiaon! EInfin, si tu désires un conseil: change d'amoureux! C'est ce que tu fais assez facilement, d'ailleurs. Le dernier est demeuré huit jours dans ton oœurt
LouiSETTE. — Il avait une mauvaise habitude: il chipait les cigares de papa!
Amédée. — Heureusement que nous l'avons pincé, la main dans le sac! Ah! c'était un beau p'tit!
Ix)Ui8ETTE. — Amédée!...
Amédée. — Drumont, lui, je suis tranquille, il est trop bête |K)ur faire ça!
Ix)ui8ETTK. — Amédée!...
Amédée. — Avec sa figure d'archange et ses manières de petite fille!... Encore, s'il avait des biceps ce serait amusant. Nous pourrions nous boxer, en bas, dans le gymnase.
LouiSBTTK. — Et moi?
Ambdbe. — Oh! toi, tu nous regarderais faire I
L0UI8ETTE. — J'aime mieux qu'Edouard n'ait pas de biceps!.. .Moi je l'aime '* de même! "
Amédée. — As-tu remarqué? ('haque fois qu'il entre, il dit avec un sourire bébéte: " Eet-ec que je suis en retard ?" Ensuite, il se '
dans un mouchoir propre, qui sont 1 Cologne à vingt lieues!
LomsBTTE. — C'est égal, Edouard est un garçon pas ordinaire!
LE GRAND FrIrB 123
\mboIe. — Ah! pour ça, tu peux le dire! Un oiaeMi rarp, un être rarissime!...
(VioUnl coup de Bonnette.)
MiDÎE. — Bigre! Il est impatient, oe soir, le
jeune Drumont!...
LouisETTS. — Prometa-moi d'être gentil.
Ame née. — Compte Uir<toa8ua, ma soeurt...
{Edouard entre limidewtent, trie embarratei de «et maine.)
Edouard. — (avec un eourire bébête) EstH» que je suis en retard?
MéDÉE. — (trie fort) Trente-et-unièiiie édition,
revup et corrige!...
Edouard. — Comment ?
Amédée. . — Rien, rien. Bonsoir, Edouard. Edouard. — {lui donnant la main) Ça va?
Amédée. — Pas' mal du tout.
Edouard. — Et vous, Louisette?
^ ' faisant iignê de e*aeaeoir prie
I). Il pleat encore?
Edouard. — Oui.
(Il ee mouche.)
AMÉDéR. — Vous aves le rhume de cerveau? Edouard. — Oh! non... c'est... l'humidité! AiiiDiB. — Dis donc, Louisette, c'est toi qui cm> pestes le parfum comme ça?
124 LE GRAND PRERE
Edouard. — (rouçisêant) C'est moi. J'ai renversé une bouteille... par m^arde!... Amédéb. — Je me disais aussi!
(// sr Iht et fait fonctionner le phonographe... Disque de Caruso.)
Amédée. — (d lui-n^mé) Je ne suis pas pour m'embéter comme ça toute la soirée t II faut que je trouve un moyen... J'aime bien Louisette, c'est entendu! Mais enfin, elle est ma soeur... et voilà bien sept fois en deux semaines que je je lui sers de protecteur! C'est un peu fort tout de môme!.. .(/ou/ à coup) Afaîs oui! mais oui. il y aurait un moyen...
(// sort un in»tanl du salon)
Edouard. — (d Louisette) Vous n'ave» pas chaud ?
LouiSETTE. — Non. Pourquoi ?
Edouard. — Je ne sais pas.. .moi, j'ai très chaud...
c'est même extraordinaire comme j'ai chaud! LouiBETTE. — Vous êt«8 drôle, vous!
Edouard. — Oui! C'est asseï comique, n'est-ce
pas? On a chaud, comme ça et.. .et on ne mit
pas pourquoi!
{Amédée retnenl et t'aneoil en face d*eux avec Voir d'un monsieur qui est fier de lui)
AyiDâE. — (eubUtment aimable) Ce cher Edouard, hein? Est-il aases gentO de Tenir paiser une soirée avec nous!